À l’approche du Gamou, le gouvernement veille à la disponibilité des produits de grande consommation dans les marchés de Kaolack. Le ministre du Commerce et de l’Industrie, Serigne Guèye Diop, accompagné d’une délégation de son département et du chef du Service régional du commerce de Kaolack, a effectué une visite de terrain pour évaluer l’état des stocks, le niveau des prix et la qualité des produits disponibles.
À quelques jours du Gamou, Kaolack se prépare à accueillir un important afflux de fidèles venus de différentes régions du Sénégal, mais aussi de l’étranger. Pour anticiper les besoins supplémentaires liés à cette forte mobilisation, les services de l’État ont effectué une tournée dans plusieurs marchés et points de vente de la capitale du Saloum.
Au terme de cette visite, le ministre du Commerce et de l’Industrie s’est dit globalement satisfait de la situation de l’approvisionnement. Il a salué l’engagement des commerçants, grossistes, demi-grossistes et détaillants qui, selon lui, ont consenti des efforts pour garantir la disponibilité des produits durant cette période de forte demande.
Des stocks jugés suffisants
Les vérifications effectuées ont notamment porté sur l’oignon, la pomme de terre, l’huile, le riz ainsi que sur d’autres produits de consommation courante. Le constat dressé par les autorités fait état d’un approvisionnement satisfaisant des marchés.
Concernant les prix, le ministre a indiqué que le sac d’oignons se négociait autour de 8 000 à 8 500 francs CFA, tandis que la pomme de terre était également disponible à des niveaux de prix suivis par les services compétents.
Face à la hausse de la demande à l’approche du Gamou, Serigne Guèye Diop a toutefois invité les commerçants à faire preuve de responsabilité et à éviter toute forme de spéculation.
« Il faut faire attention à la question des prix », a-t-il insisté, appelant les acteurs du commerce à ne pas profiter de la forte affluence pour pratiquer des hausses injustifiées.
Vigilance sur les dates de péremption
La qualité et la sécurité des produits constituent également une priorité pour les autorités. Le ministre a demandé aux commerçants de veiller strictement au respect des dates de péremption.
Tout produit périmé ou proche de sa date limite de consommation doit, selon lui, être immédiatement retiré des rayons. Les services du contrôle économique et de l’hygiène sont appelés à renforcer leur présence sur le terrain afin de prévenir la commercialisation de produits impropres à la consommation.
Le stockage, un défi majeur pour l’oignon
La visite a également permis de mettre en lumière la question du stockage des produits agricoles, particulièrement pour l’oignon. Selon le ministre, le principal défi n’est plus uniquement la production, mais également la capacité à conserver les récoltes pendant plusieurs mois.
Les oignons actuellement disponibles à Kaolack proviennent notamment de la vallée du fleuve Sénégal et ont pu être conservés pendant plusieurs mois. Le gouvernement souhaite ainsi encourager les commerçants et les investisseurs à s’intéresser davantage à la construction et à la gestion d’infrastructures de stockage.
Un important programme de stockage, d’une capacité annoncée de 250 000 tonnes, est ainsi envisagé à l’échelle nationale, avec une priorité accordée aux principales zones de production.
Pas d’ouverture immédiate du marché de l’oignon
Autre annonce importante : la production nationale devrait, pour le moment, permettre de couvrir les besoins du marché. Le gouvernement n’envisage donc pas une ouverture immédiate du marché de l’oignon aux importations.
Pour la pomme de terre, une ouverture pourrait intervenir ultérieurement, en fonction de l’évolution de la disponibilité de la production locale.
Le ministre estime que cette situation traduit les progrès réalisés par l’agriculture sénégalaise. Le pays, qui dépendait fortement des importations pour certains produits, parvient désormais à couvrir une part croissante de ses besoins grâce à la production nationale.
La viande, un marché sous pression
La question de la viande a également été évoquée au cours de la tournée. Le ministre a expliqué que le Sénégal reste dépendant des importations de bétail pour satisfaire une partie de la demande intérieure.
La situation est notamment compliquée par les difficultés d’acheminement du bétail en provenance du Mali, liées à la situation sécuritaire et à la réduction du trafic entre les deux pays.
Cette baisse de l’offre contribue mécaniquement à la hausse des prix, conformément à la loi de l’offre et de la demande. Pour les autorités, la solution durable passe par le renforcement de la production nationale de viande et le développement de l’élevage.
L’État aux côtés des populations
Au terme de sa visite, le ministre a réaffirmé l’engagement de l’État à accompagner les populations et les autorités locales durant le Gamou.
Une mission de la Primature est également annoncée à Kaolack afin de suivre les préparatifs et de s’assurer que les conditions nécessaires au bon déroulement de l’événement sont réunies.



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