Ferraille à Kaolack : Serigne Momar Sokhna dénonce l’interdiction d’exercer dans son propre dépôt

Le secteur de la ferraille continue de traverser une période de fortes turbulences. À Kaolack, les difficultés rencontrées par certains opérateurs alimentent la colère et les interrogations sur les conditions d’exercice de leur activité.

Président de la Coopérative des ferrailleurs de Kaolack, Serigne Momar Sokhna est une nouvelle fois monté au créneau pour dénoncer les contraintes auxquelles les professionnels du secteur seraient confrontés. Face à la presse, il affirme notamment avoir été empêché d’exercer son activité dans son propre dépôt, alors qu’il dit s’acquitter chaque mois d’un loyer d’un million de francs CFA.

« On m’a interdit de travailler dans mon dépôt que je paie 1 000 000 de francs CFA de location par mois », dénonce-t-il.

Pour le responsable des ferrailleurs, cette situation est difficilement compréhensible, d’autant plus qu’il estime disposer d’un cadre réglementaire lui permettant d’exercer son activité. Il invoque notamment un décret datant de 2016, qu’il considère comme une base juridique permettant aux opérateurs du secteur de poursuivre leurs activités et de renouveler leurs autorisations.

Serigne Momar Sokhna affirme également que les autorités auraient autorisé seulement deux exportateurs à poursuivre leurs activités, précisant que le patron de l’un d’eux serait de nationalité indienne. Une décision qu’il juge injuste et qu’il assimile à un « complot » visant sa personne et, plus largement, certains acteurs locaux du secteur.

« Les autorités ont autorisé deux exportateurs, dont le patron serait Indien. Pour moi, c’est un complot contre ma personne », soutient-il.

Cette sortie intervient dans un contexte déjà marqué par des tensions autour du renouvellement des licences d’exportation de ferraille. Serigne Momar Sokhna avait déjà interpellé les autorités sur le retard dans le traitement des dossiers déposés par les exportateurs. Selon lui, ces blocages ont des conséquences directes sur les entreprises, les emplois et les familles qui dépendent de cette filière.

Un secteur en quête de visibilité

Au-delà de son cas personnel, le président de la Coopérative des ferrailleurs de Kaolack entend poser la question de l’avenir de toute une activité économique. Pour les professionnels, l’absence de visibilité sur les autorisations et les conditions d’exploitation complique la gestion des entreprises et fragilise les investissements réalisés.

La question des dépôts constitue également un enjeu important. Les opérateurs continuent de supporter des charges fixes, notamment les loyers, alors que les restrictions qui leur sont imposées peuvent limiter, voire empêcher, l’exploitation de leurs installations.

Serigne Momar Sokhna appelle ainsi les autorités à clarifier la situation et à garantir aux acteurs qui remplissent les conditions requises la possibilité d’exercer dans un cadre légal, transparent et équitable.


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