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Diplomatie

Grève inédite des Sénégalais en Mauritanie : un cri d’alerte contre les arrestations arbitraires

Face à la recrudescence des rafles, les communautés sénégalaises de Nouakchott se mobilisent pour dénoncer un climat d’injustice et exiger le respect des accords bilatéraux.

Nouakchott, Mauritanie – Depuis mercredi matin, les ressortissants sénégalais vivant en Mauritanie observent une cessation totale d’activités de 48 heures. Cette grève générale, largement suivie dans plusieurs quartiers à forte concentration sénégalaise, vise à dénoncer la recrudescence des interpellations jugées arbitraires, y compris contre des personnes détenant des papiers en règle.

Selon L’Observateur, l’impact de cette mobilisation est visible dans des zones comme Khazar, Cinquième, Sixième ou encore Mérina 3, où boutiques, salons de coiffure, ateliers de mécanique et chantiers ont fermé leurs portes. Le journaliste Mohamed Diop, correspondant de la RFM à Nouakchott, a confirmé un respect massif du mot d’ordre dans les zones concernées, évoquant une « baisse d’activité frappante » sur les principales artères commerçantes de la capitale mauritanienne.

À l’origine de cette contestation : des vagues d’arrestations qui visent indistinctement les Sénégalais, y compris ceux disposant de titres de séjour valides ou de reçus de dépôt en cours de traitement. Pire encore, certains témoignages font état de documents volontairement déchirés par des agents mauritaniens lors des contrôles.

Pour les organisateurs du mouvement, cette situation constitue une violation flagrante des engagements pris en juin dernier lors de la visite officielle du Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko à Nouakchott. À cette occasion, des mesures d’apaisement avaient été annoncées : réduction du coût de la carte de séjour, suppression du contrat de travail comme exigence, levée du parrainage notarié, et simplification des démarches administratives. Mais sur le terrain, la réalité semble bien différente.

Dans un communiqué relayé par la Fédération des associations et groupements des Sénégalais en Mauritanie (Fagsem), le sentiment qui domine est celui de l’humiliation. « Le climat est tel que certains n’osent plus sortir de chez eux », alerte l’organisation. Elle appelle à la fin immédiate des arrestations arbitraires, au respect des documents administratifs valides et à une meilleure prise en charge des démarches de régularisation, notamment par l’élargissement des centres de traitement.

La Fagsem exhorte également les autorités sénégalaises à assumer pleinement leur rôle diplomatique, à travers une présence renforcée et un suivi rigoureux de l’application des accords bilatéraux.

Face à cette mobilisation sans précédent, les autorités mauritaniennes ont rapidement réagi. Plusieurs Sénégalais interpellés ont été libérés dans la nuit du mardi au mercredi. Une rencontre diplomatique s’est également tenue à l’ambassade du Sénégal à Nouakchott entre le ministre mauritanien des Affaires étrangères et l’ambassadeur sénégalais.

Ces gestes sont perçus comme des signes d’apaisement, même si les organisateurs du mouvement restent sur leurs gardes. La Fagsem appelle à la vigilance et à la poursuite du dialogue, tout en insistant sur l’impératif de préserver la paix sociale.

Malgré les tensions, les deux communautés gardent en mémoire les liens séculaires qui unissent le Sénégal et la Mauritanie : relations commerciales, brassages culturels, affinités religieuses. Le président mauritanien Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani a d’ailleurs réaffirmé l’importance de cette fraternité, appelant à une cohabitation harmonieuse entre les deux peuples.


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