Politique
Crise politique au Sénégal : l’analyse sans détour de Youssou Diallo sur le bras de fer Faye-Sonko
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par
Diack
La récente tension entre le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, et le Premier ministre Ousmane Sonko suscite une attention particulière dans le paysage politique sénégalais. Pour Youssou Diallo, président du Club Sénégal Émergent, invité ce dimanche 16 novembre sur l’émission Face au jury sur PressAfrik Tvhd, cette crise dépasse largement le cadre d’une simple divergence personnelle. Elle s’inscrit, selon lui, dans une dynamique historique complexe des relations entre les deux têtes de l’exécutif.
Selon M. Diallo, la résolution de ce différend ne passe pas nécessairement par une médiation externe. Il rappelle que la Constitution sénégalaise établit un principe hiérarchique clair : l’autorité du Président de la République doit primer sans compromis au sein du gouvernement. En cas de blocage, le lieu légitime pour des négociations devient l’Assemblée nationale, où le parti de Sonko, Pastef, détient la majorité. Dans le cadre d’une crise institutionnelle majeure, le chef de l’État dispose par ailleurs de pouvoirs constitutionnels étendus, conformément à l’article 52, qui lui permettent de dissoudre l’Assemblée ou de limoger le Premier ministre, voire le gouvernement, par ordonnance.
L’analyste est resté prudent sur le lien exact entre la récente audience de la présidente du Conseil constitutionnel et cet article, mais il considère que le président Faye a marqué un point décisif en désavouant publiquement et de manière inattendue son Premier ministre. Il interprète les précédentes déclarations de Sonko sur le « Parti-État » comme une attaque voilée contre le président. La réaction immédiate de Diomaye Faye, consistant à nommer Aminata Touré à la tête de sa coalition sans passer par un décret officiel, est analysée par M. Diallo comme une manœuvre politique stratégique, qui a visiblement mis Sonko dans une position délicate, le poussant à un silence surprenant.
L’analyste dénonce également le « congé » auto-déclaré par Sonko pour justifier son absence au Conseil des ministres, qualifiant cet acte d’« abandon de poste », et rappelant que seul le président, en tant qu’autorité hiérarchique, est habilité à accorder un congé. La contradiction entre cette absence officielle et sa participation simultanée à un meeting politique et à une partie de football est perçue comme une provocation directe envers l’exécutif. Pour M. Diallo, le rôle de Premier ministre exige une loyauté sans faille envers le Président, qualité que Sonko ne semble pas posséder. Il juge que Sonko serait davantage à sa place à l’Assemblée nationale qu’à la tête du gouvernement.
Au-delà des enjeux politiques, Youssou Diallo dresse un bilan économique sévère. Selon lui, le duo Faye-Sonko est arrivé au pouvoir sans une maîtrise suffisante de la situation économique nationale. Les déclarations jugées intempestives du Premier ministre, notamment sur une « dette cachée » et sur une baisse imminente des prix du carburant et de l’électricité, auraient, selon l’analyste, saboté les négociations avec le FMI et contribué à la dégradation de la note souveraine du pays. Pour M. Diallo, Ousmane Sonko représente « l’un des plus grands problèmes institutionnels et économiques du Sénégal » et sa démission permettrait, selon lui, une amélioration immédiate de la confiance des marchés. Il alerte également sur l’augmentation « alarmante » du niveau d’imposition, critiquée par le FMI, qui, selon lui, freine la reprise économique du pays.
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