À l’approche du Gamou, la cité religieuse de Médina Baye, réputée pour son attractivité spirituelle, est confrontée à une inquiétante recrudescence d’activités illicites. Plusieurs habitants dénoncent la présence de bandes organisées et de consommateurs de chanvre indien, semant l’insécurité et troublant l’ordre public, notamment par des vols au niveau des arrêts de vélo-taxi.
« La nuit, il est devenu difficile de circuler librement. On assiste à des attroupements de jeunes garçons et filles qui consomment du chanvre indien au vu et au su de tout le monde », témoigne Ahmadou Fall, commerçant installé au rond-point Cheikh Al Islam.
D’autres habitants relèvent la prolifération de petits groupes assimilés à des associations de malfaiteurs. Ces derniers profiteraient de l’affluence liée aux préparatifs du Gamou pour commettre des agressions et des vols.
À Médina Baye, haut lieu religieux et culturel de Kaolack, les habitudes vestimentaires des jeunes filles suscitent aujourd’hui débats et controverses. Dans les rues animées, de plus en plus d’adolescentes âgées de 12 à 14 ans arborent des tenues jugées « indécentes » par certains habitants : pantalons moulants, tops courts ou encore vêtements occidentalisés, en rupture avec la sobriété traditionnelle longtemps associée à la cité.
« Nous sommes dans une ville religieuse. Ici, l’habit est un signe de respect. Quand on voit ces nouvelles générations s’habiller ainsi, cela nous choque », confie Astou Cissé, élève dans une école franco-arabe, rencontrée lors de notre promenade.
Ce phénomène reflète un choc entre valeurs culturelles, foi religieuse et modernité, qui transforme progressivement l’image de cette cité spirituelle, souligne Cheikh Ousmane Ndiaye, habitant de Médina Baye croisé aux abords de la route menant à Thioffack.
Le Gamou, célébration de la naissance du Prophète Mouhammad (PSL), attire chaque année des dizaines de milliers de fidèles venus du Sénégal et de l’étranger. Médina Baye, foyer majeur de la tidjaniya, est censée incarner paix, spiritualité et hospitalité. Mais pour de nombreux fidèles, la présence d’individus malintentionnés ternit l’image de la cité.
Face à cette situation, les populations appellent les autorités à intensifier les patrouilles et à dissuader les malfaiteurs qui « salissent l’image de la ville de Mame Baye Niasse ». Elles suggèrent également la mise en place de comités de vigilance locaux en collaboration avec les forces de l’ordre, afin de préserver la quiétude et la réputation de Médina Baye à l’occasion du Gamou.
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