Santé
Dakar accueille un panel de haut niveau pour plaider en faveur d’une gouvernance mondiale de la santé plus équitable
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par
Diack
Dakar est depuis ce mardi le théâtre d’une importante rencontre internationale consacrée à l’avenir de la gouvernance mondiale de la santé. Des experts, décideurs et représentants d’institutions venus de plusieurs pays d’Afrique et d’Asie se réunissent dans la capitale sénégalaise afin de réfléchir aux moyens de garantir aux pays africains et aux autres nations en développement un accès plus juste aux financements internationaux de la santé, aux vaccins, aux traitements et aux outils de diagnostic.
Cette rencontre de haut niveau s’inscrit dans un contexte marqué par les enseignements de la pandémie de Covid-19, qui a mis en lumière les profondes inégalités dans la distribution des vaccins et l’accès aux ressources sanitaires à l’échelle mondiale. Les participants entendent ainsi élaborer des recommandations communes qui seront soumises aux principales instances internationales de décision, notamment l’Assemblée mondiale de la santé, le Fonds mondial et l’Alliance Gavi.
Au cœur des discussions figure la nécessité de renforcer la place des pays africains et des autres pays en développement dans les mécanismes de gouvernance mondiale de la santé. Les experts estiment que ces États doivent être davantage associés aux processus de décision afin de mieux défendre leurs priorités sanitaires et d’obtenir un accès plus équitable aux innovations médicales ainsi qu’aux financements destinés à renforcer leurs systèmes de santé.
Administrateur général de l’Institut Pasteur de Dakar, Ibrahima Sossé Fall a expliqué que les travaux portent sur une réforme de l’architecture mondiale de la santé permettant une meilleure prise en compte des réalités des pays du Sud. Selon lui, l’objectif est de favoriser un accès plus équitable aux outils de diagnostic, à la prise en charge des patients, aux traitements et aux vaccins, tout en réformant les mécanismes de financement afin qu’ils répondent davantage aux besoins des populations des pays en développement.
Il a également souligné que le choix de l’Institut Pasteur de Dakar pour accueillir cette rencontre n’est pas fortuit. L’établissement sénégalais s’est progressivement imposé comme un acteur majeur de la sécurité sanitaire sur le continent africain grâce à ses capacités de surveillance épidémiologique, de détection des virus responsables de maladies émergentes et de développement de contre-mesures médicales.
Ibrahima Sossé Fall a notamment rappelé que l’institut ambitionne aujourd’hui de devenir un véritable institut africain de santé mondiale. Il a mis en avant les avancées réalisées dans la recherche biomédicale, citant en particulier le développement du premier test de diagnostic rapide de la rougeole, présenté comme une première mondiale, ainsi que les efforts engagés dans la production de vaccins et d’autres outils de lutte contre les maladies infectieuses.
Les travaux devront aboutir à l’élaboration d’un rapport contenant des propositions concrètes pour réformer la gouvernance mondiale de la santé. Ces recommandations seront portées auprès des grandes organisations internationales afin d’influencer les futures politiques de financement et de répartition des ressources sanitaires.
Pour les organisateurs, cette rencontre représente également une opportunité pour les pays africains et asiatiques d’harmoniser leurs positions et de parler d’une seule voix dans les grandes négociations internationales. Ibrahima Sossé Fall estime qu’une telle démarche est indispensable pour rééquilibrer les rapports de force et permettre aux pays du Sud de peser davantage dans les décisions qui concernent la santé mondiale.
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