Société
Madiambal Diagne démonte le dossier judiciaire de l’État : “Un rapport de la Centif falsifié et truffé d’incohérences”
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par
Diack
Le journaliste et patron de presse Madiambal Diagne est sorti de son silence pour livrer une charge particulièrement virulente contre le dossier judiciaire que l’État du Sénégal a présenté devant la justice française. Selon lui, les éléments transmis par les autorités sénégalaises seraient entachés d’irrégularités majeures, voire de falsifications manifestes, mettant en péril la crédibilité de toute la procédure.
Lors d’une déclaration publique, le fondateur du Groupe Avenir Communication, éditeur du Quotidien, a remis en cause la validité du rapport de la Centif (Cellule nationale de traitement des informations financières), pièce maîtresse du dossier transmis aux juges français. “Le rapport de la Centif qui figure dans le dossier a été signé le 11 juillet 2023, alors qu’il porte la signature de Cheikh Mouhamadou Bamba Siby, nommé le 28 septembre 2024”, a-t-il affirmé, estimant qu’il s’agit d’une incohérence temporelle grave. Selon lui, un tel document ne peut matériellement exister avec la signature d’un responsable qui, à la date indiquée, n’était pas encore en fonction.
Pour Madiambal Diagne, cette anomalie dépasse le simple cadre administratif. Elle illustre, selon ses mots, “la précipitation et la faiblesse de l’accusation”, en plus de “révéler une tentative manifeste de manipulation de la procédure”. Le journaliste évoque également l’existence d’un “supposé rapport de 2020” mentionné dans le dossier, mais jamais communiqué à la défense. “Ce rapport de 2023 est lui-même truffé de contradictions. Et ce qui est encore plus grave, c’est que Me Ousmane Thiam détient des preuves. En Droit, il existe un délai de prescription. Constatant qu’ils pouvaient perdre, ils ont tenté de corriger le dossier”, a-t-il poursuivi.
S’exprimant avec une assurance empreinte d’amertume, Madiambal Diagne dit voir dans cette affaire une cabale politique orchestrée par “certains milieux du pouvoir à Dakar”. Il affirme être la cible d’une entreprise de dénigrement systématique menée par “des médias à la solde de l’État”. “Aujourd’hui, je suis convaincu qu’il s’agit d’une affaire purement politique. Ils disposent de radios et de télévisions dont le seul objectif est de me salir”, a-t-il déclaré.
Le journaliste révèle également qu’il avait volontairement choisi de se taire pour ne pas embarrasser les autorités françaises, avant de décider de s’adresser directement à l’opinion publique après sa première interpellation suivie d’un relâchement. “Dès que j’ai voulu parler, ils ont interpellé Maïmouna Ndour Faye (7TV) et Babacar Fall (RFM). Cela démontre qu’ils peuvent dire ce qu’ils veulent, mais que moi, l’accusé, je n’ai pas droit à la parole. Il n’y a ni démocratie, ni liberté d’expression, encore moins liberté de la presse”, a-t-il martelé.
Sur le plan strictement juridique, l’incohérence qu’il pointe du doigt pourrait, si elle est avérée, fragiliser la position de l’État du Sénégal. En effet, en droit procédural, un document antidaté ou signé par une autorité non encore en fonction constitue une irrégularité substantielle. Un tribunal peut dès lors juger le rapport invalide et l’écarter du dossier. Ce qui pourrait entraîner une annulation partielle — voire totale — de la procédure et ouvrir la voie à une réévaluation complète de l’accusation.
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