Les propos tenus par Biram Soulèye Diop, ministre sénégalais des Mines, lors de l’Université d’été organisée ce samedi par le parti Pastef à l’Université Gaston Berger de Saint-Louis, continuent de susciter une vive polémique. Face à ses déclarations jugées incendiaires, la réaction de la militante politique Ndeye Sow Leila ne s’est pas fait attendre. Dans un texte publié dans la foulée, elle condamne fermement ce qu’elle qualifie de « dérive verbale grave » venant d’un haut responsable de l’État.
En s’adressant à des étudiants militants, le ministre, également responsable au sein de Pastef, a enjoint ses partisans à répondre coup pour coup à toute critique contre leur leader. « Celui qui insulte Ousmane Sonko, insultez-le aussi. La réplique est légale et autorisée. Si quelqu’un insulte le président de la République, insultez-le également », a-t-il lancé devant une assemblée acquise, déclenchant une salve d’applaudissements.
Ces propos ont choqué plus d’un, notamment Ndeye Sow Leila, coordonnatrice de la plateforme Front de Résistance contre les dérives du régime de Diomaye. Dans une déclaration très critique, elle a fustigé un discours qu’elle juge indigne du rang d’un ministre de la République. « Tenez-vous bien : en pleine université, haut lieu du savoir et du débat républicain, le ministre Birame Soulèye Diop a tenu des propos inacceptables. Il a exhorté des étudiants à insulter quiconque critique Ousmane Sonko », a-t-elle dénoncé.
Pour la militante, cet appel à la « violence verbale » est une insulte au rôle régalien d’un membre du gouvernement, dont la mission devrait être de rassembler et non de diviser. « Monsieur le Ministre, votre rôle n’est pas d’attiser la haine ni de défendre un homme, mais de servir la Nation dans son ensemble », a-t-elle écrit avec gravité. Elle rappelle que l’UGB n’est pas un terrain de propagande politique, mais un espace de débat, de respect et de tolérance, et accuse le ministre d’avoir « piétiné » ces valeurs fondamentales.
Dans le même souffle, Ndeye Sow Leila n’a pas manqué de critiquer le manque de compassion du ministre face aux urgences sociales. Évoquant la situation dramatique à Tambacounda où des populations sont sinistrées à la suite d’inondations meurtrières, elle interpelle : « Pendant que vous donnez des leçons de loyauté aveugle, les populations de Tambacounda, elles, pataugent dans les eaux. Il y a eu des morts. Où est votre sens des priorités ? Où est votre dignité de ministre ? »
Allant plus loin, elle estime qu’un tel comportement aurait dû entraîner des sanctions immédiates. « Dans un État normal, le président de la République vous aurait déjà limogé », martèle-t-elle.
En conclusion, elle lance un appel à la responsabilité et au respect des institutions. « Le Sénégal mérite mieux. Les étudiants méritent mieux. Le peuple attend des solutions, pas des slogans partisans », affirme-t-elle avec fermeté, réaffirmant son attachement à des valeurs républicaines face à ce qu’elle considère comme une dérive inacceptable au sommet de l’État.