La crise qui secoue actuellement Pastef-Les Patriotes continue de révéler au grand jour des divergences profondes entre les différentes sensibilités du parti au pouvoir. Dans une longue déclaration publiée sur sa page Facebook, Aldiouma Sow, membre du Bureau politique national (BPN) de Pastef, a pris position en faveur du président de la République, Bassirou Diomaye Faye, tout en adressant de vives critiques à ceux qui contestent la ligne adoptée par le chef de l’État depuis sa rupture politique avec son ancien mentor et Premier ministre, Ousmane Sonko.
Dans son texte, Aldiouma Sow s’est particulièrement attaché à défendre les cadres et responsables du parti qui ont répondu favorablement à l’invitation du président de la République pour participer aux concertations politiques initiées par ce dernier. Selon lui, cette démarche ne relève ni d’une stratégie de circonstance ni d’un calcul politique, mais s’inscrit dans une conviction profondément ancrée chez Bassirou Diomaye Faye.
L’auteur de la déclaration rappelle que le dialogue constitue, selon lui, un principe fondamental de l’action politique du chef de l’État. Il cite notamment l’initiative du dialogue national lancée en mai 2025, estimant que le président a toujours privilégié l’échange et la concertation, même lorsqu’aucune obligation institutionnelle ou politique ne l’y contraignait. À ses yeux, cette attitude témoigne d’une volonté sincère de construire des consensus au-delà des clivages partisans.
Aldiouma Sow profite également de sa sortie pour répondre à une controverse qui alimente depuis plusieurs jours le débat politique sénégalais. Il rejette catégoriquement l’existence d’un quelconque accord secret qui aurait été conclu entre Bassirou Diomaye Faye et d’autres acteurs politiques lors de sa détention à la prison du Cap Manuel avant l’élection présidentielle de 2024.
Cette prise de position intervient au lendemain des déclarations d’Ousmane Sonko, qui a publiquement évoqué l’existence d’un pacte entre lui-même et l’actuel chef de l’État. En réaction, Aldiouma Sow affirme sans ambiguïté que Bassirou Diomaye Faye n’a jamais conclu d’accord secret durant sa période d’incarcération. Il suggère en revanche que d’autres personnalités politiques auraient, dans ce même contexte, pris l’engagement de remettre le pouvoir à Ousmane Sonko en cas de victoire à une élection présidentielle.
Au-delà de cette polémique, le membre du Bureau politique national de Pastef s’attaque à ce qu’il qualifie de « messianisme destructeur », une tendance qui, selon lui, menace progressivement la cohésion et l’avenir du parti. Sans citer directement de noms, il critique une logique politique qui aurait favorisé certains alliés ou nouveaux venus au détriment des militants et cadres historiques du mouvement.
Pour illustrer son propos, il revient sur les investitures des élections législatives de 2022 ainsi que sur les élections locales de la même année. Selon lui, plusieurs responsables ayant participé à la construction du parti auraient été marginalisés au profit de personnalités récemment intégrées à la coalition. Une méthode qu’il considère comme une erreur politique majeure et dont les conséquences risqueraient de se reproduire lors des prochaines échéances électorales.
Aldiouma Sow met ainsi en garde contre la reconduction de ce qu’il présente comme un modèle de gestion fondé sur la personnalisation excessive du pouvoir politique. Il appelle les responsables locaux et coordonnateurs du parti à s’opposer à cette orientation afin de préserver la place des militants de base et des cadres historiques dans les futures instances de décision.
Dans la même dynamique, il apporte son soutien aux ministres et responsables qui ont choisi de demeurer au sein de l’exécutif malgré les critiques et les pressions internes. Selon lui, leur engagement demeure fidèle aux idéaux qui ont porté Pastef au pouvoir. Il estime que leur exclusion éventuelle des structures partisanes ou des espaces de communication du parti ne saurait remettre en cause leur appartenance au projet politique porté à l’origine par le mouvement.
En conclusion, Aldiouma Sow lance un appel à l’ensemble des cadres, députés et responsables qui hésitent encore sur la posture à adopter dans le contexte actuel. Il les invite à prendre leurs distances avec ce qu’il décrit comme une dérive dangereuse pour l’avenir de Pastef et à rejoindre la dynamique incarnée par le président Bassirou Diomaye Faye.