EDITORIAL

GRAND MAGAL DE TOUBA : Le triomphe de la foi sur l’exil, l’appel au sursaut spirituel

Par Aly Saleh

Ce dimanche 2 août 2026, la communauté mouride et l’ensemble de la Oumma islamique commémorent le 132e anniversaire du départ en exil de Cheikh Ahmadou Bamba, correspondant au 18 Safar 1448 H. Plus qu’un simple rassemblement de millions de fidèles, cette édition 2026 s’inscrit sous le sceau d’une exigence ferme du Khalife général, Serigne Mountakha Bassirou Mbacké : préserver le caractère exclusivement sacré de la cité sainte. Entre ferveur religieuse, action de grâce et rigueur morale, retour sur le sens profond et les recommandations qui entourent cet événement unique au monde.

Le 10 août 1895, le colonisateur français pensait briser un homme et éteindre une flamme en déportant Cheikh Ahmadou Bamba vers les terres hostiles du Gabon. Cent trente-deux ans plus tard, la réponse de l’histoire est éclatante. Ce qui devait être une sanction coloniale est devenu le point de départ d’une épopée spirituelle sans précédent. Le Grand Magal de Touba n’est pas le souvenir d’une défaite ; il est la célébration absolue d’une victoire : celle de la foi inébranlable sur l’oppression matérielle.

Si le Magal impressionne par ses chiffres, avec des millions de pèlerins venus des quatre coins du monde, des flux financiers considérables et des moyens logistiques titanesques, sa véritable essence réside ailleurs. Elle se trouve dans cette recommandation originelle que Khadim Rassoul avait laissée à ses disciples avant son départ : s’associer à lui dans l’action de grâce par la lecture du Saint Coran, la récitation des panégyriques (Khassaïdes) et le partage de repas (berndé). C’est ce rendez-vous historique, institutionnalisé plus tard par le deuxième Khalife, Serigne Mouhamadou Fadilou Mbacké, qui fait aujourd’hui battre le cœur du Sénégal.

Pourtant, l’édition de cette année porte un message d’une gravité et d’une clarté particulières. Face aux dérives de la modernité, le comité d’organisation, conformément aux orientations du Khalife général, Serigne Mountakha Bassirou Mbacké, a recentré l’événement sur ses fondamentaux. Touba exige le respect de sa sacralité. Le Magal 2026 ne doit être ni une foire commerciale ni un terrain de distractions mondaines. Il doit être, de manière exclusive, un sanctuaire de recueillement, de prières et de méditation sur les valeurs léguées par le Cheikh : la soumission totale à ALLAH, la patience dans l’adversité et la noblesse du travail.

Pour le fidèle, ce pèlerinage constitue un miroir spirituel. Il rappelle que la véritable liberté ne se négocie pas avec les hommes, mais qu’elle se conquiert par l’élévation de l’âme. Au moment où les routes convergent vers la ville sainte, nos prières accompagnent le Khalife général, Serigne Mountakha Bassirou Mbacké. Que le TOUT-PUISSANT lui accorde une longue vie et une santé de fer, afin qu’il puisse continuer à guider la communauté sur cette voie lumineuse tracée par Khadimou Rassoul.

Très bon et fervent Magal à toutes et à tous.

Aly Saleh


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