La ville de Dahra Djolof est frappée par une profonde douleur après l’annonce du décès de six de ses ressortissants qui avaient entrepris de rejoindre clandestinement l’Espagne par voie maritime. Depuis près de quarante-huit heures, l’émotion est immense au sein de la population, où familles, proches et habitants peinent à accepter cette nouvelle tragédie qui vient une nouvelle fois rappeler les risques liés à la migration irrégulière.
Les victimes ont été identifiées comme étant Serigne Mourtada Ndiaye, réparateur de téléphones, Ousmane Cissé, vendeur d’accessoires de téléphones, Ibrahima Thiam, connu sous le surnom de « Thiamas », Arona Diop, conducteur de « tiak-tiak », Coly, livreur de pain, ainsi que Saer Ndiaye. Tous étaient des jeunes bien connus dans leur localité, où ils exerçaient différentes activités pour subvenir à leurs besoins et soutenir leurs familles.
Le drame revêt une dimension particulièrement poignante pour les proches de l’une des victimes, qui laisse derrière lui deux épouses, dont l’une est enceinte. Cette disparition plonge plusieurs familles dans une situation de grande détresse, tandis que les messages de solidarité et de compassion se multiplient à Dahra Djolof.
Selon les informations disponibles, les six jeunes faisaient partie d’un groupe de 143 migrants ayant embarqué depuis Buffalo, en Gambie, avec l’espoir d’atteindre les côtes espagnoles. Leur traversée a rapidement viré au cauchemar. L’embarcation aurait dérivé pendant près de vingt-cinq jours sur l’océan Atlantique, les passagers se retrouvant progressivement sans vivres, sans eau en quantité suffisante et sans carburant, dans des conditions de survie extrêmement précaires.
Au terme de cette éprouvante dérive, seuls 68 migrants ont pu être secourus. Les rescapés ont été ramenés en Gambie, où ils bénéficient actuellement d’une prise en charge médicale dans plusieurs structures de santé. Les circonstances exactes ayant conduit à la mort des autres passagers restent à préciser, mais les témoignages évoquent les terribles conditions de navigation et l’épuisement des ressources essentielles.
Cette tragédie intervient dans un contexte où les départs clandestins par voie maritime continuent de mobiliser de nombreux jeunes Sénégalais en quête d’un avenir meilleur en Europe, malgré les dangers de cette route migratoire. Les naufrages et disparitions en mer se multiplient ces dernières années, endeuillant régulièrement des familles à travers le pays.
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