Société
Madiambal Diagne dénonce une « atteinte grave aux libertés » après la libération d’Abdou Nguer
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par
Diack
Depuis la France, le journaliste et éditorialiste Madiambal Diagne a vivement réagi à la libération d’Abdou Nguer, chroniqueur à Sen TV et sur plusieurs Web TV, récemment jugé par le tribunal correctionnel de Dakar. Dans une publication sur le réseau social X, l’ancien patron du Groupe Avenir Communication n’a pas caché son indignation face à ce qu’il perçoit comme une dérive inquiétante du système judiciaire sénégalais.
« Relaxe pure et simple pour Abdou Nguer. Donc presque une année de détention pour rien du tout. Tout cela rend encore plus révoltant la façon dont les libertés sont bafouées au Sénégal. Félicitations Abdou et bon retour auprès des tiens ! », a écrit Madiambal Diagne. Par ce message, le journaliste fustige la longue détention préventive du chroniqueur, qu’il considère comme injustifiée et symptomatique d’un recul des libertés publiques dans le pays.
Cette réaction fait écho à une affaire judiciaire très médiatisée qui a tenu en haleine le monde médiatique et politique depuis plusieurs mois. Abdou Nguer et son co-prévenu, Pape Amadou Ndiaye Diaw, avaient été interpellés et poursuivis après des propos tenus sur TikTok, dans lesquels ils évoquaient la mort de l’ancien président du Conseil constitutionnel, Mamadou Badio Camara. Les deux hommes avaient notamment suggéré la nécessité d’une autopsie sur le corps du défunt magistrat, des déclarations jugées offensantes, diffamatoires et susceptibles de troubler l’ordre public.
Le parquet avait retenu plusieurs chefs d’accusation contre eux, dont la diffusion de fausses nouvelles, l’offense au chef de l’État et l’apologie de crimes ou délits. Après plusieurs reports d’audience et des mois de détention, le verdict est tombé ce 12 novembre 2025. Le tribunal a finalement relaxé Abdou Nguer des délits de diffusion de fausses nouvelles et d’apologie de crimes, mais l’a reconnu coupable d’offense au chef de l’État. Il a été condamné à six mois de prison, dont trois mois ferme. Son co-prévenu, Pape Amadou Ndiaye Diaw, a quant à lui écopé d’une peine plus lourde : six mois de prison ferme assortis d’une amende de 100 000 F CFA.
Cette décision, bien que marquant la fin de leur détention, n’a pas apaisé les débats sur la liberté d’expression et le traitement des acteurs médiatiques au Sénégal. Plusieurs organisations de la société civile et défenseurs des droits humains ont exprimé leur inquiétude face à la multiplication des poursuites contre des journalistes et chroniqueurs pour des propos tenus sur les réseaux sociaux.
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