Le refus du préfet de Dakar d’autoriser le rassemblement du mouvement Niakhtou National, prévu ce samedi au terrain de Sacré-Cœur 3, continue de susciter des réactions dans la société civile. Parmi elles, celle de Babacar Ba, président du Forum du Justiciable, qui a vivement dénoncé une décision qu’il qualifie d’“entrave grave” au droit constitutionnel de manifester.
Dans une déclaration rendue publique ce vendredi, Babacar Ba a exprimé sa profonde inquiétude face à ce qu’il considère comme un recul inquiétant des libertés publiques. « M. le préfet, demander la délocalisation d’une manifestation à moins de 24 heures, est une entrave grave au droit constitutionnel de manifester, voire même une tentative de sabotage administratif », a-t-il fustigé, estimant que le pouvoir administratif a agi de manière précipitée et arbitraire.
Pour le juriste, le droit de manifestation est un pilier fondamental de toute démocratie, consacré par la Constitution sénégalaise et protégé par les instruments juridiques internationaux auxquels le Sénégal a souscrit. Il rappelle que les autorités ont l’obligation non seulement de garantir l’exercice de ce droit, mais aussi d’encadrer les manifestations dans un esprit d’équilibre entre liberté publique et ordre public.
« Le droit à la manifestation est un droit consacré par la charte fondamentale du pays. Ce qui se passe aujourd’hui constitue une atteinte manifeste à une liberté publique garantie par la Constitution », a poursuivi Babacar Ba, qui appelle le gouvernement à faire preuve de plus de discernement dans la gestion des autorisations de rassemblements.
Le président du Forum du Justiciable invite également les autorités à “respecter scrupuleusement le cadre légal encadrant les rassemblements pacifiques”, rappelant que les restrictions ne peuvent être justifiées que par des motifs clairement établis de sécurité ou de trouble à l’ordre public, et non par des considérations politiques.
Ce nouvel épisode autour de la marche du collectif Niakhtou National met en lumière les tensions persistantes entre les acteurs de la société civile et l’administration préfectorale de Dakar. Alors que les organisateurs maintiennent leur volonté de tenir leur rassemblement malgré l’interdiction, la position du préfet — qui invoque des risques de troubles à l’ordre public et de perturbations de la circulation — continue d’alimenter un débat national sur la portée réelle du droit de manifester au Sénégal.
En savoir plus sur LE DAKAROIS
Subscribe to get the latest posts sent to your email.