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Société

Contrôle des prix, filière arachidière et sanctions : le ministre du Commerce apporte des éclaircissements

Face aux préoccupations persistantes liées au coût de la vie et à la régulation du marché, le gouvernement sénégalais a tenu, ce jeudi 29 janvier 2026, son point de presse hebdomadaire. Une rencontre au cours de laquelle le ministre du Commerce et de l’Industrie, Serigne Gueye Diop, est largement revenu sur les actions engagées par l’État pour encadrer les prix des produits de grande consommation, renforcer les mécanismes de contrôle et soutenir des secteurs stratégiques comme la filière arachidière.

D’emblée, le ministre a rappelé que le Sénégal dispose d’un cadre réglementaire rigoureux en matière de fixation et de contrôle des prix. Selon lui, chaque produit, qu’il s’agisse des hydrocarbures, des denrées alimentaires ou d’autres biens de consommation, est encadré par des prix clairement définis à chaque niveau de la chaîne de distribution, du grossiste au détaillant. Cette organisation permet à l’administration d’intervenir légalement pour vérifier le respect des tarifs et sanctionner les contrevenants.

Serigne Gueye Diop a insisté sur le fait que le contrôle des prix constitue un pilier central de la politique économique actuelle. Pour le gouvernement, il ne suffit plus de réglementer : il faut aussi veiller à l’application effective des décisions. À cet effet, deux principaux dispositifs sont mobilisés sur le terrain. Il s’agit notamment des services d’hygiène et de la Direction du contrôle intérieur des prix, renforcés par un contingent de volontaires chargés d’appuyer les opérations de contrôle dans les marchés, boutiques et stations-service.

Le ministre a par ailleurs prévenu que les sanctions prévues en cas d’infraction sont dissuasives. Les commerçants reconnus coupables de spéculation, de non-respect des prix homologués ou de pratiques frauduleuses s’exposent à de lourdes amendes. À cela peuvent s’ajouter la saisie totale des stocks concernés, voire la fermeture temporaire ou définitive des établissements fautifs. L’objectif, a-t-il expliqué, est de protéger les consommateurs et d’assainir durablement les circuits de distribution.

Sur la question sensible de la fixation des prix, Serigne Gueye Diop a tenu à apporter des clarifications. Toute décision de baisse ou d’ajustement repose, selon lui, sur des études approfondies. Celles-ci commencent par une analyse de l’évolution des cours internationaux, suivie de projections à moyen et long terme grâce à des techniques statistiques permettant d’anticiper les tendances sur six et douze mois. Ces travaux sont ensuite soumis au Conseil national de la consommation (CNC), organe consultatif qui réunit les représentants de l’État, des consommateurs et des opérateurs économiques.

Une fois les propositions validées, un arrêté ministériel est pris, puis entériné en Conseil des ministres. Les Conseils régionaux de la consommation interviennent ensuite pour adapter les prix aux réalités locales, notamment en intégrant les coûts de transport, afin d’éviter que les commerçants de l’intérieur du pays ne subissent des pertes. Cette procédure, a précisé le ministre, s’applique à l’ensemble des produits réglementés, y compris les hydrocarbures.

Abordant la filière arachidière, Serigne Gueye Diop a confirmé la suppression de la taxe de 40 FCFA sur l’exportation de l’arachide. Cette décision vise à alléger les charges pesant sur les exportateurs et à renforcer la compétitivité de l’arachide sénégalaise sur les marchés internationaux, en particulier en direction de la Chine, l’un des principaux débouchés.

Le ministre est également revenu sur le différentiel existant entre le prix payé aux producteurs, fixé à 250 FCFA le kilogramme, et le prix de référence de 305 FCFA. Ce gap de 80 FCFA sera pris en charge par l’État, qui s’est engagé à le rembourser aux huiliers, qu’il s’agisse de la Sonacos ou d’opérateurs privés. Une mesure destinée à préserver l’équilibre économique de la chaîne de transformation et à garantir un approvisionnement régulier des unités industrielles.

À travers ces différentes annonces, le gouvernement réaffirme sa volonté de renforcer la régulation du marché, de lutter contre les abus et de préserver le pouvoir d’achat des ménages, tout en soutenant les filières productives nationales. Pour Serigne Gueye Diop, ces efforts s’inscrivent dans une vision plus large de souveraineté économique et de justice sociale, où l’État joue pleinement son rôle d’arbitre et de protecteur des intérêts des citoyens.


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