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Nigeria : Libération de 12 jeunes femmes enlevées une semaine plus tôt dans l’État de Borno
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par
Diack
Une semaine après leur enlèvement par des jihadistes présumés, douze jeunes femmes ont recouvré la liberté samedi soir dans l’État de Borno, au nord-est du Nigeria. L’annonce a été faite par Abubakar Mazhinyi, président du gouvernement local d’Askira-Uba, qui a confirmé que les otages avaient été immédiatement transférées à l’hôpital pour des examens médicaux.
Cette libération survient dans un contexte où le Nigeria fait face à une recrudescence alarmante d’enlèvements de masse depuis la mi-novembre. Cette pratique, désormais courante dans plusieurs régions du pays, rappelle le traumatisme du kidnapping de près de 300 lycéennes de Chibok en 2014 par Boko Haram, un épisode devenu un symbole mondial de l’insécurité dans le nord-est.
Selon Abubakar Mazhinyi, les ravisseurs ont eux-mêmes contacté les familles pour qu’elles viennent récupérer les jeunes femmes dans la brousse. Les négociations se seraient déroulées sans versement de rançon. D’après l’élu, les jihadistes auraient décidé de libérer les captives parce qu’ils étaient en fuite face à une offensive militaire lancée dans la zone. Les douze rescapées font partie d’un groupe de treize femmes et filles, âgées de 16 à 23 ans, kidnappées le 22 novembre alors qu’elles se trouvaient près de leurs fermes. L’une d’elles avait été libérée dès le début après avoir signalé à ses ravisseurs qu’elle allaitait un nourrisson.
L’État de Borno, berceau du conflit déclenché il y a seize ans par Boko Haram, demeure l’une des régions les plus instables du Nigeria. Malgré le recul de l’organisation par rapport à son apogée il y a une décennie, le groupe reste actif, tout comme son rival, l’État islamique en Afrique de l’Ouest (ISWAP). L’insurrection jihadiste a déjà causé plus de 40 000 morts et déplacé plus de deux millions de personnes, selon les Nations unies.
Au-delà de ce nouvel épisode, le Nigeria est depuis deux semaines frappé par une vague d’enlèvements d’une ampleur inquiétante. Dans l’État de Niger, plus de 300 élèves et enseignants d’une école catholique de Papiri ont été capturés. À Kebbi, 25 lycéennes musulmanes ont été enlevées dans un internat à Maga, tandis que 38 fidèles d’une église à Eruku et 10 habitants d’Ispa, dans l’État de Kwara, ont également disparu. À ce jour, environ 265 élèves de Papiri restent introuvables.
Ces enlèvements, non revendiqués, ne sont pas tous imputables aux groupes jihadistes. Le pays est également confronté à la violence croissante de gangs armés surnommés « bandits », qui opèrent principalement dans les zones rurales. Ces groupes pillent les villages, terrorisent les populations et procèdent à des enlèvements en échange de rançons, plongeant des communautés entières dans un climat d’insécurité permanente.
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