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Supporters sénégalais détenus au Maroc : un procès sans cesse renvoyé, une attente qui vire à l’épreuve humaine

Le temps judiciaire semble s’être figé pour les supporters sénégalais arrêtés au Maroc à la suite de la finale de la Coupe d’Afrique des nations (CAN). Depuis plusieurs semaines, leur situation reste inchangée, marquée par des renvois successifs de leur procès devant le tribunal de Rabat. Selon le journal Libération, l’audience a été reportée pour la troisième fois consécutive, prolongeant un calvaire que leurs proches et leurs soutiens qualifient désormais de véritable « prise d’otages judiciaire ».

La dernière audience, initialement prévue cette semaine, n’a finalement pas eu lieu. En cause, la grève des avocats marocains, officiellement avancée pour justifier ce nouveau report. Les prévenus devront désormais attendre jusqu’au 4 février prochain pour être à nouveau présentés devant la juridiction marocaine. Une échéance lointaine pour des hommes toujours privés de liberté, sans perspective claire sur l’issue de la procédure.

Arrêtés dans la foulée de la finale de la CAN, les supporters sénégalais sont poursuivis pour hooliganisme et pour des faits présumés de violences à l’encontre des forces de l’ordre. Des accusations qu’ils rejettent catégoriquement. La défense, citée par Libération, estime que ces charges ne reposent sur aucun fondement solide et dénonce une lecture partiale des événements survenus ce soir-là.

Plusieurs éléments visuels, largement relayés dans l’espace public, viennent en effet fragiliser la version de l’accusation. Des images montrent notamment l’un des mis en cause être frappé par un citoyen marocain, lequel se serait ensuite saisi d’une chaise pour le rouer de coups. Ces séquences, selon les avocats, jettent un doute sérieux sur la responsabilité réelle des supporters sénégalais et alimentent les soupçons d’un traitement déséquilibré du dossier.

Au-delà des chefs d’inculpation contestés, un autre point cristallise les tensions : l’absence de décision sur la demande de liberté provisoire sous garantie. Toujours selon Libération, le tribunal de Rabat n’a, à ce stade, rendu aucune décision formelle concernant cette requête introduite par la défense. Un silence judiciaire qui accentue le sentiment d’injustice ressenti par les détenus et leurs familles.

Les supporters sénégalais ont par ailleurs été interpellés en même temps qu’un ressortissant français, initialement présenté — à tort — comme un citoyen algérien. Cette confusion sur l’identité d’un des mis en cause est brandie par les avocats comme un symbole des nombreuses zones d’ombre qui entourent cette procédure judiciaire à rallonge.

Au Sénégal, l’affaire est suivie avec une inquiétude croissante. Pour de nombreux observateurs, ce dossier dépasse désormais le strict cadre judiciaire pour prendre une dimension diplomatique et humaine. Il pose la question du respect des droits de ressortissants sénégalais à l’étranger et de la protection consulaire qui doit leur être garantie.


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