À l’occasion de la cérémonie officielle d’inauguration du marché au poisson de Thiès, le maire de la ville, le Dr Babacar Diop, n’a pas manqué de profiter de la tribune pour adresser un message sans détour à la ministre des Pêches et de l’Économie maritime, le Dr Fatou Diouf. Devant les autorités administratives, les acteurs du secteur et les populations, l’édile de Thiès a tenu à rappeler certaines vérités qu’il juge essentielles pour une gouvernance concertée et respectueuse des collectivités territoriales.
Dans son intervention, le maire est d’abord revenu sur l’historique du site abritant le marché au poisson. Il a rappelé que l’acquisition dudit terrain s’est faite à travers une délibération régulière du conseil municipal de la ville de Thiès, adoptée sous le magistère de l’ancien maire Talla Sylla. Selon lui, cette précision est importante afin de reconnaître le rôle déterminant joué par la commune dans la mise en place de cette infrastructure aujourd’hui présentée comme un joyau au service des acteurs de la pêche et de l’économie locale.
Le Dr Babacar Diop a ensuite insisté sur la nécessité, pour l’État et particulièrement pour le ministère des Pêches et de l’Économie maritime, de privilégier la concertation avec l’ensemble des parties prenantes. Il a plaidé pour une démarche inclusive associant non seulement les services techniques de l’État, mais aussi les collectivités territoriales et tous ceux qui, en amont, ont contribué à la réalisation du marché. À ses yeux, une telle approche est la seule à même de garantir une gestion harmonieuse et durable de l’infrastructure.
Toutefois, le maire de Thiès n’a pas caché son amertume face au manque de considération qu’il estime avoir constaté de la part du ministère. Il a regretté que plusieurs correspondances officielles adressées par la mairie de Thiès au ministère des Pêches soient, jusqu’à présent, restées sans réponse. Une situation qu’il qualifie de regrettable et contraire aux principes de bonne gouvernance et de respect institutionnel entre l’État et les collectivités locales.
Dans un ton à la fois ferme et direct, le Dr Babacar Diop a tenu à préciser que les maires, en tant qu’élus locaux, soutiennent l’action de l’État et des ministres dans leurs missions respectives. Mais il a clairement posé les limites de ce soutien. « En tant que maires, nous vous soutenons », a-t-il déclaré avant d’ajouter, dans une formule empreinte de wolof et lourde de sens : « Mais forcing baxoul, mépris baxoul », pour signifier que ni l’imposition unilatérale des décisions ni le mépris des partenaires locaux ne sauraient être acceptables.