Economie
L’APR dénonce « l’échec du régime » et accuse le FMI d’ingérence dans les affaires internes du Sénégal
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par
Diack
Dans un communiqué rendu public ce samedi, l’Alliance pour la République (APR) est sortie de sa réserve pour dresser un réquisitoire sévère contre le gouvernement en place. Le parti fondé par l’ancien président Macky Sall estime que le pays traverse une phase d’échec manifeste, désormais visible « aux yeux des populations, des entreprises et des partenaires ». Selon le Secrétariat exécutif national (SEN) de l’APR, le régime actuel tente de « masquer son incurie » en insistant sur une prétendue dette cachée, tout en s’enfermant dans « le déni et la fuite en avant ».
L’APR rappelle que depuis le 26 septembre 2024, les accusations du gouvernement concernant la gestion des finances publiques entre 2019 et 2024 n’ont jamais été appuyées par des preuves concrètes. « Aucun document, aucun chiffre vérifiable, aucun rapport exhaustif n’a été produit jusqu’à ce jour par les accusateurs », souligne le communiqué, accusant le pouvoir de « verser dans la calomnie et la médisance, leur sport favori ».
Les déclarations d’Edward Gemayel dans le viseur
Au-delà du gouvernement, l’APR s’en prend également à Edward Gemayel, chef de mission du Fonds monétaire international (FMI), qu’elle accuse d’avoir validé « l’existence d’une dette cachée » à travers une prise de parole jugée « curieuse et préoccupante ». Pour le parti, ces déclarations n’engagent que leur auteur : « Le FMI, dont il est fonctionnaire, n’a à ce jour publié aucun document officiel à ce sujet. »
L’APR considère ainsi que « les propos d’un expert isolé n’engagent ni les États ni les institutions ». Le communiqué va plus loin, affirmant que les déclarations de M. Gemayel « visent à ternir la réputation du Sénégal et à attaquer la dignité de son peuple ». Le parti dénonce un comportement « inacceptable pour un fonctionnaire international », censé faire preuve de réserve et de neutralité vis-à-vis des débats politiques internes.
« Le SEN dénonce vigoureusement cette posture, qui rompt avec la neutralité attendue d’un chef de mission du FMI et qui laisse croire à une immixtion inédite, grave et dangereuse d’un fonctionnaire international dans les divergences internes au Sénégal », poursuit le communiqué. L’APR insiste sur le fait qu’elle a toujours évité de s’en prendre directement à l’institution de Bretton Woods, qu’elle qualifie de partenaire loyal et constant. « Depuis le début de cette polémique, nous avons toujours salué la coopération exemplaire entre le FMI et le Sénégal, une relation qui transcende les régimes », rappelle le parti, estimant que les propos de M. Gemayel ne sont qu’une « appréciation personnelle, contradictoire, grave et intolérable ».
Des réponses « techniques » et un contre-rapport adressé au FMI
Revenant sur les accusations formulées contre sa gestion, l’APR rappelle avoir opté pour « des réponses techniques au vacarme politicien ». Le parti revendique une démarche fondée sur le respect des institutions, la défense de la crédibilité de l’administration et la préservation de l’intérêt national.
Cette approche s’est traduite, selon le communiqué, par la tenue d’un point de presse le 13 février 2025 au cours duquel le parti avait mis en lumière « les failles contenues dans le rapport de la Chambre des Affaires budgétaires et financières ». L’APR affirme également avoir produit un contre-rapport exhaustif, chiffré et précis, qu’elle dit avoir transmis à la directrice générale du FMI à Washington. Le parti indique, en outre, avoir sollicité une séance de travail officielle avec le représentant résident du FMI à Dakar afin de présenter ses propres données.
Une « austérité brutale » annoncée
Au-delà de la polémique sur la dette, l’APR estime que le gouvernement prépare une « politique d’austérité violente » qui touchera de plein fouet les couches les plus vulnérables. Le communiqué prévient que les ménages pauvres, le monde rural, les jeunes, les femmes et les retraités seront les principales victimes de cette orientation économique.
Le parti accuse le régime de dissimuler cette réalité derrière des débats stériles : « La vérité est que le gouvernement joue le dilatoire pour ne pas avouer aux Sénégalais qu’il s’apprête à mettre en œuvre une politique d’austérité brutale. » L’APR considère que cette future politique remettra en cause « tous les acquis sociaux » bâtis sous ses gouvernements, en particulier les programmes destinés aux plus faibles.
Dans un ton d’avertissement, le Secrétariat exécutif national appelle les Sénégalais à la vigilance face au risque d’érosion du pouvoir d’achat, à la fragilisation de la protection sociale et à la remise en cause du modèle solidaire sénégalais. Enfin, l’APR en appelle aux forces politiques et sociales pour s’organiser et s’opposer à toute politique d’appauvrissement qui pourrait, selon elle, déstructurer le tissu social et provoquer une grave crise dans le pays.
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