Réuni ce samedi dans les locaux de L’Harmattan, le mouvement FPR-Yoon Wi a tenu son assemblée générale dans une atmosphère mêlant ferveur militante et discours de rupture. À la tribune, son président, Abdoulaye Bamba Gning, a affiché des ambitions claires pour l’avenir politique du Sénégal, appelant à une « renaissance profonde » du pays.
Dès l’ouverture, le leader a frappé fort avec une métaphore : celle d’un discours de cent pages laissé vierge. « Ce soir, je ne serai pas cet homme, car ce moment est trop important pour rester silencieux », a-t-il lancé devant militants et sympathisants. Inscrivant son allocution dans une perspective historique, il a convoqué l’héritage des ancêtres et les valeurs fondatrices de la nation sénégalaise, évoquant « un peuple forgé dans l’épreuve, lié par l’honneur et consolidé par la solidarité ».
Fort de plus de vingt ans d’expérience dans l’administration publique, notamment dans les domaines économique, financier et des télécommunications, il a mis en avant sa maîtrise de l’appareil d’État. Son parcours académique, entre Dakar, Abidjan, Paris, Québec et Harvard, a été présenté comme le socle d’une triple capacité : expertise technique, ouverture internationale et enracinement local.
Abdoulaye Bamba Gning a plaidé pour une refondation de l’État autour de trois piliers : une souveraineté « réelle, solidaire et durable », une démocratie « vivante et responsable » et une justice sociale « concrète et transformatrice ».
Une alternative au paysage politique classique
Le président du FPR-Yoon Wi a présenté son mouvement comme « un levier de redressement national » et non comme « un parti de plus », cherchant ainsi à se démarquer du paysage politique traditionnel. Pour lui, liberté, justice et paix doivent redevenir des exigences collectives, loin de toute résignation.
Au nom des sages, Mamadou Lamine Sall a rappelé l’histoire du mouvement, né en 2013, engagé dans les locales de 2014 puis intégré à la coalition Benno Bokk Yaakaar en 2017. Selon lui, la perte du pouvoir par l’ancien président Macky Sall a ouvert une nouvelle phase, marquée par le choix de Gning pour incarner les valeurs du parti.
Femmes et jeunesse en première ligne
Les différentes composantes du mouvement ont pris la parole pour réaffirmer leur engagement. Ndèye Sokhna Cissé Sy, représentant les femmes, a insisté sur leur rôle central dans les luttes politiques, allant jusqu’à projeter l’élection de Gning en 2029. Du côté de la jeunesse, Ousseynou Niang a dressé un tableau préoccupant : chômage, manque de formation et migration irrégulière. « La jeunesse exige sa place à la table des décisions », a-t-il martelé.
Une critique sévère de la conjoncture
Invitée à la tribune, l’ancienne ministre Aminata Lô Dieng a dénoncé « une tragédie économique » dans laquelle ouvriers, femmes et fonctionnaires souffrent. Elle a appelé à une mobilisation autour du projet porté par Abdoulaye Bamba Gning, estimant que « le pays peine à sortir du gouffre ».
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