La recomposition du paysage politique au sommet de l’État continue de produire ses effets. Quelques heures seulement après la publication de la liste du nouveau gouvernement, le professeur Sidy Alpha Ndiaye a annoncé sa démission de ses fonctions de ministre-directeur de cabinet adjoint du président de la République et de coordonnateur du Pôle juridique de la présidence.
Dans une déclaration rendue publique mardi, l’universitaire a expliqué avoir officiellement remis sa démission le 2 juin 2026, mettant ainsi un terme à son engagement au sein de l’appareil présidentiel. Une décision qu’il présente comme le résultat d’une réflexion politique et éthique liée à la nouvelle configuration du pouvoir et à la place désormais occupée par son parti, PASTEF, dans la conduite des affaires de l’État.
Figure reconnue du monde universitaire et membre du MONCAP/PASTEF, Sidy Alpha Ndiaye rappelle qu’il avait accepté d’intégrer les sphères de décision de l’État afin d’accompagner la mise en œuvre des réformes institutionnelles et juridiques portées par le projet politique défendu par son camp. Selon lui, cet engagement s’inscrivait dans une logique de transformation profonde des institutions et de concrétisation des aspirations exprimées par les électeurs lors des dernières échéances électorales.
Toutefois, l’ancien responsable de la présidence estime que la nouvelle architecture gouvernementale marque une rupture avec cet esprit initial. Dans son texte, il soutient que le principe d’une majorité politique largement choisie par les citoyens mais ne disposant pas pleinement des leviers de l’action gouvernementale est difficilement compatible avec les fondements de la démocratie représentative.
Pour Sidy Alpha Ndiaye, la situation actuelle traduit une perte d’influence de PASTEF dans l’exercice effectif du pouvoir. Il considère que son parti ne se trouve plus dans une position lui permettant d’assumer pleinement les responsabilités exécutives correspondant au mandat reçu des électeurs. Évoquant une présence réduite à des responsabilités individuelles plutôt qu’à une véritable participation collective à la gouvernance, il estime que cette évolution remet en question les principes politiques qui avaient motivé son engagement.
Face à ce qu’il décrit comme un décalage entre ses convictions et la réalité institutionnelle actuelle, le professeur de droit affirme avoir choisi la voie de la cohérence. Dans sa déclaration, il souligne que sa fidélité à ses valeurs personnelles et à sa conception de l’engagement politique l’a conduit à renoncer à ses fonctions au sein de la présidence.
Cette démission intervient dans un contexte marqué par des tensions croissantes autour de la composition du nouveau gouvernement et des relations entre les différentes composantes de la majorité issue des élections. Elle constitue l’un des premiers actes politiques majeurs consécutifs à la formation de la nouvelle équipe gouvernementale et pourrait alimenter davantage le débat sur la place de PASTEF dans l’exercice du pouvoir.
En conclusion de son message, Sidy Alpha Ndiaye a invoqué une formule qui résume, selon lui, le sens de sa démarche : « La vertu politique est un renoncement à soi-même », une citation qui traduit la dimension morale qu’il entend donner à son départ des hautes fonctions de l’État.