Avant même d’aborder les questions liées aux orientations budgétaires de l’État, le député Abdou Mbow a livré une intervention particulièrement offensive à l’occasion du Débat d’orientation budgétaire, ce mardi à l’Assemblée nationale. L’élu de l’opposition est longuement revenu sur les incidents survenus la veille dans l’hémicycle, qu’il considère comme une atteinte grave au fonctionnement de l’institution parlementaire.
Prenant la parole devant les députés, Abdou Mbow a estimé que les événements intervenus lors de la précédente séance dépassaient sa personne et portaient atteinte à l’image ainsi qu’à la crédibilité de l’Assemblée nationale. Selon lui, ce qui s’est produit constitue une remise en cause du respect des règles qui encadrent les travaux parlementaires.
« Hier, ce n’est pas Abdou Mbow qui a été humilié. Hier, c’est l’Assemblée nationale qui a été humiliée. Hier, c’est le Règlement intérieur de l’Assemblée nationale qui a été piétiné », a déclaré le député, dénonçant ce qu’il qualifie de dérive dans la conduite des débats parlementaires.
Poursuivant son intervention, Abdou Mbow s’en est directement pris au président de l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko, dont il a contesté la « légitimité politique et morale » à exercer cette fonction. Il a soutenu que la présidence de l’institution parlementaire doit être exercée avec neutralité, impartialité et dans le strict respect du Règlement intérieur, estimant qu’elle ne saurait être utilisée comme un moyen de domination politique ou de règlement de comptes.
Le parlementaire a également accusé le président de l’Assemblée d’avoir favorisé un climat de confrontation au sein de l’hémicycle. Selon lui, les incidents de la veille s’inscrivent dans une dynamique de tensions entretenues par la majorité parlementaire. Il est même allé jusqu’à affirmer que certaines députées de Pastef auraient été encouragées à s’en prendre à lui lors des altercations.
Dans son discours, Abdou Mbow a ensuite élargi ses critiques à l’ensemble des députés de la majorité. Il leur a reproché de s’être éloignés des engagements de rupture qu’ils avaient pris devant les Sénégalais, les accusant de privilégier les attaques personnelles, les insultes, la calomnie et le dénigrement au détriment du débat démocratique et du travail législatif.
Malgré ce qu’il décrit comme des tentatives d’intimidation, le député de l’opposition a assuré que son camp entend poursuivre son combat politique au sein de l’Assemblée nationale. « Nous restons plus que jamais déterminés à défendre la République, l’État de droit, la démocratie et les libertés », a-t-il affirmé, avant de revenir aux discussions consacrées au Débat d’orientation budgétaire.
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