Les cours du pétrole ont connu une séance particulièrement agitée lundi, oscillant au rythme des déclarations politiques et des informations contradictoires autour du conflit au Moyen-Orient, avant de finalement clôturer nettement dans le vert. Les investisseurs restent extrêmement sensibles à toute évolution susceptible d’affecter l’approvisionnement mondial en brut, dans un marché déjà fragilisé par des stocks en baisse et des inquiétudes persistantes sur l’offre.
À Londres, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en juillet a terminé la séance à 112,10 dollars, en hausse de 2,60 %. À New York, le baril américain de West Texas Intermediate pour livraison en juin a gagné 3,07 %, atteignant 108,66 dollars.
Tout au long de la journée, les marchés pétroliers ont réagi à une succession d’annonces et de rumeurs liées aux relations tendues entre Washington et Téhéran. Selon Robert Yawger, analyste chez Mizuho USA, les opérateurs ont une nouvelle fois été guidés par l’actualité géopolitique, dans un climat où chaque déclaration officielle peut provoquer d’importants mouvements de prix.
La hausse de fin de séance a été déclenchée par la publication d’un article du média américain Axios affirmant que les États-Unis jugeaient insuffisante la dernière proposition iranienne dans le cadre des discussions en cours. Citant un haut responsable américain, le média évoque une impasse persistante entre les deux pays, ravivant ainsi les craintes d’une aggravation du conflit régional.
Ces inquiétudes avaient déjà été alimentées quelques heures auparavant par les propos du président américain, qui a averti dimanche sur sa plateforme Truth Social qu’« il ne restera rien » de l’Iran si aucun accord rapide n’était trouvé avec Washington. Ces déclarations musclées ont immédiatement renforcé les tensions sur les marchés énergétiques, les investisseurs redoutant une perturbation plus importante des exportations pétrolières dans la région du Golfe.
Pourtant, en milieu de séance, les prix avaient temporairement reculé après la diffusion d’une information par l’agence iranienne Tasnim. Celle-ci évoquait une possible proposition américaine visant à suspendre certaines sanctions pétrolières contre l’Iran. Cette perspective a brièvement nourri l’espoir d’un apaisement diplomatique susceptible de permettre le retour de volumes supplémentaires de pétrole iranien sur le marché mondial.
Phil Flynn, analyste chez The Price Futures Group, souligne que cette hypothèse a momentanément rassuré les investisseurs. Selon lui, l’arrivée de nouveaux barils pourrait contribuer à réduire les tensions immédiates sur l’approvisionnement mondial, alors que la demande reste soutenue dans plusieurs grandes économies.
Au-delà de la situation géopolitique, les inquiétudes sur l’état des réserves mondiales continuent également de soutenir les cours. Le directeur exécutif de l’Agence internationale de l’énergie, Fatih Birol, a averti lundi, en marge de la réunion des ministres des Finances du G7 à Paris, que les stocks commerciaux de pétrole diminuaient rapidement sous l’effet des conséquences de la guerre.
Jusqu’à présent, la mise sur le marché de réserves stratégiques par plusieurs pays consommateurs a permis de limiter l’envolée des prix. Mais de nombreux experts estiment que cette solution ne pourra pas être maintenue indéfiniment.
Arne Lohmann Rasmussen, analyste chez Global Risk Management, estime que les marges de manœuvre deviennent de plus en plus limitées. Selon lui, les États-Unis ne pourront pas continuer longtemps à accroître leurs exportations au rythme actuel. Il note également que les volumes de pétrole stockés en mer hors du golfe Persique ont quasiment disparu, signe d’un marché sous tension. À cela pourrait s’ajouter une reprise de la demande chinoise, Pékin étant susceptible d’augmenter de nouveau ses importations après plusieurs mois de ralentissement.
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