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ONU : Macky Sall séduit Trump et plaide pour une « nouvelle grandeur » des Nations unies

À quelques mois de l’élection du prochain secrétaire général des Nations unies, Macky Sall multiplie les initiatives diplomatiques afin de consolider sa candidature à la succession d’António Guterres. Dans un entretien accordé au média conservateur américain Breitbart News, l’ancien président sénégalais affiche clairement sa volonté de se rapprocher de l’administration de Donald Trump et défend une profonde réforme des Nations unies, résumée par le slogan « Make the United Nations Great Again » (MUNGA), directement inspiré du célèbre mot d’ordre du président américain.

Le choix de Breitbart News, média influent de la droite conservatrice américaine, n’est pas anodin. Considéré comme l’une des principales plateformes médiatiques soutenant Donald Trump et ses partisans, ce média constitue un canal privilégié pour s’adresser à l’électorat conservateur américain ainsi qu’aux responsables politiques proches de la Maison-Blanche.

À travers cet entretien, Macky Sall cherche manifestement à rassurer Washington sur sa vision des Nations unies. Alors que la désignation du prochain secrétaire général nécessite l’absence de veto des cinq membres permanents du Conseil de sécurité – les États-Unis, la Russie, la Chine, la France et le Royaume-Uni – l’ancien chef de l’État sénégalais entend convaincre la première puissance mondiale qu’il peut devenir un partenaire fiable pour mener les réformes réclamées depuis plusieurs années.

S’adressant directement à Donald Trump, Macky Sall a salué son action diplomatique et son engagement en faveur de la paix. Il a qualifié le président américain de « bâtisseur de paix », estimant que les États-Unis demeurent un acteur incontournable de la stabilité internationale. Selon lui, l’ONU et Washington ont besoin l’un de l’autre et doivent travailler ensemble à une réforme profonde de l’organisation.

L’ancien président sénégalais estime que son expérience politique, tant à la tête du Sénégal qu’au sein de l’Union africaine, lui permettrait de jouer un rôle de médiateur entre les grandes puissances. Il affirme être capable de favoriser le dialogue entre les États-Unis, la Chine, la Russie, l’Europe et l’Afrique afin de redonner de l’efficacité à une institution qu’il juge aujourd’hui trop lourde et insuffisamment réactive.

Au cœur de son projet figure une réforme administrative et budgétaire de grande ampleur. Macky Sall dénonce l’accumulation de milliers de mandats au sein des Nations unies depuis la création de l’organisation, sans véritable évaluation de leur pertinence ou de leur efficacité. Selon lui, plusieurs agences accomplissent des missions similaires, ce qui entraîne des doublons, des dépenses excessives et une perte d’efficacité.

Il préconise ainsi une rationalisation des structures, une meilleure coordination entre les agences et une gestion plus rigoureuse des ressources financières. L’ancien président considère également que certains postes pourraient être transférés vers des villes où le coût de la vie est moins élevé, comme Nairobi ou Bangkok, afin de réduire les dépenses de fonctionnement.

L’utilisation de l’intelligence artificielle figure également parmi ses propositions. Macky Sall estime que les nouvelles technologies pourraient permettre d’optimiser les activités administratives et d’améliorer la gestion de l’organisation, tout en réduisant certains coûts.

Les opérations de maintien de la paix constituent un autre axe majeur de ses critiques. Fort de son expérience africaine, il considère que certaines missions onusiennes ont montré leurs limites et n’ont pas toujours produit les résultats attendus malgré des budgets importants. Il plaide pour une réorientation des interventions vers la prévention des conflits et le renforcement de la diplomatie préventive.

Selon lui, l’ONU devrait intervenir davantage en amont des crises afin d’éviter l’escalade des violences plutôt que de déployer des opérations coûteuses une fois les conflits installés. Cette approche permettrait, selon Macky Sall, de réduire les dépenses tout en améliorant l’efficacité des interventions internationales.

Sur les questions sécuritaires, l’ancien président sénégalais adopte également une position ferme. Il estime que la lutte contre le terrorisme doit devenir une priorité absolue des Nations unies, notamment en Afrique et au Moyen-Orient. À ses yeux, l’organisation internationale doit jouer un rôle central dans la coordination des efforts des États afin de combattre les groupes extrémistes et prévenir l’expansion des conflits.

La question migratoire occupe également une place importante dans son discours. Macky Sall considère que l’immigration irrégulière ne peut être combattue uniquement par des mesures de contrôle aux frontières. Il estime que les causes profondes des migrations, notamment l’insécurité, le terrorisme, le chômage et l’absence de perspectives économiques, doivent être traitées prioritairement.

Il plaide ainsi pour une politique internationale favorisant la transformation locale des ressources naturelles africaines, la création d’emplois et le développement économique afin d’offrir des perspectives aux jeunes populations et de limiter les départs clandestins vers l’Europe ou l’Amérique du Nord.

Tout au long de son entretien, Macky Sall insiste sur la nécessité de préserver le rôle des États-Unis au sein des Nations unies. Il estime que Washington doit continuer à exercer son leadership au sein de l’organisation et que les préoccupations américaines doivent être prises en compte dans le processus de réforme.

En se positionnant ainsi sur des thèmes tels que la réduction des dépenses publiques, la rationalisation administrative, la lutte contre l’immigration irrégulière, la sécurité internationale et le renforcement du leadership américain, l’ancien président sénégalais cherche clairement à convaincre les responsables américains qu’il peut devenir un partenaire privilégié de Washington à la tête des Nations unies.


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