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Me El Hadji Amadou Sall brise le silence : “Poursuivre Macky Sall est une erreur, il est hors de leur portée !”

L’ancien ministre de la Justice, Me El Hadji Amadou Sall, était l’invité de l’émission Face au Jury pour une sortie des plus explosives sur l’actualité politique et judiciaire du Sénégal. Avec le verbe tranchant qu’on lui connaît, l’avocat et homme politique a livré une analyse sans concession de la situation du pays, dénonçant ce qu’il appelle une « chasse aux sorcières » et un « bavardage inutile » qui, selon lui, entraînent le Sénégal vers une « impasse économique ».

D’entrée de jeu, Me Sall s’est insurgé contre les poursuites engagées à l’encontre de l’ancien président Macky Sall, aujourd’hui accusé de « haute trahison ». Pour l’ancien garde des Sceaux, cette procédure n’a ni fondement juridique ni sens politique. « Poursuivre Macky Sall est une erreur, il est hors de leur portée ! », a-t-il martelé, avant d’expliquer en détail les contours de la notion de “haute trahison”. Selon lui, « aucun acte vérifiable » ne permet de retenir une telle accusation contre l’ex-chef de l’État. Me Sall a d’ailleurs rappelé l’attitude d’Abdoulaye Wade, qui, malgré les épreuves et les rancunes politiques, avait « passé l’éponge » à son arrivée au pouvoir.

Abordant ensuite le dossier de Farba Ngom, maire des Agnam, et de l’homme d’affaires Tahirou Sarr, actuellement en détention depuis plus de neuf mois, Me El Hadji Amadou Sall a dénoncé une « incarcération abusive » reposant sur une simple « collision frauduleuse ou un supposé blanchiment d’argent ». Il s’est montré particulièrement critique envers le CENTIF (Cellule nationale de traitement des informations financières), qu’il qualifie de « chambre administrative » à laquelle on aurait accordé « trop de pouvoir » au détriment du droit et des libertés individuelles.

L’avocat s’est également exprimé sur le cas du journaliste et homme d’affaires Madiambal Diagne, confirmant que ce dernier n’était qu’un « apporteur d’affaires » dans le dossier qui le concerne. Il a fustigé la décision d’interdiction de sortie du territoire qui le frappe, la jugeant « illégale et arbitraire ». Sur un ton de défi, Me Sall s’est dit parfaitement serein face à la possibilité d’un mandat d’arrêt international, rappelant les précédents de Karim Wade et de son associé Bibo Bourgi.

Interrogé sur les enquêtes ouvertes à la suite des manifestations survenues entre 2021 et 2024, Me Sall a appelé à ce que la lumière soit faite « sans calcul politique ». Il a exigé que les enquêtes et autopsies soient menées à leur terme, afin que toutes les responsabilités soient établies, y compris celles « de ceux qui ont appelé les jeunes au Mortal Kombat ou au Gatsa Gatsa », expressions violentes qui, selon lui, ont contribué à la radicalisation de la jeunesse.

Enfin, l’ancien ministre de la Justice (2009-2010) est revenu sur le dossier Aser, confirmant l’introduction de documents confidentiels dans le cadre du procès de Pape Mahawa Diouf. Sans entrer dans les détails du fond, il a assuré que la défense compte utiliser ces éléments pour démontrer les zones d’ombre entourant cette affaire sensible.


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