Un nouveau rebondissement dans l’affaire Serigne Issa Touré. Le guide religieux, disparu depuis le 3 juin dernier, a été retrouvé mort la semaine dernière dans un silo à Bambilor. Une fin tragique et entourée de zones d’ombre, d’autant plus que le corps de la victime avait été inhumé avant que l’enquête n’ait pu livrer toutes ses conclusions. Sur ordre du procureur de la République près le tribunal de grande instance de Rufisque, une exhumation a été ordonnée pour la réalisation d’une contre-autopsie.
Selon Le Quotidien, une première expertise médicale a été menée à l’hôpital Idrissa Pouye de Grand-Yoff. Toutefois, face aux interrogations persistantes sur les causes du décès, une contre-expertise est désormais prévue à l’hôpital Principal de Dakar. La police scientifique et la Section de recherches poursuivent leurs investigations, en explorant les lieux fréquentés par le défunt pour tenter de faire toute la lumière sur cette affaire.
La levée du corps, initialement prévue ce mardi, a été reportée jusqu’à nouvel ordre, au grand désarroi de la famille. Plongée dans la douleur, cette dernière espérait pouvoir organiser les funérailles dans le village natal de Serigne Issa Touré, à Kelle. Ce report ajoute à l’épreuve émotionnelle déjà lourde des proches, qui vivent difficilement cette attente interminable.
Aucune conclusion officielle de la première autopsie n’a encore été rendue publique, entretenant le flou sur les circonstances de la mort. Des proches du guide religieux, cités par la presse, rejettent catégoriquement la thèse du suicide, et appellent à une enquête transparente, rigoureuse et impartiale.
Pour rappel, Serigne Issa Touré faisait l’objet de recherches par la police pour des accusations graves, notamment de détournement de mineurs, d’actes contre nature et de viols sur ses disciples. Ces allégations avaient suscité un vif émoi au sein de l’opinion, tandis que les fidèles du marabout dénonçaient un “acharnement injustifié”.