Financement de l’économie : le Sénégal devra mobiliser près de 19 700 milliards FCFA entre 2027 et 2029

Le ministre de l’Économie, des Finances et du Plan, Cheikh Diba, a dévoilé ce mardi, devant les députés réunis en séance de Débat d’Orientation Budgétaire (DOB), l’ampleur des besoins de financement auxquels l’économie sénégalaise devra faire face au cours des trois prochaines années.

Selon les projections présentées par le ministre, le besoin global de financement de l’économie est estimé à 19 689,4 milliards de francs CFA pour la période 2027-2029, soit une moyenne annuelle de 6 563,1 milliards de francs CFA. Ce volume financier traduit les importantes contraintes budgétaires auxquelles l’État devra répondre tout en poursuivant ses objectifs de développement et de transformation économique.

Cheikh Diba a expliqué que la plus grande partie de ces besoins est liée au remboursement de la dette publique. En effet, 77,26 % des montants à mobiliser serviront à assurer l’amortissement de la dette, illustrant le poids considérable des échéances de remboursement dans les finances publiques. Le reste des besoins se répartit principalement entre la couverture du déficit budgétaire, qui représente 14,8 %, ainsi que le règlement des arriérés sur ressources intérieures.

Face à ces défis, le gouvernement entend poursuivre une stratégie de financement diversifiée. Le ministre a indiqué que l’État compte s’appuyer sur la mobilisation d’emprunts-projets destinés au financement des investissements structurants, mais également sur d’autres instruments d’emprunt afin de couvrir les différents besoins de trésorerie.

Dans le même temps, les autorités privilégient une gestion active de la dette publique orientée vers des financements à moyen et long terme. Cette approche vise à réduire les risques liés au refinancement et à améliorer la soutenabilité de la dette, tout en préservant les équilibres macroéconomiques.

Le ministre de l’Économie a également insisté sur la volonté du gouvernement d’accroître la participation du secteur privé dans le financement des infrastructures publiques. À cet effet, il a rappelé la création de l’Unité nationale d’appui au partenariat public-privé, ainsi que la mise en place d’un cadre juridique spécifique destiné à renforcer le recours aux partenariats public-privé (PPP).

Selon Cheikh Diba, ces mécanismes doivent permettre de mobiliser davantage de capitaux privés pour accompagner la réalisation des grands projets d’infrastructures, tout en limitant la pression sur les finances publiques. Cette orientation s’inscrit dans la stratégie du gouvernement visant à diversifier les sources de financement de l’économie et à soutenir la mise en œuvre des priorités de développement au cours des prochaines années.


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