Politique
Coopération verte entre Dakar et Nouakchott : des accords structurants pour protéger les écosystèmes transfrontaliers
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par
Diack
En marge du Forum marin et côtier (Fomaco) organisé à Nouakchott, le Sénégal et la Mauritanie ont franchi une nouvelle étape dans leur collaboration environnementale. Le 28 avril 2026, le ministre sénégalais de l’Environnement, le Dr El Hadji Abdourahmane Diouf, et son homologue mauritanienne Messouda Baham Mohamed Laghdaf ont procédé à la signature de plusieurs accords majeurs destinés à renforcer la gestion concertée des ressources naturelles et la préservation des écosystèmes partagés.
Au cœur de ces engagements figure la création d’une réserve de biosphère transfrontalière reliant le Parc national des oiseaux du Djoudj au Parc national du Diawling. Ce projet vise à protéger de manière intégrée un espace écologique stratégique pour la biodiversité ouest-africaine, notamment pour les oiseaux migrateurs qui dépendent de ces zones humides. En favorisant une approche coordonnée entre les deux pays, cette initiative ambitionne de mieux répondre aux défis liés à la dégradation des habitats et aux effets du changement climatique.
Les deux États ont également convenu de mettre en place une aire marine protégée commune, une décision qui s’inscrit dans un contexte régional marqué par la pression croissante sur les ressources halieutiques et les écosystèmes marins. Cette mesure devrait permettre d’harmoniser les politiques de conservation, de lutter contre la pêche illicite et de préserver la richesse biologique des eaux partagées.
Dans le domaine du suivi environnemental, un partenariat a été scellé entre le Centre de suivi écologique et l’Observatoire national de l’environnement et du littoral. Cette collaboration vise à améliorer la collecte, l’analyse et le partage des données environnementales, un levier essentiel pour orienter les politiques publiques et anticiper les risques écologiques.
Les discussions ont également porté sur le projet gazier Grand Tortue Ahmeyim, pour lequel les deux pays entendent renforcer leur coopération, notamment en matière de gestion des risques environnementaux. Face aux enjeux liés à l’exploitation des ressources énergétiques offshore, les autorités ont insisté sur la nécessité d’adopter des mécanismes rigoureux de prévention et de surveillance afin de limiter les impacts sur les écosystèmes marins.
Au-delà de la coopération bilatérale, plusieurs pays ouest-africains présents au forum ont réaffirmé leur engagement en faveur de la Convention d’Abidjan et de l’accord BBNJ. Ces cadres internationaux visent à intensifier la lutte contre la pollution marine, à promouvoir une exploitation durable des ressources et à renforcer la protection des espaces marins au-delà des juridictions nationales.
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