Politique
Réforme du Code électoral : Thierno Alassane Sall dénonce une loi « sur mesure » et relance le débat sur l’affaire Sweet Beauty
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par
Diack
Lors de son intervention à l’Assemblée nationale, le député Thierno Alassane Sall a livré un réquisitoire particulièrement sévère contre la proposition de modification du Code électoral portée par la majorité. Le leader de La République des Valeurs n’a pas mâché ses mots, accusant le pouvoir de vouloir adapter la loi aux intérêts d’un seul homme, en l’occurrence le Premier ministre Ousmane Sonko.
Dans un discours offensif, le parlementaire a dénoncé ce qu’il considère comme une dérive grave du processus législatif. Selon lui, la réforme en cours ne répond à aucune exigence démocratique globale mais vise plutôt à contourner des décisions judiciaires récentes. Il pointe notamment le caractère rétroactif du texte, qu’il juge dangereux pour l’équilibre institutionnel. À ses yeux, une telle démarche fragilise l’État de droit en installant une confusion inédite entre les prérogatives du Président de la République et celles du chef du gouvernement.
Thierno Alassane Sall a également insisté sur les risques politiques d’une telle réforme, évoquant une précipitation suspecte et une volonté manifeste de forcer le calendrier. Il estime que cette situation crée un précédent inquiétant, où les règles du jeu démocratique pourraient être modifiées en fonction des circonstances et des intérêts du moment.
Mais au-delà de la question électorale, le député a élargi son propos en appelant à une remise à plat de la loi d’amnistie. Il plaide pour son abrogation afin de permettre, selon lui, l’émergence de la vérité dans des dossiers sensibles, notamment l’affaire dite Sweet Beauty. Évoquant l’existence supposée de faits nouveaux, ainsi que des soupçons de transactions financières destinées à acheter le silence de certains protagonistes, il demande la réouverture immédiate de ce dossier.
Pour Thierno Alassane Sall, il s’agit d’un impératif moral et démocratique. Il affirme que les Sénégalais ont le droit de connaître toute la vérité, surtout lorsqu’il s’agit d’un responsable politique appelé à exercer les plus hautes fonctions de l’État. Il insiste sur la ضرورة de transparence et de justice, estimant que toute zone d’ombre doit être levée pour préserver la crédibilité des institutions.
En conclusion de son intervention, le député a interpellé directement le ministre de la Justice ainsi que le Procureur de la République. Il les a exhortés à se saisir des éléments qu’il dit avoir portés à leur attention, notamment en ce qui concerne des mouvements de fonds qu’il juge suspects. Dans un ton accusateur, il a dénoncé une majorité qu’il estime prête à « écraser la logique et le droit » pour parvenir à ses fins.
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