Face aux répercussions économiques croissantes du conflit au Moyen-Orient, le Fonds monétaire international (FMI) a décidé de renforcer son soutien financier à plusieurs pays africains particulièrement exposés à la hausse des prix de l’énergie et des produits agricoles. L’annonce a été faite ce jeudi par la directrice de la communication de l’institution, Julie Kozack, lors d’une conférence de presse.
Selon les responsables du FMI, l’Éthiopie, la Gambie et le Burkina Faso bénéficieront de versements additionnels ou d’un décaissement accéléré des fonds déjà prévus dans le cadre de leurs programmes d’assistance. Parallèlement, les discussions se sont intensifiées avec le Malawi en vue de la mise en place d’un nouveau programme de soutien financier.
Cette décision intervient alors que les conséquences du conflit opposant l’Iran à une coalition menée par les États-Unis et Israël continuent de se propager à l’économie mondiale. Déclenchée à la fin du mois de février, la crise a rapidement pris une dimension stratégique majeure après les attaques visant les installations pétrolières de plusieurs pays de la région et la fermeture du détroit d’Ormuz, passage maritime essentiel par lequel transitent habituellement près de 20 % des exportations mondiales d’hydrocarbures.
Cette perturbation des flux énergétiques a provoqué une flambée des cours du pétrole sur les marchés internationaux. Les effets se font désormais ressentir dans de nombreux pays importateurs d’énergie, notamment en Afrique, où la hausse des coûts du carburant exerce une pression supplémentaire sur les finances publiques, les entreprises et les ménages.
Au-delà du pétrole, le conflit a également affecté le marché mondial des engrais. Les difficultés d’approvisionnement et l’augmentation des prix de ces intrants essentiels à l’agriculture suscitent des inquiétudes quant à la sécurité alimentaire de plusieurs États déjà confrontés à des vulnérabilités économiques structurelles.
Dès les réunions de printemps du FMI et de la Banque mondiale, organisées à la mi-avril, la directrice générale du Fonds, Kristalina Georgieva, avait indiqué que l’institution se tenait prête à intervenir rapidement pour soutenir les pays les plus touchés. À cette occasion, elle avait estimé que les besoins financiers pourraient atteindre entre 20 et 50 milliards de dollars, selon l’ampleur et la durée de la crise.
Pour le FMI, les premiers indicateurs économiques montrent déjà les effets du choc provoqué par la guerre. Julie Kozack a souligné que la hausse des prix des matières premières commence à apparaître dans les données macroéconomiques collectées par l’institution. Cette situation alimente les tensions inflationnistes dans plusieurs régions du monde et contribue à détériorer les perspectives économiques à court terme.
Le Fonds doit publier en juillet une mise à jour de ses prévisions économiques mondiales dans le cadre de son rapport annuel sur les perspectives de l’économie mondiale. Ce document intégrera les nouvelles estimations de croissance pour l’année en cours ainsi que pour 2027, en tenant compte des conséquences du conflit.
Si certains pays pourraient bénéficier indirectement de certains investissements technologiques ou de la hausse de certaines matières premières, le FMI prévient que les économies les plus fragiles risquent de subir les effets les plus lourds. L’institution se dit particulièrement préoccupée par la situation des pays vulnérables fortement dépendants des importations énergétiques, dont les marges budgétaires restent limitées face à l’envolée des coûts mondiaux.