Société
Tabagisme au Sénégal : plus d’un jeune sur deux commence à fumer avant 20 ans, les autorités alertent sur les cigarettes électroniques
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par
Diack
Le Sénégal fait face à une situation préoccupante en matière de consommation de tabac chez les jeunes. Les résultats de l’Enquête mondiale sur le tabagisme chez les adultes (GATS 2023), rendus publics ce lundi, mettent en évidence une initiation de plus en plus précoce au tabagisme, ainsi qu’une progression inquiétante de l’usage des cigarettes électroniques chez les mineurs.
Réalisée dans le cadre d’un partenariat entre le Programme national de lutte contre le tabac et l’Association nationale des imams et oulémas du Sénégal (ANIOS), cette enquête révèle que 58 % des jeunes fumeurs ont commencé à consommer du tabac avant l’âge de 20 ans. Plus alarmant encore, certains enfants s’initient au tabac dès l’âge de 7 ans, un phénomène qui interpelle les autorités sanitaires sur l’ampleur du défi à relever.
Présentant les conclusions de l’étude, le coordinateur du Programme national de lutte contre le tabac, le docteur Omar Ba, a souligné que cette précocité de l’initiation constitue une menace majeure pour la santé publique. Selon lui, les données recueillies montrent que les enfants et les adolescents restent fortement exposés à la fumée du tabac dans de nombreux espaces publics, favorisant ainsi la banalisation de cette consommation.
L’enquête attire également l’attention sur l’essor des cigarettes électroniques auprès des plus jeunes. Ces dispositifs, souvent conçus avec une apparence rappelant des stylos, des feutres ou d’autres objets du quotidien, sont spécialement élaborés pour séduire un public adolescent. Les spécialistes mettent en garde contre leur caractère particulièrement addictif en raison de leur forte concentration en nicotine.
Le docteur Omar Ba a également révélé que certaines cigarettes électroniques analysées contiennent des substances dérivées du cannabis. Il a averti que ces produits, déjà responsables d’une forte dépendance à la nicotine, exposent également les enfants à d’autres substances psychoactives, aggravant ainsi les risques sanitaires et comportementaux.
Face à cette évolution jugée préoccupante, les experts plaident pour un renforcement rapide du cadre juridique encadrant la lutte contre le tabagisme. Le professeur Abdou Aziz Kassé a indiqué qu’un projet de loi destiné à moderniser la législation est actuellement sur la table du secrétaire général du gouvernement. Le texte devrait prochainement être examiné en Conseil des ministres avant d’être soumis à l’Assemblée nationale.
Les autorités espèrent que cette réforme permettra de mieux réglementer la commercialisation des nouveaux produits du tabac, de renforcer la protection des mineurs et d’accroître les sanctions contre les infractions liées à leur vente et à leur promotion.
La lutte contre le tabagisme mobilise également les autorités religieuses. Le président de l’Association nationale des imams et oulémas du Sénégal, El Oumar Diène, a annoncé l’engagement de son organisation à accompagner les efforts de sensibilisation. Il a assuré que les imams diffuseront des messages de prévention lors des prêches et des sermons afin de sensibiliser les fidèles, notamment les jeunes et les familles, aux dangers du tabac et des cigarettes électroniques.
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