La décision de geler les comptes des Industries chimiques du Sénégal (ICS) suscite une vive inquiétude chez les travailleurs de l’entreprise implantée dans la commune de Darou Khoudoss, dans le département de Tivaouane. Le 14 mars 2026, plusieurs responsables syndicaux ont exprimé leur préoccupation face aux conséquences possibles de cette mesure annoncée par le Premier ministre lors d’une récente intervention publique. Cette situation intervient dans un contexte déjà sensible pour cette entreprise stratégique du secteur minier et industriel sénégalais.
Face à l’incertitude grandissante parmi les employés, la direction des ICS a pris une décision jugée préventive afin d’éviter une crise sociale immédiate. Selon Mohamed Dièye, l’un des responsables du collège des délégués du personnel, l’entreprise a choisi d’anticiper le paiement des salaires du mois en cours à partir du 16 mars 2026. Cette mesure vise à rassurer les travailleurs et à leur permettre de faire face à leurs obligations financières dans un climat d’incertitude lié au blocage des comptes de la société.
Dans un message adressé à ses collègues, Mohamed Dièye a également appelé les délégués du personnel à sensibiliser les travailleurs sur la nécessité d’une gestion prudente de leurs revenus. Il a notamment évoqué la possibilité de difficultés financières dans les semaines à venir si la situation perdure, invitant chacun à faire preuve de prudence dans l’utilisation de son salaire. Cette recommandation reflète l’inquiétude qui gagne progressivement les rangs du personnel, alors que les conséquences du gel des comptes restent encore difficiles à mesurer.
Selon des informations rapportées par l’Agence de Presse Sénégalaise, Mamadou Sow, représentant de la Confédération nationale des travailleurs du Sénégal (CNTS), a indiqué que les employés se sentent actuellement « désemparés ». D’après lui, le personnel ne dispose pour le moment d’aucune information officielle claire concernant les raisons précises du blocage des comptes de l’entreprise. Cette absence de communication détaillée, aussi bien de la part de la direction que des autorités étatiques, alimente les inquiétudes et les interrogations au sein des travailleurs.
Face à cette situation, les représentants syndicaux ont décidé de solliciter une audience avec le Premier ministre ainsi qu’avec le ministre en charge du Travail. Leur objectif est d’obtenir des explications précises sur les motivations de cette décision et sur les perspectives pour l’avenir de l’entreprise et de ses employés. Les syndicats souhaitent également s’assurer que les droits des travailleurs seront préservés et que la stabilité sociale au sein des ICS sera maintenue.
Pour rappel, le Premier ministre avait annoncé le 12 mars 2026, lors d’une conférence de presse, avoir obtenu la révision de plusieurs contrats conclus avec des entreprises étrangères dans différents secteurs stratégiques de l’économie. Ces contrats concernent notamment l’exploitation des phosphates, la production de ciment, l’attapulgite, le dessalement de l’eau de mer, la production d’électricité, ainsi que certains projets d’infrastructures et d’immobilier.