CONTRIBUTION

QUI POUR SAUVER LE SÉNÉGAL ?

Chronique d’un peuple qui s’épuise à espérer

Aujourd’hui, au marché de Dakar comme dans les champs de la Vallée, une question prédomine : comment faire face aux difficultés au quotidien? Cette interrogation est d’autant plus pressante que le Sénégal semble abandonné. En vérité, tandis que les prix des denrées essentielles augmentent de manière vertigineuse, tandis que le carburant grève le budget des familles, tandis que le paysan, dans son champ, se demande s’il pourra rentrer dans ses frais, les acteurs censés alléger ces souffrances rivalisent de conférences de presse.

Ce n’est plus de projets qu’on débat. Ni de solutions. On s’invective. La délation, méthodiquement, est devenue un mode de gouvernement ; l’insulte, une politique publique à part entière. Et pendant ce temps, dehors, le peuple serre la ceinture, un cran de plus chaque mois.

C’est indécent. Il faut le dire avec ces mots-là, sans les adoucir : indécent, de faire autant de bruit quand une mère de famille, au moment de payer, doit choisir entre l’huile et les médicaments de son enfant. Indécent, de donner des leçons de morale quand le producteur s’endette pour une récolte qu’il ne sait même pas s’il pourra vendre. Indécent, de prononcer le mot « patrie » face caméra et de ne penser, au fond, qu’à son parti, à son ego, à son strapontin.

À ce rythme, on ne sauvera pas le Sénégal. On l’achève, petit à petit, sous nos yeux dans l’indifférence polie des plateaux de télévision.

Sauver le Sénégal ne se fera pas dans les salons feutrés devant les écrans de télévisions mais plutôt dans la boue des rizières, dans la poussière des chantiers, dans le silence des bureaux où l’on travaille réellement. Il nous faut des hommes et des femmes qui éprouvent de la honte à parler sans conséquence. Qui craignent Dieu et respectent le peuple. Qui comprennent que gouverner, ce n’est pas accuser, c’est assumer. Le peuple a faim de «tiéboudieunne», pas de polémiques.

Le peuple a faim de résultats, pas de polémiques. Alors, je repose la question : QUI POUR SAUVER LE SÉNÉGAL ?

Certainement pas ceux qui confondent la nation avec un ring. Le Sénégal a besoin de bâtisseurs. Pas de bavards. Le Sénégal mérite de patriotes, pas de délateurs.

Et si, pour une fois, nous regardions droit devant nous et prenions nos responsabilités en faisant front commun, sans ego ni calcul, afin que, dans la sueur et les décisions courageuses, nous puissions travailler à relever ce pays qui nous est cher? Notre Sénégal mérite des actes, pas des discours creux. Qui pour sauver le Sénégal ? Pas ceux qui parlent fort pour cacher l’inaction, mais ceux qui choisissent l’intérêt général, ceux qui portent la voix des sans-voix et qui agissent aujourd’hui pour que demain fasse honneur à leurs gestes.
Le temps presse.
Le peuple attend.

IBRAHIMA SALL
LE MILITANT DU DÉVELOPPEMENT


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