Politique
Mise en accusation d’Abdoulaye Diouf Sarr et Moussa Bocar Thiam : le calendrier parlementaire suspendu dans un climat de flou
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par
Diack
Alors que tout semblait balisé pour une séquence parlementaire décisive, le processus de mise en accusation des anciens ministres Abdoulaye Diouf Sarr et Moussa Bocar Thiam connaît un coup d’arrêt inattendu. Annoncée avec précision, l’examen des projets de résolution devait marquer une étape importante vers une éventuelle saisine de la Haute Cour de justice. Mais contre toute attente, le calendrier a été suspendu, sans explication officielle, plongeant le dossier dans l’incertitude.
La semaine dernière, le quotidien Les Échos révélait que les textes visant les deux anciens membres du gouvernement seraient examinés en plénière le 23 février. L’annonce avait été confirmée publiquement avant-hier à l’Assemblée nationale. À l’issue de l’examen du projet de loi 03/2026 relatif aux activités de sécurité privée, la présidente de séance, Mbene Faye, avait clairement fixé le cap. Clôturant les travaux, elle avait proposé la reprise des activités parlementaires le lundi 23 février 2026 à 11 heures pour l’examen des projets de résolution de mise en accusation visant Abdoulaye Diouf Sarr et Moussa Bocar Thiam. Une déclaration sans ambiguïté, qui laissait présager une séquence politique particulièrement attendue.
Mais hier, la mécanique parlementaire s’est grippée. Les membres de la Commission des lois, convoqués pour étudier les dossiers avant leur passage en plénière, se sont présentés à l’Assemblée nationale persuadés que la réunion débuterait à 15 heures. Selon Les Échos, ce n’est qu’une fois installés que le président de la Commission des lois, de la Décentralisation, du Travail et des Droits humains, Abdoulaye Tall, a annoncé le report de la séance. Aucune justification n’a été avancée pour expliquer cette décision.
Ce report inattendu alimente de nombreuses spéculations. S’agit-il d’un simple renvoi technique lié à des éléments de procédure ? Les dossiers seraient-ils jugés incomplets ou nécessiteraient-ils des ajustements juridiques supplémentaires ? Des négociations politiques seraient-elles en cours en coulisses ? À ce stade, aucune communication officielle ne permet de trancher.
Plus troublant encore, aucune nouvelle date n’a été communiquée aux membres de la commission. Cette absence de visibilité nourrit les interrogations quant au maintien de la plénière du 23 février. Sans examen préalable en commission, la tenue de la séance pourrait s’avérer compromise. À moins qu’une nouvelle convocation ne soit rapidement adressée aux députés, le calendrier parlementaire risque de connaître un nouveau glissement.
Le dossier revêt une importance institutionnelle majeure. Les projets de résolution visent à engager une procédure devant la Haute Cour de justice, seule juridiction habilitée à juger les anciens ministres pour des faits commis dans l’exercice de leurs fonctions. Une telle démarche dépasse le simple cadre politique : elle touche aux équilibres institutionnels et à la responsabilité pénale des membres du gouvernement.
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