À la suite du remaniement ministériel du 6 septembre dernier, la Primature connaît une profonde réorganisation marquée par le décret n°2025-1431. Ce texte, signé par le chef de l’État, redéfinit la structuration des services du Premier ministre Ousmane Sonko et introduit de nouvelles instances stratégiques.
Parmi les principales innovations figure la création d’un Conseil national des Transports aériens, désormais logé au sein même du cabinet du Premier ministre. Annoncée pour la première fois le 3 avril lors d’une réunion interministérielle sur l’Aéroport international Blaise Diagne (AIBD) et la compagnie Air Sénégal, cette nouvelle structure a pour mission d’assurer la surveillance et l’impulsion de la gouvernance administrative, économique et financière du secteur aérien. Elle rassemblera l’ensemble des acteurs jugés pertinents pour renforcer la compétitivité et la stabilité du domaine.
Autre nouveauté : la mise en place d’un Comité interministériel de suivi de l’agenda Sénégal 2050. Placé également sous l’autorité directe du Premier ministre, il aura pour rôle d’accompagner et d’harmoniser la mise en œuvre de cette stratégie nationale à long terme, considérée comme un des chantiers prioritaires du gouvernement.
Dans le prolongement de ces réformes, la nomination de Marie Rose Khady Fatou Faye comme secrétaire d’État auprès du Premier ministre chargé des relations avec les institutions et porte-parole du gouvernement a entraîné la création d’un cabinet spécifique à cette fonction. S’y ajoute une direction en relation avec les institutions au sein du Secrétariat général du Gouvernement, destinée à fluidifier le dialogue institutionnel.
Le décret réserve aussi son lot de surprises. L’École nationale d’administration (ENA), qui avait été placée sous la tutelle de la Primature depuis 2022, disparaît de son organigramme. En revanche, la Haute autorité du Waqf, jusqu’ici rattachée au ministère des Finances et du Budget, est désormais logée dans le périmètre du Premier ministre.
Ces mouvements traduisent une volonté affichée de rationaliser les missions des différentes entités, tout en concentrant davantage d’outils stratégiques au niveau du cabinet du chef du gouvernement.
À travers ces réformes, Ousmane Sonko confirme son ambition de transformer la Primature en un véritable centre névralgique de pilotage et de coordination gouvernementale. Le renforcement du contrôle sur les secteurs clés – transport aérien, planification stratégique, relations institutionnelles et gestion du Waqf – illustre une approche qui se veut plus centralisée et mieux structurée.