Dakar – Le député-maire des Agnam, Farba Ngom, demeure en détention provisoire depuis le 27 février 2025, dans le cadre d’une affaire de corruption et de détournement de deniers publics estimés à 125 milliards FCFA. La gravité des accusations a mis en lumière les tensions entre le Parlement et l’exécutif, mais également les procédures judiciaires entourant la protection des élus.
Le 16 février prochain, l’Assemblée nationale sera appelée à se prononcer en séance plénière sur la levée de l’immunité parlementaire de Farba Ngom dans une deuxième affaire, dans laquelle le ministre de la Justice, Yacine Fall, l’accuse d’avoir fait introduire dans sa cellule des téléphones portables contenant, entre autres, des contenus pornographiques. Cette initiative pourrait ouvrir la voie à de nouvelles poursuites judiciaires contre le député-maire.
Pour Me Moussa Bocar Thiam, l’un des avocats de Farba Ngom, les procédures engagées contre son client sont illégales. Dans une interview accordée au quotidien L’Observateur, il a exprimé son indignation face à ce qu’il décrit comme une instrumentalisation du Parlement : « Nous déplorons désespérément l’image de députés à la solde de l’exécutif pour assassiner un collègue parlementaire », a-t-il affirmé.
L’avocat a insisté sur le fait que la perquisition ayant conduit à la découverte des téléphones portables n’a pas respecté les exigences légales. Selon Me Thiam, une perquisition doit être réalisée en présence des avocats et avec le consentement de l’inculpé. À défaut, un mandat de perquisition doit être délivré par le juge compétent. Or, aucun mandat n’aurait été signé par le juge Idrissa Diarra, en charge du dossier, selon l’avocat. Il estime que son client « a été kidnappé et placé en garde à vue pour des auditions portant sur le contenu de ses conversations téléphoniques ».
Me Thiam a également menacé de poursuivre Yacine Fall pour dénonciation calomnieuse, estimant que le ministre a manifesté une « inculture juridique » en tenant des propos contraires au principe fondamental de séparation des pouvoirs.