Haute Cour de justice : Ismaïla Madior Fall face à son procès pour tentative présumée de corruption

L’ancien ministre de la Justice, Ismaïla Madior Fall, comparaît ce mardi 28 juillet 2026 devant la Haute Cour de justice, dans une affaire de tentative présumée de corruption liée à l’attribution de marchés publics portant sur la construction d’infrastructures judiciaires. Le procès, très attendu, se déroule au siège de la Cour suprême, à Dakar, sous haute attention de l’opinion publique.

Cette comparution constitue une étape importante dans le traitement judiciaire de ce dossier qui implique l’ancien garde des Sceaux, poursuivi pour des faits présumés de corruption alors qu’il occupait les plus hautes responsabilités au sein du ministère de la Justice. Les magistrats de la Haute Cour de justice, seule juridiction habilitée à juger les anciens membres du gouvernement pour des actes commis dans l’exercice de leurs fonctions, devront examiner les éléments réunis au cours de l’enquête afin de déterminer les responsabilités de l’ancien ministre.

Au cœur du dossier figure l’attribution de marchés de construction d’infrastructures destinées au secteur judiciaire. Selon les accusations portées contre lui, Ismaïla Madior Fall aurait tenté d’obtenir un avantage indu dans le cadre de l’exécution de ces projets, des faits qu’il a toujours contestés depuis l’éclatement de cette affaire.

Le procès accordera une place importante au témoignage de l’entrepreneur Cheikh Guèye, considéré comme l’une des principales pièces du dossier. Bien que son propre dossier soit toujours en cours d’instruction devant le deuxième cabinet du tribunal de Pikine-Guédiawaye, il est appelé à comparaître en qualité de témoin afin d’éclairer la juridiction sur les circonstances ayant conduit à l’ouverture de cette procédure.

Son audition devrait permettre à la Haute Cour de justice de mieux apprécier les relations entre les différents protagonistes ainsi que les conditions dans lesquelles les marchés publics concernés auraient été attribués. Les déclarations de l’entrepreneur sont particulièrement attendues, dans la mesure où elles pourraient conforter ou fragiliser les accusations formulées contre l’ancien ministre.

L’ouverture de ce procès intervient dans un contexte où les autorités sénégalaises affichent leur volonté de renforcer la lutte contre la corruption, la mauvaise gouvernance et les atteintes à la transparence dans la gestion des ressources publiques. Cette affaire est ainsi perçue comme un test majeur pour les institutions judiciaires, appelées à démontrer leur capacité à traiter avec impartialité des dossiers mettant en cause d’anciens hauts responsables de l’État.


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