Justice
Cybercriminalité : El Hadj Babacar Dioum alias « Kocc Barma » écroué pour une affaire tentaculaire
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par
Le Dakarois
Le mardi 22 juillet 2025 restera une date charnière dans l’histoire judiciaire sénégalaise. El Hadj Babacar Dioum, connu du grand public sous le pseudonyme de « Kocc Barma », a été placé sous mandat de dépôt après avoir été présenté au procureur. L’homme est poursuivi pour une série d’infractions d’une extrême gravité, parmi lesquelles la diffusion de contenus pornographiques et pédopornographiques, atteinte à la vie privée, chantage, extorsion de fonds, menaces, blanchiment de capitaux et usage de faux documents administratifs.
À l’origine de cette procédure, une enquête méticuleuse menée par les services spécialisés dans la cybersécurité. Les investigations ont permis de lever le voile sur un système structuré et hautement préjudiciable. Les enquêteurs ont découvert une quantité impressionnante de contenus illicites, parmi lesquels figurent plus de 9 000 fichiers compromettants, dont 407 sextapes et 4 191 vidéos en attente d’exploitation. Le prévenu aurait, selon les premières révélations, extorqué pas moins de 93 millions de francs CFA à ses nombreuses victimes. Dix-huit téléphones portables ont été saisis, ce qui témoigne de l’ampleur de ses activités numériques.
Derrière le pseudonyme provocateur de « Kocc Barma », se dissimule un administrateur de société né à Dakar en 1987. Pendant des années, il a animé une plateforme très controversée, se présentant comme un justicier autoproclamé, dénonçant l’immoralité à coups de publications violant la vie privée d’individus. Nombreux sont ceux qui, au fil du temps, avaient tiré la sonnette d’alarme face aux agissements de cet homme dont l’activité sur internet provoquait régulièrement indignation, humiliation publique et détresse psychologique.
L’affaire fait l’effet d’une onde de choc. Elle ravive les appels à un renforcement des lois contre la cybercriminalité et la protection des données personnelles. Pour les familles de victimes, ce placement sous mandat de dépôt est un premier pas vers la justice. Pour l’État et les autorités judiciaires, c’est aussi une alerte face à l’urgence de contrôler plus efficacement les dérives numériques et les plateformes qui échappent aux règles de l’éthique.
Alors que l’enquête se poursuit, le sort de celui qui incarnait le visage le plus sulfureux de la cyberviolence au Sénégal est désormais entre les mains de la justice. Ce dossier marque sans doute le début d’un tournant majeur dans la lutte contre les crimes numériques dans le pays.
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