Le lieutenant en retraite Mbaye Sady Diop, ancien directeur des Relations publiques de la police, est revenu dans les colonnes de L’Observateur sur l’incident survenu samedi dernier à Keur Massar entre policiers et gendarmes. Une simple question de zone de compétence a suffi pour provoquer une tension inhabituelle entre les deux corps, au point que deux policiers ont été arrêtés puis conduits à la brigade de Keur Massar, avant d’être finalement relâchés quelques instants plus tard.
Pour Mbaye Sady Diop, cette altercation n’a malheureusement rien d’exceptionnel. Il rappelle que de tels affrontements se répètent depuis quelque temps. Il cite notamment un récent épisode où des militaires se sont rendus dans un commissariat pour libérer l’un des leurs, ou encore une scène survenue à Mbacké, où policiers et gendarmes s’étaient opposés autour de l’occupation d’un point de contrôle. Selon lui, ces cas sont nombreux et témoignent d’un dysfonctionnement profond dans la coordination entre forces de sécurité.
L’ancien officier dit ne trouver aucune justification valable à de tels comportements. Il souligne que lors des missions conjointes à l’étranger, policiers et gendarmes travaillent en parfaite harmonie, se comportant comme des « frères et amis ». Ce contraste le pousse à s’interroger : pourquoi des tensions éclatent-elles si facilement une fois de retour au Sénégal ? Qu’est-ce qui provoque ces rivalités internes alors qu’ils servent tous le même pays ?
Pour Mbaye Sady Diop, la responsabilité première incombe aux autorités locales, celles qui gèrent les zones opérationnelles. Il estime que ce ne sont ni les hautes hiérarchies de la police ni celles de la gendarmerie qui doivent être pointées du doigt, mais plutôt les responsables présents sur le terrain. Selon lui, la communication et la coordination au niveau local sont insuffisantes. Il appelle à l’organisation de réunions régulières, de rencontres et d’échanges permanents pour éviter que des tensions inutiles ne dégénèrent au détriment des populations.
Face à la fréquence de ces incidents, le lieutenant en retraite invite les hiérarchies des différents corps à « siffler la fin de la récréation ». Il adresse également un message ferme aux policiers et gendarmes eux-mêmes, leur rappelant leurs priorités. Alors que les cas de braquages violents se multiplient dans des hôtels, usines ou même au campus universitaire, il leur reproche de se quereller pour des questions de contrôle routier au lieu de concentrer leurs efforts sur la lutte contre la délinquance. « Le Sénégal vous paie pour assurer la sécurité des citoyens », martèle-t-il, appelant à un recentrage sur les véritables enjeux sécuritaires du pays.