Lors de la séance des questions d’actualité à l’Assemblée nationale ce vendredi, le Premier ministre Ousmane Sonko s’est exprimé sur la situation explosive en Guinée-Bissau, où un coup d’État est intervenu après la proclamation des résultats provisoires de l’élection présidentielle. Bien qu’il ait tenu à rappeler les limites de son champ d’intervention, le chef du gouvernement n’a pas hésité à livrer une analyse tranchée des événements.
Dès l’entame de sa réponse, Ousmane Sonko a adopté un ton mesuré, soulignant que, selon les principes institutionnels, « ce qui se passe en Guinée est une prérogative du gouvernement ». Il a précisé ne pas vouloir « trop [s’]aventurer » dans un dossier relevant principalement de la diplomatie et de la présidence de la République. Cette mise en garde visait à situer son propos dans le respect du partage des responsabilités entre les différentes institutions de l’État.
Mais malgré cette prudence initiale, le Premier ministre a clairement exprimé son point de vue sur la nature de la crise. Il a qualifié les événements de « complot qui n’a aucune base légale », dénonçant ainsi une prise de pouvoir qu’il estime dépourvue de fondement juridique ou constitutionnel. Par cette déclaration, Ousmane Sonko s’inscrit dans une ligne de condamnation ferme des changements de régime par la force, en cohérence avec les principes défendus par le Sénégal et la CEDEAO.
Le chef du gouvernement a ensuite insisté sur la nécessité de privilégier une sortie de crise démocratique. Il a appelé à « la poursuite du processus électoral » interrompu par les troubles, estimant indispensable que « la Commission proclame les résultats définitifs ». Selon lui, seule la transparence totale du processus électoral permettra d’apaiser les tensions et de restaurer un cadre institutionnel légitime en Guinée-Bissau.
Enfin, Ousmane Sonko a exigé la libération des personnes arrêtées dans la foulée du coup de force, jugeant que leur détention constitue un obstacle supplémentaire au retour à la normalité institutionnelle. Pour le Premier ministre, aucune stabilité durable ne peut être envisagée en dehors du respect des droits et libertés fondamentales.