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Guédiawaye : la police neutralise le redoutable gang “Thiely”, spécialiste des faux accrochages nocturnes

La police vient de porter un coup dur à la criminalité organisée dans la banlieue dakaroise. Après plusieurs semaines d’investigation, les limiers du commissariat central de Guédiawaye ont réussi à mettre la main sur les membres du gang “Thiely” — un groupe de motards particulièrement redouté pour ses braquages nocturnes et sa méthode d’agression aussi audacieuse qu’efficace : les faux accrochages.

Une méthode glaçante et bien rodée

D’après les informations rapportées par L’Observateur, le gang “Thiely” — qui signifie “l’aigle” en wolof — avait mis au point une technique d’attaque d’une simplicité déconcertante. Un motard fonçait délibérément sur un véhicule pour simuler un accrochage. Pris de panique ou par réflexe, le conducteur descendait pour constater les dégâts. C’est à ce moment précis que surgissaient d’autres complices, qui profitaient de la confusion pour dérober sacs, téléphones, argent ou documents, avant de s’enfuir à vive allure sur leurs motos, souvent dépourvues de plaques d’immatriculation.

Les attaques se multipliaient depuis plusieurs mois dans les quartiers de Sahm, Tally Boumack, Thiaroye et Tally Boubess, plongeant la population dans un climat d’insécurité et de peur, surtout la nuit.

Le coup de trop : un braquage de 30 millions FCFA

Le 25 août 2025, le gang commet une erreur fatale. Ce soir-là, A. Diagne, commerçant à Bène Tally, transporte 30 millions de francs CFA en liquide et un chèque de 1,32 million à bord de sa Kia Sorento. Arrivé au croisement Sahm, il est encerclé par trois motards. L’un percute volontairement son véhicule, tandis qu’un autre profite de la confusion pour ouvrir la portière et s’emparer du sac contenant l’argent.

L’affaire prend immédiatement une tournure sérieuse. Alertés, les policiers de Guédiawaye se mobilisent et exploitent les images de vidéosurveillance ainsi que plusieurs témoignages concordants. Très vite, ils repèrent une moto Beverly grise sans plaque, aperçue sur plusieurs scènes de braquage. Après plusieurs jours de filature, les enquêteurs parviennent à interpeller les deux principaux suspects : M. Bâ, alias “Ino”, et son complice M. Ndiaye.

Un réseau bien structuré mis à nu

Les premières auditions révèlent l’existence d’un véritable réseau de voleurs à moto, bien organisé et actif dans plusieurs zones de la banlieue. Les investigations conduisent rapidement à deux autres suspects : A. Dione, âgé de 28 ans, et M. Bâ, 22 ans, vendeur de motos à Guédiawaye. Leur arrestation, parfois mouvementée, permet aux enquêteurs de confirmer que les braqueurs disposaient d’un système structuré, comprenant des exécutants, des guetteurs et des receleurs chargés d’écouler les biens volés.

Lors des confrontations, plusieurs victimes identifient formellement les suspects, notamment “Ino”, présenté comme le conducteur principal et cerveau opérationnel du groupe.

Des saisies spectaculaires et un butin estimé à plus de 62 millions FCFA

Les perquisitions menées dans différents quartiers ont permis de récupérer une partie du butin ainsi qu’un impressionnant lot de matériel de luxe. Les policiers ont notamment saisi une arme à feu de marque Taurus, plusieurs téléphones iPhone haut de gamme — modèles 11, 13, 15 et 16 Pro Max —, des chèques, des cartes grises et divers documents administratifs appartenant à des victimes. Le préjudice total est estimé à 62 580 000 francs CFA.

La fameuse moto Beverly grise, utilisée lors des braquages, a également été saisie. Elle a pu être formellement identifiée grâce à une fissure sur le pare-brise décrite par l’une des victimes, le politicien Babacar Mbaye Ngaraf.

Une affaire qui ébranle Guédiawaye

L’arrestation du gang “Thiely” a provoqué un vif émoi dans la commune de Guédiawaye. Des jeunes motards, supposés proches des suspects, se sont même rassemblés devant le commissariat central pour tenter d’intimider certaines victimes. Face à ces manœuvres, plusieurs de ces dernières ont décidé de se regrouper en collectif afin de suivre la procédure judiciaire et réclamer justice.

Selon une source proche du dossier, citée par L’Observateur, d’autres membres du réseau seraient toujours en fuite, notamment les receleurs et les complices chargés de revendre les objets volés.


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