Politique
Investissements pétroliers et gaziers : Abdourahmane Diouf veut repositionner le secteur privé sénégalais au cœur des futurs projets
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par
Diack
Le ministre de l’Énergie et du Pétrole, Dr Abdourahmane Diouf, a présidé, ce mardi matin, un atelier consacré à la mobilisation de l’investissement local dans la chaîne de valeur pétrolière et gazière. Cette rencontre, la première organisée par le ministre depuis sa prise de fonction il y a cinq semaines, marque le lancement d’une nouvelle dynamique visant à renforcer la participation du secteur privé national dans un domaine stratégique pour l’économie sénégalaise.
Face aux représentants des administrations publiques, des entreprises nationales, des investisseurs et des acteurs du secteur des hydrocarbures, le ministre a présenté les grandes orientations du gouvernement en matière de développement de l’industrie pétrolière et gazière. Il a insisté sur la nécessité de créer un environnement favorable à l’investissement local afin de permettre aux entreprises sénégalaises de jouer un rôle plus important dans les projets liés à l’exploitation des ressources naturelles du pays.
Dans son intervention, Abdourahmane Diouf a rappelé que le secteur des hydrocarbures requiert des investissements particulièrement lourds et constitue un levier essentiel pour la transformation économique du Sénégal. Il a toutefois déploré le ralentissement des activités d’exploration au cours des dernières années, révélant qu’aucun véritable contrat de partage de production et d’exploration n’a été signé depuis 2017.
Selon lui, cette situation a installé le pays dans ce qu’il qualifie de « vide absolu » en matière de nouveaux contrats d’exploration. Même s’il reconnaît que plusieurs facteurs, aussi bien nationaux qu’internationaux, peuvent expliquer cette absence de nouvelles conventions, le ministre estime qu’il n’est pas acceptable que des gisements présentant un fort potentiel restent inexploités pendant près d’une décennie.
Le ministre a également exposé la doctrine du gouvernement concernant les investissements dans le secteur énergétique. Il a expliqué que l’État entend désormais laisser davantage de place au secteur privé chaque fois que celui-ci dispose des capacités techniques et financières pour porter des projets. Cette orientation, a-t-il précisé, permettra à l’État de concentrer ses ressources sur les investissements à forte portée sociale, notamment dans les domaines prioritaires pour les populations.
Dans cette logique, le gouvernement souhaite privilégier les opérateurs économiques sénégalais. Abdourahmane Diouf a indiqué que les entreprises nationales seront les premières sollicitées lorsqu’elles présenteront les garanties financières et techniques requises. En revanche, lorsque ces capacités feront défaut, l’État encouragera des partenariats entre investisseurs internationaux et entreprises locales, sous la forme de joint-ventures, afin de favoriser le transfert de compétences et le renforcement du tissu économique national.
Le ministre a toutefois tenu à rassurer les partenaires étrangers sur la volonté du Sénégal de maintenir une coopération solide avec les grandes compagnies pétrolières et gazières. Il a affirmé que les contrats actuellement en vigueur continuent d’être exécutés dans de bonnes conditions et que le gouvernement reste pleinement engagé à respecter ses engagements envers les investisseurs internationaux.
Pour Abdourahmane Diouf, cette nouvelle orientation ne traduit donc aucune volonté d’exclure les acteurs étrangers, mais plutôt celle de garantir une meilleure intégration du secteur privé sénégalais dans les grands projets pétroliers et gaziers à venir. L’ambition affichée est de faire des entreprises nationales de véritables partenaires du développement de l’industrie extractive, tout en maintenant l’attractivité du Sénégal auprès des investisseurs internationaux.
En conclusion, le ministre a insisté sur l’urgence de relancer les activités d’exploration dans le strict respect des procédures et du cadre réglementaire en vigueur. Selon lui, l’exploitation des nombreux gisements à fort potentiel encore inexploités constitue un enjeu majeur pour accélérer la croissance économique, renforcer les recettes publiques et permettre au Sénégal de tirer pleinement profit de ses importantes ressources en pétrole et en gaz.
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