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Politique

Le décret du 15 février 2024 : l’acte discret qui a rétabli Pastef et ouvert la voie à l’alternance

Parmi les enseignements majeurs livrés lors de la présentation du livre de Me Sidiki Kaba, vendredi dernier, une révélation est passée presque inaperçue dans le débat public, alors qu’elle constitue l’un des actes politiques les plus déterminants de l’histoire récente du Sénégal. L’ancien Premier ministre a rappelé l’existence du décret numéro 2024-830 du 15 février 2024, portant abrogation du décret 2023-1407 du 31 juillet 2023, texte par lequel le parti Pastef avait été dissous et mis hors la loi. Par cet acte réglementaire, Pastef retrouvait officiellement son existence légale, ouvrant ainsi la voie à sa participation au processus électoral de 2024.

Selon Me Sidiki Kaba, ce décret a joué un rôle central dans la dynamique politique qui a conduit à l’issue des élections. Il a permis non seulement l’organisation d’une campagne électorale inclusive, mais surtout la reconnaissance juridique et institutionnelle du parti qui allait finalement remporter le scrutin. « C’est ce décret qui a permis une campagne victorieuse, qui leur a permis d’avoir la légitimité », a-t-il souligné, insistant sur le caractère décisif de cette décision dans la restauration de la normalité démocratique.

L’ancien Garde des Sceaux inscrit cet acte dans une séquence plus large de décisions qu’il qualifie de « gestes républicains » posés par le président sortant Macky Sall durant la transition politique de 2024. Déjà, en juillet 2023, l’annonce officielle de sa renonciation à un troisième mandat avait marqué un tournant majeur, mettant fin à de longues controverses et apaisant une partie des tensions politiques et sociales. La décision de rétablir dans la légalité le principal parti d’opposition, pourtant destiné à lui succéder au pouvoir, s’inscrit dans cette même logique de responsabilité institutionnelle.

Pour Me Sidiki Kaba, ce choix n’était ni anodin ni contraint. Il répondait à une volonté assumée de garantir un cadre électoral ouvert, transparent et équitable, conformément aux principes fondamentaux de la République. En rétablissant Pastef dans ses droits, Macky Sall a, selon lui, accepté le risque politique au nom de la stabilité du pays et du respect du jeu démocratique. « C’est repartir pour laisser un pays en paix », a-t-il résumé, évoquant un souci de transmission pacifique du pouvoir et de préservation de la cohésion nationale.

Cette révélation éclaire d’un jour nouveau la transition sénégalaise de 2024. Elle rappelle que, derrière les affrontements politiques et les tensions de l’époque, des décisions institutionnelles majeures ont été prises dans l’ombre, mais ont pesé lourdement sur le cours de l’histoire. Le décret du 15 février 2024 apparaît ainsi comme un acte fondateur, discret mais décisif, qui a permis à la démocratie sénégalaise de s’exprimer pleinement et d’aboutir à une alternance reconnue par tous.


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