Guinguinéo : le reboisement s’impose comme un rempart face au changement climatique

Le département de Guinguinéo entend renforcer sa mobilisation en faveur de la protection de l’environnement. Les collectivités territoriales misent désormais davantage sur le reboisement pour lutter contre la dégradation des ressources naturelles, restaurer le couvert végétal et renforcer la résilience des territoires face aux effets du changement climatique.

C’est dans cette dynamique qu’une caravane de reboisement a été officiellement lancée samedi dans les communes de Mbadakhoune, Khelcom Birane, Ourour et Fass Barigo. L’initiative est portée par les autorités administratives du département, sous l’impulsion de la préfète de Guinguinéo, Marième Hanne Kouyaté, avec l’appui des services des Eaux et Forêts et la participation des populations locales.

À travers cette campagne, les autorités souhaitent surtout faire des communautés les principales actrices de la préservation du patrimoine naturel. L’objectif n’est pas uniquement de planter un nombre important d’arbres, mais surtout de garantir leur survie grâce à un suivi régulier, à leur entretien et à leur protection contre les différentes menaces.

Pour la préfète Marième Hanne Kouyaté, la réussite d’une telle opération ne saurait être évaluée uniquement à partir du nombre de plants mis en terre. Elle dépend avant tout de la capacité des populations à assurer leur entretien et à les préserver sur le long terme.

« La population doit comprendre que ce travail est fait pour elle », a-t-elle notamment déclaré, invitant les habitants des différentes communes concernées à s’approprier pleinement l’initiative. Selon elle, la protection des arbres plantés constitue un investissement pour l’avenir, puisque leurs bénéfices environnementaux et socioéconomiques profiteront aussi aux générations futures.

Le choix de Mbadakhoune, Khelcom Birane, Ourour et Fass Barigo traduit par ailleurs une volonté de développer une approche collective de la gestion des questions environnementales. La caravane se veut ainsi un outil de coopération entre les collectivités territoriales autour de la restauration des terres, de la protection du couvert végétal et de la lutte contre les effets du dérèglement climatique.

Les autorités départementales envisagent d’ailleurs d’élargir progressivement cette initiative à d’autres collectivités de Guinguinéo. Cette extension devrait se faire en collaboration avec les services compétents des Eaux et Forêts, afin de renforcer l’accompagnement technique et le suivi des plants.

Cette nouvelle campagne intervient avec des ambitions revues à la hausse. Lors de la précédente édition, les autorités départementales avaient fixé un objectif de 3 000 plants. Le taux de réalisation avait atteint 90 %, un résultat jugé encourageant mais qui laisse encore une marge de progression.

Pour cette année, l’ambition affichée est d’atteindre les 100 % de l’objectif fixé. Cette volonté traduit le souhait des acteurs locaux de consolider les acquis et de faire du reboisement une activité durable, intégrée aux politiques locales de développement.

Au-delà des chiffres, l’enjeu réside surtout dans la pérennisation des plantations. Les responsables insistent ainsi sur la nécessité de passer d’une logique ponctuelle de plantation à une véritable politique de suivi et de sauvegarde des arbres. Une démarche qui implique la responsabilisation des populations, mais également la sensibilisation des jeunes et des acteurs communautaires.

La cérémonie de lancement a également été l’occasion de rappeler l’ampleur des défis environnementaux auxquels le Sénégal est confronté. Présent à Guinguinéo, le secrétaire général du ministère de l’Environnement et de la Transition écologique, Fodé Fall, a appelé à une mobilisation collective et durable face aux conséquences du changement climatique.

Il a notamment évoqué la hausse progressive des températures, l’irrégularité des précipitations, les épisodes de sécheresse, les inondations, l’érosion côtière ainsi que la dégradation des terres. Autant de phénomènes qui fragilisent les écosystèmes et affectent directement les conditions de vie des populations.

Face à cette situation, le reboisement apparaît comme l’un des instruments permettant de restaurer les écosystèmes et de contribuer à la lutte contre la désertification. Il participe également à la protection des sols, à la préservation de la biodiversité et au renforcement des capacités d’adaptation des communautés face aux bouleversements climatiques.

Fodé Fall a salué la mobilisation enregistrée à Guinguinéo, estimant que l’engagement des collectivités territoriales et des populations pourrait permettre au département de se distinguer dans le Challenge des collectivités engagées dans le reboisement et la protection de l’environnement.

À travers cette dynamique, les autorités souhaitent donc inscrire la protection de l’environnement dans les habitudes quotidiennes des populations. Une attention particulière devrait être accordée à la sensibilisation des jeunes, appelés à devenir les principaux relais de cette culture environnementale.

À Guinguinéo, le reboisement dépasse ainsi le simple cadre d’une campagne annuelle de plantation. Il se présente désormais comme un engagement collectif en faveur de la restauration des ressources naturelles et de la lutte contre le changement climatique. La véritable réussite de cette initiative se mesurera surtout dans les mois et les années à venir, à travers la capacité des communautés à entretenir, protéger et faire grandir les arbres plantés.


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