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Sénégal : la controverse autour des « diaspora bonds »

L’État du Sénégal s’apprête à lancer ses « diaspora bonds », un instrument financier destiné à capter l’épargne des Sénégalais établis à l’étranger. Présentée comme une innovation pour diversifier les sources de financement, l’initiative soulève déjà des critiques, notamment de la part de l’économiste et ancien ministre de la Jeunesse, Pape Malick Ndour.

Coordinateur national de la Convergence des Cadres Républicains (CCR), Ndour estime que ce mécanisme place la diaspora dans une position vulnérable, l’exposant à des risques qui devraient être assumés par l’État.

« Le risque de change, jadis hypothétique pour l’État, s’est transformé en une réalité tangible et supportée directement par les populations prêteuses », avertit-il, dénonçant une démarche « profondément irresponsable ».

Selon lui, le gouvernement fait des Sénégalais de l’extérieur un « bouclier contre les fluctuations de change », alors même que les marchés financiers internationaux demeurent marqués par l’incertitude et la volatilité.

L’économiste reconnaît que certaines évolutions monétaires pourraient, en théorie, jouer en faveur des prêteurs. Mais il insiste sur le fait que « le peuple n’est pas suffisamment outillé pour être un acteur sur le marché des changes », un espace réservé aux institutions spécialisées.

« Il ne doit jamais servir de bouclier face à ces variations », martèle-t-il, en appelant à des solutions plus « responsables » pour protéger la diaspora et mieux gérer l’exposition de l’État au risque de change.

Pour Pape Malick Ndour, la voie la plus viable consisterait à émettre les obligations en monnaie locale, et non en devises étrangères.

« Diaspora Bond oui, mais à condition que le prêt soit libellé dans la monnaie de résidence du prêteur. Ce qui n’est guère une innovation puisqu’à l’état actuel, la diaspora, bien organisée et informée, peut tout aussi souscrire directement aux Eurobonds. Et ici, le problème restera entier : l’État devra encore faire face aux risques de change », conclut-il.


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