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Finances publiques et accord avec le FMI : Abdoulaye Wilane exige la transparence et refuse un « chèque en blanc »

Au micro de Dakaractu Mbour, le porte-parole du Parti socialiste a reconnu la gravité de la situation financière du Sénégal tout en appelant le Gouvernement à davantage de transparence sur le contenu et le coût réel du programme conclu avec le Fonds monétaire international. Pour Abdoulaye Wilane, le redressement des comptes publics ne doit pas se traduire par une nouvelle pression sur les ménages les plus vulnérables.

« Le Gouvernement doit présenter l’équation avant de présenter la facture. » C’est autour de cette formule qu’Abdoulaye Wilane a articulé son analyse de la situation économique et financière du Sénégal. Au micro de Dakaractu Mbour, le porte-parole du Parti socialiste a adopté un ton à la fois critique et mesuré, estimant que la gravité des finances publiques impose de la lucidité, mais ne saurait justifier un blanc-seing accordé au pouvoir en place.

Le responsable socialiste reconnaît d’abord l’ampleur des difficultés auxquelles le Sénégal est confronté. L’importance de la dette, la faiblesse des marges de manœuvre budgétaires et la nécessité de restaurer la crédibilité financière du pays constituent, selon lui, des réalités qu’il serait irresponsable de nier. Mais cette reconnaissance ne doit pas dispenser le Gouvernement de rendre compte de ses propres choix et de leurs conséquences.

Pour Abdoulaye Wilane, le temps du diagnostic ne peut en effet s’éterniser. Après plus de deux années de gouvernance, l’exécutif doit désormais, estime-t-il, dépasser le registre de l’explication et apporter des réponses concrètes aux préoccupations économiques et sociales des Sénégalais. L’héritage des précédents régimes peut expliquer une partie des difficultés actuelles, mais il ne saurait, à ses yeux, constituer une justification permanente de l’action gouvernementale.

Le porte-parole du Parti socialiste invite ainsi le pouvoir à assumer ses décisions, ses arbitrages et les éventuelles conséquences de sa politique économique. Une exigence qu’il place également au cœur de son appréciation du nouvel accord avec le FMI.

Abdoulaye Wilane appelle notamment à la prudence dans la présentation de l’enveloppe de 2,2 milliards de dollars associée au programme avec le Fonds monétaire international. Selon lui, ce montant ne doit pas être présenté comme une somme immédiatement disponible dans les caisses de l’État.

Il rappelle qu’il s’agit d’un programme étalé sur plusieurs années, soumis à des procédures et à des décaissements progressifs. La différence est importante dans un contexte marqué par de nombreux débats sur la situation réelle des finances publiques et sur les montants annoncés au fil des derniers mois.

Pour le responsable socialiste, l’enjeu ne réside donc pas uniquement dans le montant affiché. La véritable interrogation porte sur les conditions du redressement et sur la répartition de l’effort qui sera demandé à la population.

« Les Sénégalais ne vivent pas dans un tableau Excel », souligne en substance Abdoulaye Wilane, qui entend replacer les décisions budgétaires dans leur dimension sociale. Derrière les notions de mobilisation des recettes, de rationalisation des dépenses, de gestion de la dette ou encore de réforme des subventions, il y a, rappelle-t-il, des ménages confrontés à des dépenses quotidiennes de plus en plus lourdes.

Électricité, transport, logement, santé, scolarité ou alimentation : les choix opérés dans le cadre du redressement financier auront nécessairement des répercussions sur le pouvoir d’achat. Le commerçant, l’artisan, l’agriculteur, le salarié comme la petite entreprise évoluent déjà, selon lui, dans un environnement économique contraignant.

Dès lors, le Gouvernement doit répondre à plusieurs interrogations essentielles : quelles nouvelles recettes seront mobilisées ? Quelles dépenses seront réduites ? Quelles subventions seront réformées ? Quels secteurs ou catégories sociales seront protégés ? Et surtout, qui supportera concrètement le coût du redressement ?

Sur cette question, Abdoulaye Wilane estime que l’exemplarité doit commencer au sommet de l’État. Avant de demander de nouveaux sacrifices aux citoyens, les pouvoirs publics doivent, selon lui, procéder à un examen rigoureux de leurs propres dépenses.

Le Parti socialiste réclame ainsi une attention particulière au train de vie de l’État, aux dépenses jugées improductives, aux éventuels doublons administratifs et aux charges qui pourraient ne plus être justifiées au regard de la situation financière du pays.

Le responsable socialiste reconnaît cependant que la réduction du train de vie de l’administration ne saurait, à elle seule, résoudre l’ensemble des difficultés budgétaires du Sénégal. Mais elle demeure, à ses yeux, une question d’exemplarité politique.

Pour lui, un État qui demande des efforts à ses citoyens doit être en mesure de démontrer qu’il consent lui-même à réduire les dépenses qui peuvent l’être. Il s’agit, estime-t-il, d’une condition indispensable pour préserver la confiance entre les pouvoirs publics et la population.

La question des subventions énergétiques constitue également un point de vigilance pour le Parti socialiste. Abdoulaye Wilane ne rejette pas par principe toute réforme du système. Il reconnaît que certaines aides peuvent être coûteuses, inefficaces ou insuffisamment ciblées.

Mais leur réforme ne doit pas conduire à abandonner les ménages les plus fragiles, prévient-il. Toute modification du dispositif devrait, selon lui, être accompagnée de mécanismes clairement définis permettant d’identifier et de protéger les populations vulnérables.

L’électricité, le carburant et, plus largement, le coût de la vie apparaissent ainsi comme des sujets particulièrement sensibles. Pour le porte-parole socialiste, les décisions prises dans ces domaines doivent être évaluées non seulement à travers leur impact sur les comptes publics, mais également à travers leurs conséquences sur les conditions de vie des Sénégalais.

Autre point central de son intervention : la responsabilité politique du Gouvernement dans les décisions qui découleront du programme avec le FMI.

Abdoulaye Wilane met en garde contre toute tentation de faire du Fonds monétaire international le responsable des éventuelles mesures impopulaires qui pourraient être prises dans le cadre du redressement. Le FMI peut négocier, financer, formuler des recommandations et fixer des conditions à ses programmes, rappelle-t-il, mais les autorités sénégalaises demeurent responsables des choix opérés au niveau national.

Le pouvoir ne pourrait donc pas, selon lui, revendiquer les mérites d’un accord lorsqu’il produit des effets positifs et attribuer au FMI la responsabilité des décisions difficiles lorsqu’elles deviennent impopulaires.

« Gouverner, c’est choisir. Et choisir, c’est assumer », résume le porte-parole du Parti socialiste.

Cette position traduit la volonté du PS de construire une opposition qui se veut à la fois critique et responsable. Abdoulaye Wilane assure ainsi qu’il ne s’agit nullement de souhaiter l’échec du Sénégal. La consolidation des finances publiques, la restauration de la crédibilité financière du pays et la reconstitution de marges de manœuvre pour l’investissement constituent, à ses yeux, des objectifs nécessaires.

Mais le redressement ne saurait se résumer à une politique de compression des dépenses. Pour sortir durablement des difficultés, il faudra également, selon lui, produire davantage, soutenir les entreprises et l’agriculture, renforcer le secteur privé, développer les territoires, créer des emplois et élargir l’assiette fiscale.

Au-delà des chiffres et des mécanismes financiers, Abdoulaye Wilane ramène finalement le débat à une interrogation politique et sociale : après les efforts qui seront demandés, les Sénégalais vivront-ils mieux ou moins bien ?

Pour le responsable socialiste, c’est à cette aune que devra être évaluée la politique économique du Gouvernement. La nécessité de redresser les comptes publics ne fait pas débat, mais la manière de procéder et la répartition de l’effort constituent, selon lui, des choix politiques qui doivent être clairement assumés.

Le Parti socialiste entend ainsi défendre une ligne qu’il présente comme une troisième voie : ni immobilisme ni austérité aveugle, ni déni de la situation financière ni transfert systématique de la facture sur les catégories les plus fragiles.


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