La scène politique sénégalaise est secouée depuis plusieurs jours par une série de tensions internes qui fragilisent la cohésion du régime dirigé par Bassirou Diomaye Faye. Au cœur de cette tourmente : les relations tendues entre Ousmane Sonko et le président de la République, ainsi que le rôle controversé joué par deux figures politiques bien connues, Aïda Mbodj et Aminata « Mimi » Touré.
Dans ses récentes déclarations, Moussa Bocar Thiam, cadre de l’Alliance pour la République (APR) et ancien ministre sous le régime de Macky Sall, n’a pas mâché ses mots. Selon lui, les dissensions actuelles trouvent leur origine dans les rivalités et calculs politiques entourant la nomination de la présidente de la coalition DiomayePrésident. D’abord confiée à Aïda Mbodj, cette responsabilité a finalement été transférée à Mimi Touré, un changement qui aurait exacerbé les divergences au sein de la majorité au pouvoir.
Moussa Bocar Thiam accuse clairement les deux personnalités féminines d’alimenter les tensions entre les camps Sonko et Diomaye. Pour lui, ce glissement d’alliance, loin d’être anodin, a ouvert une brèche dans un gouvernement déjà soumis à des pressions internes. Il estime que l’entourage politique immédiat du duo exécutif manque de cohérence et se laisse guider par des ambitions individuelles plutôt que par l’intérêt collectif ou la stabilité institutionnelle.
L’ancien ministre s’est également illustré par une sortie particulièrement acerbe, teintée de métaphores culinaires. « Les deux légumes se disputent deux vieilles marmites qui ont été dans toutes les sauces. Sauce Senghor, sauce Diouf, sauce Wade, sauce Sall et sauce Diomaye-Sonko », a-t-il déclaré, insinuant que ces actrices politiques ont traversé les différents régimes depuis l’indépendance et s’inscrivent dans une logique de recyclage permanent. Une manière, pour lui, de critiquer l’influence de figures expérimentées dont il juge le rôle néfaste pour un gouvernement qui se veut porteur de rupture.
Cette attaque frontale intervient dans un contexte où l’opinion publique observe avec inquiétude les divergences qui minent la cohésion du pouvoir. Les tensions entre Sonko et Diomaye, initialement perçues comme simples rumeurs, se manifestent désormais à travers des prises de position contradictoires, des luttes de leadership et des restructurations hâtives au sein de la coalition présidentielle.
Si certains voient dans ces frictions une phase normale de recomposition politique, d’autres y lisent les prémices d’une crise plus profonde susceptible de freiner les ambitions réformatrices portées par le nouveau régime. Les propos de Moussa Bocar Thiam, loin d’apaiser la situation, soulignent l’ampleur du malaise et risquent d’alimenter davantage les débats autour de la gouvernance et des relations complexes au sein de la majorité actuelle.