Le commissariat d’arrondissement des Parcelles-Assainies a déféré, ce mardi 19 mai 2026, le commerçant M. T. Sèye au parquet de Dakar pour détournement de fonds. L’homme est accusé d’avoir orchestré un faux cambriolage de son propre magasin afin de masquer la disparition de l’argent d’une tontine qu’il gérait au profit de plusieurs femmes du quartier.
Selon des informations recueillies auprès de sources proches du dossier, l’affaire trouve son origine dans une tontine mise en place par le commerçant, domicilié à l’Unité 11 des Parcelles-Assainies. Au fil des mois, plusieurs adhérentes, principalement des femmes, lui avaient confié leurs cotisations dans un climat de confiance. La somme totale collectée s’élevait à 1 521 000 francs CFA et devait être redistribuée à l’approche de la Tabaski 2026, une période cruciale pour de nombreuses familles confrontées à d’importantes dépenses.
Mais le 4 mai dernier, le gérant informe brusquement les membres de la tontine qu’il a été victime d’un cambriolage durant la nuit. Il affirme alors que des individus inconnus se sont introduits dans son magasin et ont emporté l’intégralité de la caisse contenant les fonds des cotisantes. Sur place, tout semblait confirmer sa version des faits : des cadenas brisés gisaient au sol tandis que le rideau de fer du commerce était partiellement soulevé, donnant l’apparence d’une effraction soigneusement mise en scène.
Malgré ce décor troublant, plusieurs victimes ont rapidement exprimé des doutes face aux circonstances du prétendu vol. Soupçonnant une manipulation, elles se sont organisées en collectif avant de déposer une plainte auprès du commissariat des Parcelles-Assainies afin que toute la lumière soit faite sur la disparition de leur argent.
Les investigations menées par les policiers ont alors permis de relever de nombreuses incohérences dans les déclarations du commerçant. Convoqué pour audition, M. T. Sèye a d’abord tenté de maintenir sa version des faits, répétant que son magasin avait été ciblé par des malfaiteurs. Mais sous les questions insistantes des enquêteurs et face aux contradictions relevées dans son récit, il a fini par passer aux aveux.
Le commerçant a reconnu avoir lui-même brisé les cadenas de sa boutique et forcé le rideau métallique dans le but de faire croire à un cambriolage. Il a également admis avoir utilisé à des fins personnelles l’intégralité des fonds appartenant aux membres de la tontine.
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