Les militants du parti Rewmi n’ont pas tardé à réagir aux déclarations du Directeur général de la Caisse des dépôts et consignations (CDC), Fadilou Keïta. Pour la jeunesse du parti, regroupée autour d’Aly Nguer et des membres du Secrétariat national, les propos du responsable de la CDC traduisent une méconnaissance du passé politique récent et une volonté manifeste de réécrire l’histoire institutionnelle du pays.
D’emblée, les jeunes de Rewmi rappellent que le rapport de l’Inspection générale d’État (IGE) sur la gestion du Conseil économique, social et environnemental (CESE) avait été officiellement approuvé par l’ancien président Macky Sall. Selon eux, ce document mettait en cause aussi bien Aminata Touré qu’Idrissa Seck. Ils estiment donc infondé le discours de Fadilou Keïta, qui, à leurs yeux, semble ignorer ces conclusions ou choisir volontairement de les minimiser. En soulignant ce point, les militants entendent démontrer que l’actuel DG de la CDC ne tire aucune leçon des épisodes politiques passés.
Les responsables de la jeunesse de Rewmi établissent par ailleurs un parallèle entre la situation actuelle d’Ousmane Sonko et les polémiques liées aux rapports administratifs. Pour eux, les difficultés judiciaires du leader de Pastef trouvent leur origine dans un rapport similaire, preuve que ces documents ont, selon eux, une portée politique déterminante. Ils invitent ainsi Fadilou Keïta à faire preuve de plus de recul et à s’éloigner de ce qu’ils qualifient de « politique faite à l’ombre d’un mentor ».
Sur la question d’un éventuel rapport incriminant Idrissa Seck, les jeunes militants réfutent catégoriquement cette hypothèse. Ils rappellent que le passage du président de Rewmi à la tête du CESE avait été unanimement salué. Ils accusent Fadilou Keïta et ses soutiens de manipuler les faits, arguant qu’aucun document, aujourd’hui comme demain, ne pourrait remettre en cause la gestion d’Idrissa Seck au sein de l’institution. « Vous faites partie de ceux qui, lorsqu’ils ne peuvent pas changer les faits, tentent de changer les mots », lâchent-ils avec fermeté.
Dans leur communiqué, les jeunes du parti n’hésitent pas à évoquer l’historique judiciaire de certaines personnalités politiques pour soutenir leur argumentation. Ils rappellent notamment que l’homme politique Thierno Bocoum, surnommé « Mara », avait affronté l’État et passé sept mois et sept jours en prison avant d’être totalement blanchi. Un parcours qu’ils opposent à celui d’Ousmane Sonko, condamné pour diffamation, puis pour corruption de la jeunesse, des décisions judiciaires qu’ils soulignent pour illustrer, selon eux, la différence de posture entre les deux trajectoires.
Enfin, c’est sur le terrain politique que les militants de Rewmi adressent leur dernière charge à l’endroit de Fadilou Keïta. Ils l’accusent d’être en panne d’inspiration et d’avoir repris, plus de vingt ans après, le concept du « plan Grappes de convergence » imaginé par Idrissa Seck. Pour eux, ce « plagiat » démontre l’avance intellectuelle et stratégique du leader de Rewmi. Ils affirment que si Fadilou Keïta manque encore de repères, il peut toujours se référer au « Pacte » d’Idrissa Seck, rappelant que ce dernier n’est ni son leader, ni celui de Mimi Touré.