Le ministre de l’Énergie, du Pétrole et des Mines, Birame Souleye Diop, a lancé mardi 16 septembre à Dakar les Journées Portes Ouvertes (JPO) 2025, une première dans l’histoire du secteur extractif sénégalais. Objectif : rapprocher les citoyens des réalités du pétrole, du gaz et des mines, tout en renforçant la transparence.
Mais le ministre a profité de l’occasion pour tirer la sonnette d’alarme : près de 200 entreprises opérant dans le secteur ne sont pas en règle. Selon lui, 212 titres miniers délivrés sous réserve n’ont jamais généré de recettes fiscales, alors même que des exportations sont effectuées. « Ni droits d’entrée ni taxes sur la production ne sont payés depuis des années », a-t-il dénoncé, pointant un manque à gagner important pour les finances publiques.
Birame Souleye Diop a également insisté sur la question de l’acceptabilité sociale. Les entreprises minières, dit-il, consacrent en moyenne 0,3 à 0,7 % de leur chiffre d’affaires aux actions de responsabilité sociale, un effort jugé dérisoire. L’État a donc instauré le Fonds d’Appui au Développement Local (FADL), fixé à 0,5 % du chiffre d’affaires, afin d’encadrer et de mieux orienter ces contributions vers des projets d’investissement et d’autonomisation des femmes.
Les JPO se dérouleront dans cinq pôles régionaux : Thiès, Kaolack, Ziguinchor, Kédougou et Matam. Elles permettront d’informer les populations, de mettre en lumière le potentiel du secteur, mais aussi de soutenir les investisseurs locaux pour qu’ils prennent une part active dans ce domaine stratégique.
Enfin, le ministre a annoncé que son département travaille, sur instruction du Premier ministre, à la révision des codes minier, pétrolier et gazier, avec pour ambition de garantir plus de durabilité, de transparence et de justice fiscale.