Pool judiciaire financier : l’audition des frères de Farba Ngom reportée au 19 mai

L’audition très attendue d’Ismaïla et Birane Ngom, frères de Farba Ngom, a été reportée au 19 mai 2025. Initialement prévu ce mercredi 7 mai, le face-à-face avec les juges du pool judiciaire financier n’aura pas lieu à la date annoncée, le report ayant été sollicité par les avocats des deux mis en cause.

Ce report intervient dans le cadre d’une enquête ouverte à la suite d’un signalement de la Cellule nationale de traitement des informations financières (Centif), qui pointe des opérations financières suspectes. Les deux frères sont ainsi convoqués dans une affaire sensible qui continue de susciter une attention soutenue, notamment en raison de leur lien familial avec Farba Ngom, figure proche de l’ancien président Macky Sall.

Les enquêteurs du pool judiciaire financier cherchent à faire la lumière sur une série de mouvements de fonds présumés illicites, alors que les ramifications de l’affaire semblent toucher plusieurs personnalités du régime précédent. Le rendez-vous du 19 mai sera donc crucial pour la suite des investigations.

Fumée noire au Vatican : pas de pape après le premier jour du conclave

Le suspense reste entier au Vatican. Mercredi soir, une fumée noire s’est échappée de la cheminée de la chapelle Sixtine, signalant l’absence d’élection d’un nouveau pape à l’issue du premier scrutin du conclave. Les 133 cardinaux électeurs, réunis à huis clos pour élire le successeur du pape François, n’ont pas encore trouvé le consensus requis pour désigner le prochain chef de l’Église catholique.

Il était peu probable que ce premier tour débouche sur une élection. Cette étape initiale permet surtout de mesurer les rapports de force entre les différents courants représentés. Pour être élu, un cardinal doit obtenir une majorité des deux tiers, soit au moins 89 voix. Les prélats se réuniront donc de nouveau jeudi pour poursuivre le processus, avec deux scrutins prévus le matin, et deux autres l’après-midi.

Le conclave a été lancé mercredi après-midi dans un climat solennel, respectant un rituel codifié suivi par plus de 1,4 milliard de catholiques à travers le monde. Vêtus de rouge et de blanc, les cardinaux se sont d’abord rassemblés pour une prière commune dans la chapelle Pauline, avant de se diriger en procession vers la chapelle Sixtine. Là, chacun a prêté serment sur l’Évangile, jurant en latin de respecter le secret absolu du conclave sous peine d’excommunication. Le cérémonial s’est conclu sur l’injonction « Extra omnes ! », lançant l’isolement total des participants. À 17h45, les portes se sont refermées, plongeant les « princes de l’Église » dans un isolement numérique et physique complet, sans téléphone ni contact extérieur.

Les regards du monde entier sont désormais braqués sur la cheminée installée sur le toit de la chapelle Sixtine. Chaque session se clôt par une fumée : noire en cas d’échec, blanche lorsqu’un nouveau pape est élu. Ce rendez-vous historique attire un intérêt considérable, avec 5 000 journalistes accrédités, des millions d’euros de paris en ligne sur les « papabili » et même le succès d’un film récent intitulé Conclave.

La place Saint-Pierre était encore bondée mercredi soir malgré la tombée de la nuit et plusieurs heures d’attente. Des fidèles et curieux sont restés, espérant voir surgir la fameuse fumée blanche. Parmi eux, Gabriella Sanz Balsells, une Argentine de 48 ans, confiait son émotion à l’AFP : « Ce serait merveilleux de voir la fumée, peu importe si elle n’est pas blanche ! »

À quelques pas, des militantes catholiques manifestaient pacifiquement, brandissant des fumigènes roses pour demander l’ordination des femmes. Pendant ce temps, la sécurité autour du Vatican a été renforcée, avec un accès limité à la place et des fouilles systématiques des sacs.

Ce conclave est particulièrement ouvert. Plusieurs noms figurent parmi les favoris : l’Italien Pietro Parolin, le Maltais Mario Grech, le Français Jean-Marc Aveline, le Philippin Luis Antonio Tagle ou encore Pierbattista Pizzaballa. Mais la configuration inédite de ce conclave complique les pronostics. Le pape François ayant nommé plus de 80 % des électeurs, des profils venus des « périphéries » de l’Église, souvent porteurs d’une vision plus pastorale, pourraient émerger.

Selon François Mabille, directeur de l’Observatoire géopolitique du religieux, ce conclave reflète une tension entre d’un côté, ceux qui souhaitent réaffirmer la doctrine, et de l’autre, des cardinaux plus enclins à accompagner les fidèles dans leur quotidien. Il souligne aussi que les clivages géopolitiques ne sont pas absents : certaines Églises du Sud nourriraient une certaine défiance à l’égard de l’Occident, tandis que la situation internationale pourrait favoriser un candidat doté d’une solide expérience diplomatique.

Les 12 congrégations générales tenues avant le conclave ont permis aux cardinaux d’échanger sur les défis de l’Église et de dessiner le profil idéal du futur pontife. Mais le nom de celui qui apparaîtra vêtu de blanc au balcon de la basilique Saint-Pierre reste pour l’heure un mystère. Le monde entier attend désormais la prochaine volute de fumée.

Affaire Amadou Sall : Waly Seck et le fils d’Amadou Bâ visés par une demande d’inculpation du parquet financier

Le parquet financier adjoint a franchi un nouveau cap dans l’affaire tentaculaire autour d’Amadou Sall, fils de l’ancien président Macky Sall. Selon des informations exclusives rapportées par Walf Quotidien, un réquisitoire supplétif a été transmis à un juge d’instruction pour demander l’inculpation et le placement sous mandat de dépôt de plusieurs personnalités. Parmi elles figurent le chanteur Waly Seck, Ibrahima Bâ, fils de l’ancien Premier ministre Amadou Bâ, l’ancien ministre Samuel Sarr, ainsi que Mamadou Sy, Saliou Sylla, Babacar Niang et Cheikh Tidiane Seck, chauffeur personnel d’Amadou Bâ.

Ces individus sont visés pour des faits présumés d’association de malfaiteurs en groupe criminel organisé et de blanchiment de capitaux, également en bande organisée. Le parquet soupçonne qu’ils ont participé à un vaste réseau de transactions financières illicites, tel que mis en évidence par un rapport complémentaire de la Cellule nationale de traitement des informations financières (Centif) remis fin mars au Pool judiciaire financier.

Ce rapport fait suite à un précédent document ayant déjà conduit à l’arrestation de figures politiques et économiques influentes comme Farba Ngom et Tahirou Sarr. Il met au jour des opérations suspectes évaluées à plus de 125 milliards de francs CFA, impliquant plusieurs entités juridiques, sociétés-écrans, comptes bancaires et placements immobiliers.

Parmi les cas les plus médiatisés, celui de Waly Seck retient particulièrement l’attention. Le chanteur est soupçonné d’avoir reçu des transferts de fonds d’origine douteuse, sans qu’un lien économique clair ait pu être établi. De son côté, Mamadou Sy aurait également bénéficié de virements similaires, qui l’exposent aux mêmes chefs d’accusation.

Samuel Sarr, ancien ministre sous le régime de Me Abdoulaye Wade, est cité pour son rôle présumé dans plusieurs opérations de blanchiment. Il serait notamment impliqué dans une transaction suspecte portant sur un chèque de 200 millions de francs CFA.

Quant à Ibrahima Bâ, son implication se dessine à travers la société SCI-CTS, créée avec Amadou Sall. Officiellement gérée par Cheikh Tidiane Seck, le chauffeur de son père, cette entreprise immobilière est considérée comme une façade. Ibrahima Bâ y détiendrait 30 % des parts, financés grâce à la vente d’un terrain situé à Ouakam en 2012, pour un montant de 400 millions de francs CFA, à un certain Francisco Dlmir Nhaga.

Autre personnage clé, Saliou Sylla est présenté comme le gestionnaire de l’entreprise Ets Saliou Sylla. Il est accusé d’avoir effectué des retraits de chèques pour un total de 5,6 milliards de francs CFA, sans qu’aucune justification économique n’ait été apportée.

Alors que tous ces éléments alimentent une procédure judiciaire de plus en plus dense, l’homme au centre du dossier, Amadou Sall, ne s’est pas présenté à sa convocation du mercredi au Pool judiciaire financier. Il est actuellement localisé aux États-Unis, selon le journal Source A.

Le parquet financier, qui souhaite frapper fort, a également demandé la saisie conservatoire des biens des mis en cause. Cette mesure vise à sécuriser les avoirs dans l’attente d’une éventuelle décision judiciaire définitive. L’instruction judiciaire qui s’ouvre s’annonce longue, complexe et explosive, tant les ramifications de cette affaire touchent des personnalités issues des milieux politiques, artistiques et économiques de premier plan.

Recrutement d’enseignants : 53 nouveaux instituteurs affectés à l’IEF de Kédougou

Dans le cadre du recrutement spécial de 2 000 enseignants lancé par le ministère de l’Éducation nationale, l’Inspection de l’éducation et de la formation (IEF) de Kédougou va accueillir 53 nouvelles recrues, dont 49 instituteurs et quatre maîtres d’arabe. L’annonce a été faite ce mercredi, lors d’une cérémonie officielle de remise d’ordres de service.

L’Inspecteur d’académie de Kédougou, Mouhamadou Bamba Mbaye, a expliqué que son service avait anticipé les besoins en personnel, ce qui a permis une répartition rapide et ciblée dès l’obtention du quota. « Nous avons anticipé sur les ordres de service parce que nous savions exactement là où le besoin se faisait sentir. Lorsqu’on nous a donné le quota, on n’a fait que remplir avec les noms des nouvelles recrues », a-t-il précisé.

Devant les nouveaux enseignants, l’inspecteur a insisté sur l’importance de ces documents administratifs. « C’est votre premier ordre de service, un document que vous devez garder toute votre carrière. Il vous sera demandé à chaque étape importante, notamment pour le Certificat d’aptitude professionnelle (CAP) », a-t-il averti.

Autre mesure importante, les nouvelles recrues ont signé une fiche d’engagement à servir pendant dix ans dans l’enseignement public, dont au moins cinq années dans la région de Kédougou. Une manière, selon l’inspection académique, de stabiliser les effectifs dans une zone souvent confrontée à des départs récurrents d’enseignants.

UEMOA : Miser sur l’investissement productif pour transformer l’économie régionale

Abdoulaye Diop, président de la Commission de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), a présenté ce mercredi le nouveau guide « Investir dans l’UEMOA » lors d’un webinaire. Cette initiative vise à promouvoir les opportunités économiques de la région auprès des investisseurs et à accélérer sa transformation structurelle à travers des investissements productifs.

Dans son allocution, Abdoulaye Diop a dressé un diagnostic clair des défis auxquels l’espace communautaire est confronté. Il a évoqué une faible industrialisation, un chômage élevé des jeunes, une forte exposition aux chocs exogènes, ainsi que des tensions sécuritaires et climatiques de plus en plus marquées. Face à cette situation, il estime que la quête d’investissements durables et inclusifs n’est plus une option mais un impératif stratégique pour les pays membres de l’Union.

Le guide « Investir dans l’UEMOA » se veut un outil pratique. Il offre une cartographie des secteurs prioritaires, tels que l’agro-industrie, les infrastructures, les énergies renouvelables, les technologies de l’information et de la communication ou encore la santé. Il fournit également des informations sur les incitations fiscales, les réformes en cours et les cadres réglementaires des huit pays membres, avec l’ambition de renforcer la transparence et d’améliorer la lisibilité de l’environnement économique régional.

Ce guide s’inscrit dans le cadre des ambitions portées par les documents stratégiques de l’Union, notamment le Plan stratégique « IMPACT 2025 » et la Vision 2040, qui visent à faire de l’UEMOA une zone intégrée, émergente et résiliente.

Le président de la Commission a rappelé que l’UEMOA dispose de nombreux atouts. Elle bénéficie d’un marché commun de plus de 144 millions de consommateurs, d’une position géographique stratégique entre la CEDEAO et la ZLECAf, et d’un dynamisme économique notable, avec une croissance annuelle moyenne d’environ 6 % au cours des cinq dernières années. Même en 2020, en pleine crise sanitaire mondiale, la région a enregistré une croissance positive de 1,4 %, quand la moyenne mondiale était négative.

Le potentiel agricole est lui aussi considérable. Sur les 42,5 millions d’hectares de terres arables, seulement 4 % sont cultivés de manière régulière. Pourtant, l’UEMOA figure déjà parmi les grands producteurs mondiaux, notamment en cacao, en anacarde, en mil et en hévéa. Le secteur extractif n’est pas en reste, avec des ressources stratégiques comme l’or, le fer, l’uranium et le zircon, sans compter les récentes découvertes de gisements de pétrole et de gaz, notamment en Côte d’Ivoire et au Sénégal.

Des associations féminines unissent leurs forces pour lutter contre les violences basées sur le genre

Face à l’ampleur des violences basées sur le genre (VBG) au Sénégal, plusieurs associations féminines ont décidé de renforcer leur combat en unissant leurs forces. Parmi elles, l’Association des juristes sénégalaises (AJS), le collectif Dafadoy (ça suffit) et l’association féministe JGen ont formé une coalition pour intensifier la sensibilisation et le plaidoyer contre les violences faites aux femmes.

Le but de cette collaboration est de mettre en place des méthodes innovantes pour renforcer l’impact des actions de sensibilisation et de plaidoyer. Selon Aminata Fall Niang, présidente de l’AJS, « notre objectif, c’est de réunir nos forces pour pouvoir travailler davantage sur des méthodes innovantes et efficaces pour renforcer le plaidoyer contre la violence faite aux femmes ». Cette union vise à maximiser les ressources et à amplifier le message à travers des initiatives communes et une approche concertée.

Les violences basées sur le genre restent une problématique majeure au Sénégal. Selon les dernières données de l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD), près de 15 % des femmes au Sénégal sont victimes de violences ou ont été confrontées à des violences au moins une fois dans leur vie. Ces chiffres soulignent l’urgence d’une action collective pour prévenir et lutter contre ces abus.

Lors d’un atelier de plaidoyer et de renforcement de capacités sur les violences sexuelles au Sénégal, Aminata Fall Niang a mis l’accent sur la multiplicité des causes des violences basées sur le genre, tout en soulignant le rôle crucial des associations dans la sensibilisation et l’éducation des communautés. Ces organisations plaident également pour la vulgarisation des lois existantes et pour l’application stricte de mesures répressives contre les auteurs de violences. Elles militent pour une meilleure protection des victimes et une prise en charge adéquate.

Les actions de ces associations se concentrent sur la formation de la population, l’information sur les droits des femmes, et la promotion de l’égalité des genres. Leur engagement se veut une réponse à une réalité alarmante où les femmes continuent de faire face à des violences physiques, psychologiques, et sexuelles dans de nombreuses sphères de la société.

À travers cette coalition, les associations féminines espèrent mobiliser les acteurs de la société — y compris les autorités, les leaders communautaires, et la société civile — pour mettre fin à ce fléau et garantir des conditions de vie plus sûres pour les femmes au Sénégal.

Recrutement d’enseignants : Matam obtient un quota de 216 instituteurs et professeurs

La région de Matam, située dans le nord du Sénégal, a récemment bénéficié d’une aide précieuse pour son système éducatif avec l’affectation de 216 enseignants, dans le cadre du recrutement spécial de 2 000 enseignants autorisé par l’État. Cette mesure vise à renforcer le personnel éducatif et à améliorer la qualité de l’enseignement dans les établissements scolaires de la région.

L’Inspecteur d’académie de Matam, Mamoudou Oumar Guèye, a détaillé la répartition de ce quota, précisant que 174 enseignants sont affectés aux niveaux préscolaire et élémentaire, tandis que les autres postes sont répartis entre le moyen et le secondaire. Le secteur primaire bénéficie de 8 enseignants spécialisés en langue française, 9 pour les classes moyennes, et 33 pour le secondaire. Cette répartition vise à répondre à un besoin crucial dans l’ensemble des niveaux scolaires.

Selon l’Inspecteur, Matam connaît chaque année des départs massifs d’enseignants pour diverses raisons, ce qui met à rude épreuve le système éducatif local. En conséquence, certains enseignants se retrouvent à assumer des charges de travail considérables, devant gérer plusieurs classes simultanément pour que les élèves puissent poursuivre leur apprentissage. Pour pallier ces difficultés, l’Etat a opté pour une approche de « discrimination positive », afin de renforcer le nombre d’enseignants dans cette région.

L’arrivée de ces 216 enseignants représente un véritable soulagement pour les acteurs du secteur éducatif à Matam, qui espèrent que cette initiative contribuera à améliorer l’accessibilité et la qualité de l’enseignement. La mesure répond à un besoin urgent d’une répartition plus équitable des ressources humaines dans l’éducation, notamment dans les zones périphériques où les conditions de travail sont souvent plus difficiles.

Cette initiative s’inscrit dans le cadre de l’engagement de l’État à améliorer le système éducatif dans toutes les régions du Sénégal, en mettant l’accent sur les zones rurales et périurbaines comme Matam. En augmentant le nombre d’enseignants dans la région, l’objectif est de réduire la surcharge des classes, de réduire le taux d’abandon scolaire, et de favoriser une meilleure réussite des élèves.

Le recrutement de 2 000 enseignants constitue une étape importante dans la stratégie du gouvernement pour répondre aux besoins croissants du système éducatif et assurer une éducation de qualité pour tous les enfants sénégalais.

Dialogue politique du 28 mai : Zahra Iyane Thiam dénonce une démarche « non inclusive » du Président Diomaye Faye

Le 28 mai marque le début du dialogue politique tant attendu au Sénégal, mais avant même que les discussions n’aient commencé, des voix s’élèvent contre la manière dont il est organisé. Zahra Iyane Thiam, ancienne ministre de la Microfinance et membre du mouvement « La Nouvelle Responsabilité », a exprimé de vives critiques concernant l’initiative du Président Bassirou Diomaye Faye. Intervenant sur les ondes de la RFM, elle a dénoncé ce qu’elle considère comme une démarche « unilatérale » de la part du Chef de l’État, qui, selon elle, manque d’inclusivité.

Zahra Iyane Thiam a souligné que l’appel à ce dialogue politique ne répond pas aux attentes de nombreux Sénégalais. Selon elle, des thématiques déjà largement discutées dans le passé, telles que celles qui seront abordées pendant ces consultations, ne répondent pas aux priorités actuelles du pays. « Aujourd’hui, appeler à un dialogue politique sur des thématiques qui ont été discutées et rediscutées, je pense n’est pas la priorité pour notre pays surtout présentement », a-t-elle déclaré. Pour elle, un tel dialogue ne présente « aucune plus-value » et n’apporte rien de nouveau.

Bien que favorable au principe du dialogue, Zahra Iyane Thiam a exprimé de fortes réserves sur la manière dont celui-ci est structuré. Elle a insisté sur l’importance d’un cadre plus large et inclusif, un dialogue qui dépasse les simples questions politiques pour inclure également les enjeux sociaux et économiques du pays. Selon elle, la démarche actuelle semble trop concentrée sur des questions politiques, sans tenir compte de la diversité des préoccupations nationales.

L’ancienne ministre n’a pas mâché ses mots lorsqu’elle a abordé les modalités de ce dialogue. Elle a déploré que le Président Diomaye Faye ait choisi seul la date, la durée, ainsi que les thématiques du dialogue, sans consultation préalable des partis politiques ou des autres parties prenantes. « Il a choisi sa date tout seul, il a choisi la durée du dialogue tout seul, il a choisi les thématiques tout seul », a-t-elle affirmé. Pour Zahra Iyane Thiam, un dialogue fécond et véritablement utile nécessiterait une plus grande ouverture et une consultation véritablement inclusive.

Dans son discours du 3 avril, le Président Bassirou Diomaye Faye a désigné le Dr Cheikh Guèye comme facilitateur du dialogue national. Ce dernier sera chargé de coordonner les discussions, qui se concentreront sur le thème général du « système politique ». Cependant, cette désignation ne semble pas avoir apaisé les préoccupations soulevées par Zahra Iyane Thiam et d’autres acteurs politiques qui s’inquiètent du caractère unilatéral du processus.

Au-delà de ses critiques sur la structure du dialogue, Zahra Iyane Thiam a appelé à un dialogue plus transparent, impliquant non seulement les partis politiques mais aussi les acteurs de la société civile, les syndicats, et d’autres groupes concernés. Elle a insisté sur la nécessité de créer un cadre constructif où les différentes parties prenantes auraient une réelle influence sur les décisions à prendre pour le pays.

À moins que les autorités ne prennent en compte les appels à plus d’inclusivité et de diversité dans les discussions, le dialogue prévu pour se dérouler du 28 mai au 4 juin 2025 pourrait risquer de ne pas répondre aux attentes de nombreuses forces vives du pays. Pour que ce dialogue ait une véritable plus-value et qu’il contribue au progrès du Sénégal, il semble impératif qu’il soit réajusté pour refléter les préoccupations de toute la société et pas seulement d’un cercle restreint.

Autoroute Ila Touba : Les travailleurs dénoncent une situation « injuste » après leur intégration à la SEGEA SA

Les travailleurs de l’autoroute Ila Touba, récemment intégrés à la Société d’Exploitation et de Gestion des Autoroutes (SEGEA SA), vivent actuellement une crise sociale qui secoue cette infrastructure stratégique du Sénégal. Accusant des pratiques injustes de la part de leur employeur, les agents ont exprimé leurs frustrations dans une déclaration publique, exigeant une résolution urgente de leurs revendications.

Lors de leur transfert de Tara Concession à la SEGEA SA, les travailleurs pensaient qu’une régularisation de leur situation serait de mise. Cependant, ils se retrouvent aujourd’hui dans un dilemme cruel : soit ils acceptent de recevoir leurs indemnités de fin de contrat (IFC) pour les années passées sous les sociétés d’intérim, soit ils renoncent à ces indemnités au profit d’une reconnaissance de leur ancienneté au sein de la SEGEA SA.

Selon les travailleurs, cette offre est un choix inacceptable. En effet, leur ancienneté sur l’autoroute, accumulée pendant des années sous des contrats intérimaires, n’est pas reconnue de manière équitable dans les nouvelles fiches de paie. Pour eux, c’est un déni de leur travail acharné, effectué sans interruption, sur le même site et dans les mêmes fonctions.

L’un des principaux points de tension réside dans la situation juridique de leurs anciens contrats. Ces derniers n’ont pas été officiellement validés, et plusieurs contentieux sont en cours auprès des inspections du travail de Thiès et Diourbel. Tant que ces contrats ne sont pas régularisés, les travailleurs ne peuvent pas faire valoir leurs droits en termes d’ancienneté, de retraite, ou de primes.

Cette situation expose les travailleurs à une précarité juridique qui rend difficile toute avancée concrète. Ils dénoncent un manque de reconnaissance pour des années de service continu qui ont permis à l’infrastructure autoroutière de fonctionner normalement.

Les agents dénoncent également un manque de protection sociale, qui découle de l’absence de régularisation de leur statut. En plus de l’insécurité financière qu’ils traversent, certains soulignent la précarité de leurs conditions de travail, accentuée par l’absence de réelles garanties sur leurs droits à long terme.

« Nous avons travaillé avec acharnement et dévouement pendant des années. Aujourd’hui, on nous propose un choix injuste : accepter une indemnité qui ne reflète pas l’ampleur de notre travail ou renoncer à des droits légitimes que nous avons accumulés pendant ces années », ont déclaré les porte-parole des travailleurs lors de la conférence de presse.

Dans un contexte où plusieurs tentatives de résolution du conflit par les voies administratives ont échoué, les travailleurs ont décidé de prendre la parole publiquement pour faire entendre leur voix. Voici leurs principales revendications :

  1. Reconnaissance totale de l’ancienneté, y compris les années passées sous contrat intérimaire.
  2. Paiement des indemnités de fin de contrat (IFC) sans aucune condition préalable.
  3. Régularisation juridique des anciens contrats pour permettre la reconnaissance complète de leurs droits sociaux.
  4. Mise à jour des bulletins de paie pour refléter la réalité de leur parcours professionnel.
  5. Ouverture d’un dialogue constructif avec le ministère de la Tutelle pour aboutir à une solution juste et équitable.

Si cette crise n’est pas résolue dans les plus brefs délais, elle pourrait affecter la gestion de l’autoroute Ila Touba, un axe vital pour le transport au Sénégal. Les travailleurs, qui assurent le bon fonctionnement de cette infrastructure, redoutent que le climat social tendu ne compromette la qualité du service et la sécurité de cette route nationale.

Les autorités compétentes, notamment le ministère des Infrastructures et la SEGEA SA, devront prendre des mesures rapides pour éviter une aggravation de la situation. Le dialogue social doit être rétabli, et des actions concrètes mises en place pour répondre aux préoccupations légitimes des travailleurs.

Affaire du lotissement BOA : Farba Ngom de nouveau auditionné par la Section de recherches

Déjà inculpé dans le cadre de l’affaire Centif, Farba Ngom, député-maire des Agnam, fait face à de nouvelles complications judiciaires. Le mardi 6 mai 2025, il a été extrait de sa cellule pour la deuxième fois en moins d’une semaine, cette fois dans le cadre de l’affaire du lotissement BOA.

Selon Libération, cette longue audition menée par la Section de recherches de Colobane ne portait pas sur les flux financiers douteux liés à la Centif, mais sur des irrégularités foncières présumées. Il s’agit d’une enquête portant sur les conditions opaques de cession de terrains dans le lotissement BOA à des Sociétés civiles immobilières (SCI) soupçonnées d’être contrôlées par Farba Ngom lui-même.

L’affaire, désormais pilotée par le parquet financier sous la supervision du parquet général, semble s’élargir : pas moins de douze SCI sont dans le viseur des enquêteurs. Elles auraient bénéficié de lots dans des conditions jugées anormales, soulevant de sérieuses interrogations sur la régularité des transactions.

Après l’interrogatoire, Farba Ngom a regagné sa cellule, mais les investigations se poursuivent. Cette nouvelle audition marque un tournant dans l’enquête, qui pourrait impliquer d’autres personnalités du monde politique ou de l’immobilier dans un scandale foncier aux ramifications encore floues.

Insultes contre Macky Sall : le procureur ordonne l’arrestation d’Azoura Fall

Le militant politique Azoura Fall, connu pour sa proximité avec le parti Pastef, est dans le viseur de la justice sénégalaise après avoir violemment insulté l’ancien président Macky Sall dans une vidéo devenue virale sur les réseaux sociaux. Face à la gravité des propos tenus, le procureur de la République, Ibrahima Ndoye, s’est autosaisi du dossier.

Selon des informations publiées par Libération, le chef du parquet a saisi la Division spéciale de cybercriminalité (DSC) pour procéder à l’arrestation et à l’audition d’Azoura Fall. Il devrait être entendu sous le régime de la garde à vue, dans le cadre d’une enquête ouverte pour offense publique à l’encontre d’un ancien chef d’État et diffusion de propos injurieux sur internet.

Les services de police ont entamé des recherches actives dès ce lundi pour localiser l’activiste. D’après les dernières informations recueillies, Azoura Fall a été localisé à Kaolack, dans le centre du pays. La police locale a été mobilisée pour appuyer la DSC dans ses opérations de localisation et d’arrestation.

Dans le même temps, les autorités ont émis une opposition aux frontières à l’encontre d’Azoura Fall afin d’éviter toute tentative de fuite du territoire national. L’enquête se poursuit pour établir l’ampleur des faits et leur éventuelle dimension pénale.

Sénégal : Google appliquera une TVA de 18 % sur ses services numériques à partir du 1er juin 2025

Dès le 1er juin 2025, Google appliquera une taxe sur la valeur ajoutée (TVA) de 18 % sur tous les services numériques qu’il fournit aux utilisateurs situés au Sénégal. L’annonce, relayée par le média financier Sikafinance, marque un tournant majeur dans la stratégie fiscale sénégalaise en matière d’économie numérique.

Cette mesure concerne tous les utilisateurs professionnels ayant recours aux services de la firme américaine, tels que Google Ads, Google Cloud ou d’autres services payants. Pour se conformer à cette nouvelle obligation, les entreprises sénégalaises devront désormais renseigner leurs informations fiscales locales, notamment leur NINEA ou leur numéro de registre de commerce, afin que Google puisse générer des factures en bonne et due forme.

Cette décision s’inscrit dans le cadre d’un dispositif fiscal mis en place par l’État sénégalais depuis juillet 2024, visant à taxer à hauteur de 18 % les activités numériques réalisées sur son territoire. Ce système, inspiré des réformes fiscales adoptées par plusieurs pays africains et européens, a déjà rapporté un milliard de francs CFA au Trésor public sénégalais au cours des cinq premiers mois d’application.

Selon l’administration fiscale, cette TVA s’applique à toutes les prestations de services numériques, c’est-à-dire à la fourniture de biens ou services immatériels opérés de manière automatisée via un réseau informatique ou électronique. Elle concerne notamment la publicité en ligne, les abonnements numériques, les services de streaming, de cloud, ou encore les plateformes d’applications mobiles.

Les entreprises étrangères qui proposent ces prestations numériques sans être établies physiquement au Sénégal, mais qui desservent des clients sénégalais, sont désormais tenues de collecter et de reverser la TVA applicable à l’administration fiscale sénégalaise. Cela inclut également les commissions perçues par des intermédiaires étrangers dans le cadre de transactions numériques réalisées dans le pays.

Cette mesure illustre la volonté du gouvernement sénégalais de capter une part de la valeur générée par l’économie numérique sur son sol, tout en renforçant la souveraineté fiscale de l’État face aux géants technologiques.

Amadou Ba dans le viseur de la justice : 141 milliards de FCFA de DAT évaporés sans passer par le Trésor public

C’est une affaire aux contours financiers complexes, mais dont l’ampleur ne laisse aucun doute : 141,087 milliards de francs CFA issus de Dépôts à terme (DAT) ont été « cassés » sans jamais être reversés au Trésor public. Ce chiffre, révélé par la Cour des comptes dans son rapport couvrant la période 2019-2024, secoue les plus hautes sphères de l’administration financière sénégalaise. L’affaire est désormais sur la table du ministre de la Justice, Ousmane Diagne, qui devra décider des suites judiciaires à donner à ce dossier aux implications explosives.

Au cœur des accusations se trouve Amadou Ba, ancien ministre de l’Économie, des Finances et du Plan, et candidat malheureux à la présidentielle de 2024. Selon un référé adressé au Garde des Sceaux par le Premier président de la Cour des comptes, Mamadou Faye, plusieurs pratiques financières qualifiées d’opaques ont été mises à jour. Il s’agit, selon les enquêteurs, de retraits anticipés de Dépôts à terme initialement ouverts par l’État, puis liquidés en dehors de tout circuit budgétaire, sans que les montants concernés ne soient restitués aux caisses publiques. Une pratique jugée non seulement irrégulière, mais également pénalement répréhensible au regard du droit financier.

Ces DAT, assimilables à des comptes d’épargne bloqués pour une durée déterminée, ont été ouverts à la demande de ministres ou de secrétaires d’État en charge des Finances. Cependant, leur liquidation anticipée aurait été ordonnée sans justification formelle ni traçabilité comptable. L’une des pièces au dossier est une lettre signée par Amadou Ba le 30 juin 2016, instruisant le placement de 4,1 milliards de francs CFA à un taux de 3,5 %, sans précision sur l’objet de l’opération. Selon les archives de la BRM (Banque Régionale des Marchés), ces fonds auraient ensuite été utilisés pour rembourser l’escompte d’un billet à ordre en mai 2017. Une destination jugée aussi floue que suspecte.

Autre exemple cité : un DAT de 6,5 milliards de francs CFA, consécutif à un protocole entre l’État, la Sonatel et la BRM, ordonné cette fois par le biais d’une lettre signée le 3 juin 2015 par Cheikh Tidiane Diop, alors secrétaire général du ministère des Finances. Dans les deux cas, aucune preuve de reversement au Trésor n’a été retrouvée, ni même de validation formelle par les organes habilités.

Le dossier ne met pas seulement en cause Amadou Ba. Il s’étend à toute une chaîne de responsabilités administratives, incluant Cheikh Tidiane Diop, plusieurs anciens trésoriers généraux, ainsi que d’ex-responsables du ministère de l’Économie et des Finances. L’enquête devra éclaircir le rôle précis de chacun dans ce qui ressemble à un vaste contournement des règles de gestion des fonds publics. Il s’agira notamment d’identifier clairement le trésorier général en poste à l’époque des faits, un maillon essentiel dans la chaîne de la responsabilité comptable.

Sur le plan juridique, les textes sont clairs. L’article 125 du décret n°2011-1880 portant règlement général sur la comptabilité publique stipule que seuls les comptables publics sont habilités à manier les deniers de l’État. En ordonnant directement ces opérations, les ministres mis en cause se seraient rendus coupables d’une violation manifeste des lois de finances et des principes de transparence budgétaire.

Dans ses conclusions, la Cour des comptes rappelle un principe fondamental : « la qualité de deniers publics ne se perd jamais, sauf lorsqu’ils sont utilisés pour éteindre une dette publique légale. » En l’occurrence, aucun document ou justificatif n’a pu prouver une telle utilisation. Les fonds se sont tout simplement évaporés, échappant à toute traçabilité, au mépris des règles de bonne gouvernance financière.

L’affaire est entre les mains du ministère de la Justice. La suite dépendra de la volonté politique du régime actuel de faire toute la lumière sur un dossier qui pourrait ébranler une partie de l’ancien système. Le peuple sénégalais attend désormais que la justice fasse son travail.

Hôpital Régional de Ziguinchor : bloc opératoire à l’arrêt, administration paralysée, les syndicats tirent la sonnette d’alarme

La situation à l’Hôpital Régional de Ziguinchor est devenue critique, alerte le cadre unifié des syndicats de l’établissement dans un communiqué rendu public ce mardi. Selon ces représentants des travailleurs, notamment issus des syndicats SACSASS, SAMES, SUTSAS, SDT 3S et SYNTRAS, l’infrastructure hospitalière connaît une dégradation alarmante qui compromet sérieusement la prise en charge des patients dans la région.

Le bloc opératoire, pièce maîtresse de l’hôpital pour la gestion des urgences chirurgicales, est fermé depuis plusieurs jours. Le service de soins intensifs est également à l’arrêt. Ces deux services, pourtant essentiels, sont aujourd’hui hors service, empêchant toute intervention vitale dans des cas critiques. Cette paralysie des structures de base est aggravée par une pénurie généralisée d’équipements médicaux, de réactifs de laboratoire, de consommables courants tels que les cartouches d’imprimantes, et même de produits de nettoyage. Des conditions de travail jugées insalubres par les syndicalistes, qui estiment que l’hôpital, au lieu de jouer son rôle de centre de soins, s’apparente désormais à un foyer potentiel d’infection.

Au-delà de cette crise matérielle, les représentants syndicaux dénoncent également une paralysie administrative. Depuis plus d’un mois, l’établissement n’a ni direction active ni gouvernance fonctionnelle, la passation de service entre le directeur sortant et son successeur n’ayant toujours pas été assurée. Cette vacance à la tête de l’hôpital bloque la prise de décisions essentielles, retarde la gestion des urgences et empêche la mobilisation de ressources financières ou humaines.

Face à cette situation qu’ils qualifient de chaotique, les syndicats appellent fermement le ministère de la Santé à agir sans délai. Ils demandent la nomination d’un directeur compétent pour assurer la gestion quotidienne de l’hôpital, ainsi qu’une augmentation substantielle de l’appui budgétaire destiné à répondre aux urgences du moment. Selon eux, sans une action rapide des autorités sanitaires, c’est toute la population de la région naturelle de Casamance qui risque d’être privée de soins adéquats.

Bocar Samba Dièye persiste et réclame ses 11,5 milliards FCFA à Attijari

Le contentieux vieux de près de deux décennies opposant l’opérateur économique Bocar Samba Dièye à la banque Attijari (anciennement CBAO) connaît un nouveau rebondissement. Ce mardi, l’homme d’affaires est une fois encore monté au créneau pour exiger le paiement de ce qu’il considère comme une créance établie par expertise : la somme de 11 milliards 500 millions de francs CFA. Un différend qui remonte à 2008, mais dont les origines s’ancrent encore plus loin dans le temps, tant la relation commerciale entre les deux parties fut longue et complexe.

S’exprimant sur cette affaire qu’il qualifie de « marathon judiciaire », Bocar Samba Dièye estime que la vérité a déjà été dite dans un rapport d’expertise commandité par la cour d’appel. Selon ses dires, « les experts ont fait leur travail, et le seul rapport disponible affirme que la CBAO doit un montant global de 11,5 milliards de francs CFA ». Ce rapport est celui du cabinet Finexo, qui a procédé à une évaluation complète de l’historique des opérations entre la banque et le client, sur la base des usages bancaires en vigueur.

L’une des premières anomalies constatées, selon ce rapport, réside dans l’incapacité de la banque à produire la convention de compte courant liant les deux parties. Ce document, pourtant essentiel dans la gestion contractuelle d’un compte bancaire, n’a jamais été fourni. Cela a conduit les experts à pousser l’analyse plus loin, notamment sur le plan des taux appliqués, afin de vérifier s’il y avait eu des pratiques usuraires.

Les investigations menées ont mis en lumière plusieurs irrégularités graves, dont la pratique de l’anatocisme, c’est-à-dire l’application d’intérêts sur des intérêts déjà échus. Cette méthode, strictement encadrée par la loi, aurait donné lieu à des intérêts excessifs évalués à près de 388 millions de francs CFA. De plus, les experts ont constaté que les crédits octroyés à Bocar Samba Dièye n’ont pas respecté les normes bancaires habituelles. Le compte est resté en situation de découvert chronique pendant plus de six décennies, générant des agios jugés « exorbitants et non justifiés ». Cette situation a justifié, selon le rapport, une proposition de déduction d’un peu plus de 2 milliards de francs CFA au titre des agios irréguliers.

Fort de ces éléments, l’homme d’affaires a saisi le Parquet national financier pour faire valoir ses droits. Il dénonce également ce qu’il considère comme une tentative de spoliation immobilière, faisant état de manœuvres visant à s’approprier ses immeubles situés à Dakar. Au-delà du litige financier, il y voit une atteinte grave à ses droits de propriété.

En appelant à une intervention du nouveau régime en place, Bocar Samba Dièye espère que la justice tranchera enfin cette affaire qui a trop duré, afin de tourner une page douloureuse de sa carrière d’entrepreneur.

Rodéo nocturne à Coki : un convoyeur de drogue interpellé avec 103 kg de chanvre indien

La nuit a été agitée ce week-end dans la région de Louga, où une course-poursuite digne des scènes les plus intenses du cinéma s’est conclue par une saisie record de chanvre indien. C’est aux environs de Coki que les éléments de la Brigade de proximité ont réussi un impressionnant coup de filet, arrêtant un trafiquant de drogue au terme d’une traque de vingt kilomètres, à travers des routes secondaires et des pistes rurales jonchées de barbelés.

Selon les révélations de L’Observateur, tout débute dans la nuit du vendredi au samedi, quand les gendarmes reçoivent un renseignement capital. Une alerte signale l’existence d’un réseau de trafic de drogue opérant entre la Gambie et la région de Mpal. Au centre de ce trafic : un jeune convoyeur décrit comme discret, méthodique, mais extrêmement agile pour contourner les contrôles sécuritaires. Il aurait pour habitude d’éviter les grandes routes, privilégiant les sentiers isolés pour acheminer sa cargaison.

Les forces de l’ordre, bien renseignées, se déploient dans la nuit près de Thiamène, dans le département de Louga. Il est environ deux heures du matin lorsqu’un véhicule suspect, une Mercedes, est repéré. À la vue des gendarmes, le conducteur refuse de s’arrêter, déclenchant une course-poursuite effrénée dans les ténèbres, sur une distance d’environ vingt kilomètres. Le suspect tente le tout pour le tout, empruntant des chemins de fortune bordés de haies métalliques et d’obstacles naturels, dans l’espoir de semer les patrouilles.

Mais la cavale s’achève brutalement lorsque l’un des pneus du véhicule crève après avoir heurté un obstacle. Le fugitif est immédiatement intercepté. À l’intérieur du véhicule, les gendarmes tombent sur une cargaison soigneusement emballée : 103 kilogrammes de chanvre indien. Le convoyeur, identifié par les initiales A. Sow, est un ressortissant d’une zone frontalière, bien connu des services de renseignement.

Il a été aussitôt placé en garde à vue avant d’être déféré au parquet de Louga ce mardi. Il est poursuivi pour trafic intérieur de drogue, un délit lourdement puni par la législation sénégalaise. L’enquête, qui ne fait que commencer, vise désormais à remonter toute la chaîne d’approvisionnement et de distribution de ce réseau transfrontalier entre la Gambie et Mpal. Les autorités n’excluent pas de nouvelles arrestations dans les prochains jours.

Université de Bambey : Les étudiants reconduisent le blocage des cours et refusent toujours de payer les loyers

La tension reste vive à l’Université Alioune Diop de Bambey, où les étudiants poursuivent leur mouvement de contestation face à ce qu’ils décrivent comme des conditions d’études et de vie devenues intenables. À travers un communiqué rendu public ce mardi, la coordination des amicales estudiantines a informé que les discussions entamées avec les autorités universitaires n’ont pas permis de désamorcer la crise.

Selon les représentants des étudiants, Mouhamed Maleyni Lô, Alpha Oumar Diallo et Talla Ndiaye, deux revendications majeures ont été posées sur la table lors de leur dernière rencontre avec l’administration : le rétablissement du réseau Wi-Fi dans le campus social, coupé depuis plusieurs jours, et la normalisation du service au restaurant dit « Europe », qui connaît des dysfonctionnements récurrents.

Si les autorités ont reconnu la pertinence de ces doléances, les étudiants regrettent l’absence de mesures concrètes immédiates. Ils estiment que les engagements pris lors des échanges ne sont suivis d’aucune action palpable. Face à cette inertie, la coordination a décidé de reconduire le mot d’ordre de cessation des activités pédagogiques pour une nouvelle période de 48 heures, à compter du mardi 7 mai 2025. Les amicales ont également confirmé le maintien du boycott du paiement des loyers dans les résidences universitaires.

La mobilisation ne se limite pas à ces deux points. Les étudiants réclament avec insistance la mise à disposition des nouveaux bâtiments construits sur le campus, dont l’ouverture tarde selon eux sans justification valable. Ils jugent inacceptable que ces infrastructures demeurent inoccupées alors que les anciennes installations sont surpeuplées et dégradées.

Cette crise a déjà eu un impact sur le déroulement normal du calendrier académique. Plusieurs examens programmés dans différentes UFR ont dû être reportés, perturbant davantage une année universitaire déjà marquée par des retards. Le climat reste tendu sur le campus, et les étudiants promettent d’intensifier leur mouvement si aucune solution rapide et durable n’est proposée par les autorités compétentes.

L’affaire reste à suivre de près, tant les conséquences d’un enlisement du conflit pourraient affecter durablement la stabilité de l’université et les ambitions académiques des étudiants concernés.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°458 – 07/05/2025

🔴 SANTÉ / PRÉAVIS DE GRÈVE : « AND GUEUSSEUM » PROMET 6 MOIS DE FIÈVRE
🔴 CERAO 2025 / CONSOLIDATION DE LA PAIX EN AFRIQUE DE L’OUEST : DIOMAYE EXALTE LE RÔLE DE L’ÉGLISE

🔴 QUARTS DE FINALE MONDIAL BEACH SOCCER 2025 : LE SÉNÉGAL JOUE L’ITALIE
🔴 CHAMPIONNAT D’AFRIQUE DE LUTTE OLYMPIQUE : LE SÉNÉGAL RÉCOLTE 4 MÉDAILLES

Matam : l’État recense les zones à risque et mobilise les communautés contre les inondations

Dans le nord du Sénégal, les autorités de la région de Matam intensifient les préparatifs en vue de la saison des pluies. Une réunion dédiée à la prévention des inondations s’est tenue ce mardi, sous la présidence du gouverneur Saïd Dia, qui a dévoilé les grandes lignes d’un plan d’action ambitieux.

Au cœur de ce dispositif, un recensement exhaustif des sites à risque figure en priorité. « La première activité à mener dans le cadre de notre plan d’action sera de faire un recensement exhaustif des sites inondables », a affirmé le gouverneur. L’objectif est d’anticiper les points de vulnérabilité et d’intervenir rapidement en cas de menace.

Le plan comprend également des opérations de curage des caniveaux et de désensablement des routes, souvent obstrués durant la saison des pluies, ce qui aggrave la stagnation des eaux. Ces travaux devraient faciliter l’écoulement des eaux et réduire considérablement les risques d’inondation dans les quartiers les plus exposés.

Autre élément fort : l’implication des communautés locales. Le gouverneur Saïd Dia a insisté sur la mobilisation de volontaires dans la région, prêts à s’engager aux côtés de l’État pour faire face aux aléas climatiques. Il a annoncé la création de comités locaux de lutte contre les inondations, pilotés par les sous-préfets, les maires, les chefs de village et les délégués de quartier.

Ce maillage communautaire vise à renforcer la résilience des populations face aux catastrophes naturelles, dans une région régulièrement confrontée à des épisodes pluvieux dévastateurs. Le défi reste important, mais la coordination annoncée laisse entrevoir une meilleure réactivité à l’approche de l’hivernage.

Réseaux sociaux : Mame Mactar Guèye annonce la traque des insulteurs, Jamra salue l’action de la cybercriminalité

L’ONG Jamra a réagi ce mardi à la montée inquiétante des insultes et dérives verbales sur les réseaux sociaux. Dans un communiqué ferme, l’organisation dirigée par Mame Mactar Guèye a salué les actions déjà enclenchées par la Division spéciale de la cybercriminalité (DSC), dirigée par le commissaire Djidiack Faye, pour identifier et poursuivre les auteurs de propos injurieux en ligne.

« La traque des insulteurs qui se cachent lâchement sur les réseaux sociaux pour commettre leurs forfaits est lancée », a déclaré Mame Mactar Guèye dans un message adressé à la presse. Il se félicite de la vigilance des services de sécurité, qui ont désormais pour mission d’appliquer strictement la loi face à cette recrudescence des propos haineux et diffamatoires.

Jamra rappelle que ces agissements tombent sous le coup de la loi n°2008-11 du 25 janvier 2008. Ce texte, encore en vigueur, réprime sévèrement toute atteinte aux bonnes mœurs commise par voie électronique, ainsi que toute dégradation de l’image de la femme, toute mise en péril de la santé morale des enfants et tout propos portant atteinte à l’honorabilité d’autrui.

L’organisation citoyenne insiste sur la nécessité d’une application rigoureuse des textes en vigueur. Selon elle, la justice, sous l’autorité du procureur de la République et avec l’appui des cyber-patrouilleurs de la DSC, est appelée à sévir contre ces comportements jugés déstabilisateurs pour la société. « Cette loi sera appliquée dans toute sa rigueur, Insha’Allah, pour traquer sans répit ces insulteurs, sources potentielles de déstabilisation sociale et de troubles à l’ordre public », conclut le communiqué.

Tabaski 2025 : un vaste parc à bétail envisagé à Diamniadio, Ousmane Sonko annonce des mesures fortes

Dakar, 6 mai 2025 – Le Premier ministre Ousmane Sonko a présidé ce mardi un conseil interministériel axé sur les préparatifs de la Tabaski et la lutte contre le vol de bétail. La rencontre s’est tenue au Building administratif Président Mamadou Dia et a permis au gouvernement de décliner une série de mesures structurantes destinées à mieux organiser la distribution du bétail à travers le pays.

Parmi les principales annonces, figure un ambitieux projet d’aménagement d’un vaste parc à bétail dans la zone de Diamniadio-Thiès. Ce projet, encore à l’étude, vise à centraliser l’approvisionnement à grande échelle et à offrir un cadre moderne pour la commercialisation des moutons à l’approche de la fête. En parallèle, l’État prévoit l’aménagement de points de vente autorisés sur l’ensemble du territoire, en partenariat avec les collectivités territoriales, les ministères compétents et les maires.

Le gouvernement insiste également sur l’impératif de propreté et de sécurité dans les espaces de vente. À cet effet, les sites devront être nettoyés et désencombrés avant, pendant et après la Tabaski. La SONAGED et la Direction du Cadre de Vie seront chargées d’exécuter ces opérations. Pour renforcer la sécurité, l’éclairage public sera systématiquement installé sur tous les points de vente autorisés.

Pour répondre aux besoins en eau des éleveurs et des animaux, quinze camions-citernes seront mobilisés par le ministère de l’Hydraulique pour desservir les sites. L’approvisionnement en eau sera complété par l’installation de points d’eau temporaires.

Enfin, des comités de gestion seront mis en place dans tous les espaces de vente. Leur mission : assurer le bon déroulement des activités, prévenir les conflits et encadrer les flux de bétail et de personnes.

Vélingara : l’enseignant Abou Djiba libéré provisoirement après des poursuites pour diffusion de fausses nouvelles

Vélingara, 6 mai 2025 – L’enseignant Abou Djiba, affecté à l’école Saré Bodjo dans le département de Vélingara, a été remis en liberté provisoire ce mardi, après avoir été poursuivi pour diffusion de fausses nouvelles en lien avec un accident tragique survenu samedi dernier. Le drame s’est produit lors d’un voyage pédagogique impliquant des élèves du collège de Saré Coly et leur professeur, dont le véhicule est entré en collision avec un camion. L’accident a causé la mort de deux personnes, dont une élève.

Abou Djiba avait relayé sur les réseaux sociaux un bilan initialement erroné de huit morts, avant de supprimer rapidement sa publication. Il a reconnu avoir diffusé cette information par erreur, soulignant qu’il s’agissait d’une méprise de bonne foi. Son acte a néanmoins conduit à son interpellation et son déferrement devant le parquet ce mardi, en même temps que le chauffeur du camion impliqué dans l’accident.

Sur les ondes de la RFM, un collègue enseignant, M. Seck, a confirmé la libération provisoire de M. Djiba, tout en remerciant la communauté éducative pour sa solidarité. « Notre collègue Abou Djiba a été finalement libéré. Son jugement est prévu pour le 14 de ce mois. Je remercie tous les enseignants et toute la communauté éducative pour leur engagement. Cela illustre la solidarité forte qui unit notre corporation », a-t-il déclaré.

Malgré cette décision, les syndicats d’enseignants restent mobilisés. Ils jugent la procédure engagée contre leur collègue injuste et estiment que sa liberté provisoire n’est qu’un soulagement temporaire. « Cette liberté provisoire ne nous fera pas dormir. Nous restons déterminés à nous battre pour que M. Djiba recouvre pleinement sa liberté. Nous appelons à une mobilisation accrue face à cette situation », a ajouté M. Seck.

En signe de protestation, une grève des enseignants a été décrétée pour ce mercredi, à l’appel des principaux syndicats du secteur. Cette mobilisation vise à dénoncer ce qu’ils considèrent comme une criminalisation abusive de la parole d’un enseignant ayant simplement relayé une information dans un contexte de choc émotionnel.

Visa pour l’Espagne : Guy Marius Sagna dénonce un « commerce illégal et scandaleux » devant le consulat à Dakar

Dakar, 6 mai 2025 – Devant le consulat d’Espagne à Dakar, le député Guy Marius Sagna a vivement dénoncé ce qu’il appelle une « injustice sociale institutionnalisée ». Il s’en est pris, ce mardi, à la pratique largement répandue de la vente de rendez-vous pour l’obtention d’un visa Schengen. Selon lui, certains ressortissants sénégalais doivent débourser jusqu’à 150 000 F CFA simplement pour obtenir un rendez-vous, un tarif supérieur au prix moyen d’un billet d’avion pour l’Espagne.

Dans une déclaration faite à la presse, le parlementaire, également membre du mouvement FRAPP, a pointé du doigt la responsabilité directe du consulat et de l’ambassade d’Espagne à Dakar. « Ce n’est pas normal qu’on paie plus pour un rendez-vous que pour un billet d’avion. Ce système est illégal, scandaleux et profondément injuste. Le silence du consulat est inacceptable et suspect. Sont-ils complices de cette mafia organisée autour des rendez-vous ? », s’est-il interrogé devant des militants et citoyens venus l’écouter.

Guy Marius Sagna dénonce une forme de discrimination sociale déguisée. Il estime que cette pratique crée une barrière financière insurmontable pour une grande partie de la population sénégalaise. « Comment le fils du paysan, de l’ouvrier, du berger ou du talibé peut-il avoir une chance de voyager, s’il faut 150 000 francs juste pour déposer une demande ? », s’indigne-t-il.

Le député appelle les autorités espagnoles à sortir de leur silence, à enquêter sur ce qu’il qualifie de « réseau mafieux » de vente de rendez-vous, et à rétablir un système transparent, juste et accessible à tous. Il appelle également le gouvernement sénégalais à s’impliquer davantage pour défendre les droits et la dignité des citoyens, face à des pratiques consulaires qu’il juge discriminatoires et opaques.

Plainte contre Azoura Fall : la famille de Macky Sall réagit aux insultes publiques sur les réseaux sociaux

Dakar, 6 mai 2025 – La tension monte autour des propos polémiques d’Assane Gueye, plus connu sous le nom d’Azoura Fall, militant actif de PASTEF sur les réseaux sociaux. Ce dernier fait désormais l’objet d’une plainte officielle déposée par un membre de la famille de l’ancien président Macky Sall pour injures publiques. L’affaire vient exacerber un climat politique déjà tendu, sur fond de polémiques autour de la liberté d’expression et de la régulation du discours politique.

Lors d’un live diffusé sur les réseaux sociaux — notamment sur Facebook et TikTok — Azoura Fall aurait tenu des propos jugés extrêmement offensants à l’encontre de Macky Sall, aujourd’hui retiré de la vie politique. Selon le contenu de la plainte, consulté par une source proche du dossier, l’auteur aurait « copieusement insulté » l’ancien chef de l’État, mettant en cause son intégrité morale ainsi que celle de certains anciens collaborateurs du régime. « C’est une attaque d’une rare violence contre l’honneur et la dignité de notre famille. Elle ne peut rester impunie », a déclaré le plaignant dans une lettre officielle adressée au parquet.

La famille de Macky Sall affirme que cette plainte vise à défendre l’image et la dignité de l’ancien président, tout en dénonçant une recrudescence inquiétante des violences verbales sur les réseaux sociaux. Le plaignant réclame que des sanctions exemplaires soient prises, faute de quoi un avocat sera saisi pour une action judiciaire formelle dans un délai de huit jours.

Cette plainte intervient dans un contexte de tension politique grandissante, notamment entre les partisans du nouveau pouvoir de Bassirou Diomaye Faye et ceux de l’ancien régime. Des figures politiques comme Me Moussa Diop et Thierno Bocoum ont déjà interpellé publiquement le procureur de la République, accusant la justice de faire preuve de partialité en laissant Azoura Fall impuni, tout en gardant en détention d’autres militants pour des faits similaires ou moindres. « Si vous ne faites pas arrêter ces dérives des vainqueurs, libérez sans délai mon client Abdou Nguer, injustement détenu », a notamment lancé Me Diop dans un communiqué.

Pour l’heure, le parquet ne s’est pas encore officiellement exprimé sur la suite qui sera donnée à cette affaire. Mais dans les cercles judiciaires, la pression s’accentue. Le débat sur l’égalité de traitement devant la loi, la liberté d’expression et la régulation du discours politique est désormais relancé.

L’entourage du Premier ministre ou du ministre de la Justice ne s’est pas encore prononcé. Toutefois, plusieurs observateurs notent que ce cas pourrait constituer un test de cohérence pour l’actuel régime, souvent perçu comme plus tolérant vis-à-vis de certains débordements verbaux venant de son camp.

Arrestation d’Abou Djiba : PASTEF Vélingara dénonce un « règlement de comptes » et exige sa libération

L’arrestation d’Abou Djiba, conseiller municipal à Vélingara et chargé de communication de PASTEF dans la localité, suscite une vive indignation au sein du parti. Placé en garde à vue le lundi 5 mai 2025 à la brigade territoriale de la gendarmerie, M. Djiba est accusé de désinformation dans le cadre de l’affaire du « faux bilan de 8 morts » consécutif à un accident survenu à Saré Thialy.

Dans un communiqué officiel, la section communale de PASTEF Vélingara s’insurge contre ce qu’elle qualifie de « règlement de comptes » orchestré par certaines autorités administratives locales. Selon le document, « les allégations relatives à une entreprise de désinformation sont totalement infondées ».

Le parti précise que l’erreur de communication sur le nombre de morts dans l’accident n’était ni intentionnelle ni malveillante. « Lors du lancement d’une cagnotte en ligne en soutien aux victimes, notre camarade Abou Djiba a été induit en erreur par des informations circulant dans le groupe WhatsApp interne du parti. Il a corrigé le chiffre erroné dans un délai de quatre minutes », insiste la section locale.

PASTEF souligne que plusieurs médias nationaux, dont le quotidien Le Soleil, ont également diffusé une estimation erronée du bilan, sans pour autant faire l’objet de poursuites. Ce traitement différencié serait, selon eux, la preuve d’une justice sélective ciblant des membres du parti.

Le communiqué conclut par une exigence claire : la libération immédiate d’Abou Djiba. La section communale alerte également sur ce qu’elle considère comme une tentative de museler les voix critiques et de criminaliser les erreurs de bonne foi, dans un contexte où les tensions politiques restent vives au niveau local.

Centrale de Rufisque : West African Energy injecte 127 MW dans le réseau pour les premiers tests de la turbine GT11

Un tournant décisif vient d’être franchi dans le secteur énergétique sénégalais. Ce mardi, West African Energy (WAE) a procédé à l’injection de 127 mégawatts (MW) dans le réseau national de la Senelec, dans le cadre des premiers essais techniques de la turbine GT11 de la centrale thermique à cycle combiné de Rufisque. Il s’agit de l’une des plus importantes étapes du processus de mise en service progressive de cette infrastructure énergétique stratégique.

Installée à Rufisque, cette centrale affiche une capacité globale de production de 366 MW. Sa mise en service partielle à travers l’exploitation de la GT11 marque le début de l’opérationnalisation de ce projet de grande envergure, appelé à jouer un rôle central dans la transition énergétique du pays.

L’injection de ces 127 MW dans le réseau national est perçue par les experts comme une avancée majeure. Elle atteste non seulement de la performance technique des installations, mais aussi de la solidité de l’ingénierie mobilisée par les équipes de West African Energy. De l’avis des ingénieurs et responsables de projet, ce jalon reflète une préparation rigoureuse, un savoir-faire local renforcé et une gouvernance bien structurée qui s’appuie sur les standards internationaux les plus stricts.

Cette étape importante symbolise également la détermination de l’entreprise à respecter les engagements pris, en termes de délais, de qualité, de sécurité et de performance énergétique.

Le projet est porté par l’homme d’affaires Samuel A. Sarr, ancien ministre de l’Énergie, qui ambitionne de faire de cette centrale un levier fondamental de la souveraineté énergétique du Sénégal. À travers ce projet, West African Energy entend apporter une réponse durable aux besoins croissants en électricité, dans un contexte de forte demande liée au développement industriel, à l’urbanisation rapide et à la numérisation de l’économie.

À terme, la centrale thermique de Rufisque, une fois pleinement opérationnelle, contribuera à la stabilisation de l’approvisionnement électrique sur l’ensemble du territoire national. Elle permettra de sécuriser la qualité du service public d’électricité, d’améliorer la compétitivité des entreprises, et de soutenir les politiques d’émergence économique pilotées par l’État du Sénégal.

Ce projet s’inscrit en parfaite cohérence avec les objectifs du Plan Sénégal Émergent (PSE) et la stratégie nationale de développement énergétique. En renforçant la capacité de production électrique nationale, la centrale de Rufisque devrait également faciliter l’intégration des énergies renouvelables dans le mix énergétique global, tout en assurant une meilleure couverture des besoins des zones urbaines et rurales.

CERAO 2025 : Le Président Diomaye salue le rôle « irremplaçable » de l’Église dans la construction de la paix en Afrique de l’Ouest

Le Président de la République du Sénégal, Bassirou Diomaye Faye, a présidé ce mardi 6 mai 2025, la cérémonie d’ouverture de la 5e Assemblée plénière des Conférences épiscopales réunies d’Afrique de l’Ouest (CERAO), organisée cette année à Dakar. Dans une atmosphère empreinte de solennité, le chef de l’État a salué avec insistance la contribution décisive de l’Église catholique à la paix, à la cohésion sociale et au développement humain sur le continent.

Prenant la parole devant les évêques venus de plusieurs pays de la région, Bassirou Diomaye Faye a exprimé toute sa reconnaissance envers la communauté catholique et son rôle dans le tissu social sénégalais et ouest-africain. « Dakar, la Capitale cosmopolite de notre pays, abrite à compter de ce jour les travaux de la 5e Assemblée plénière de la CERAO. Ce choix n’est pas fortuit, il exprime la considération et le respect dont jouit notre dynamique communauté chrétienne guidée par des Pasteurs éclairés par la sagesse divine », a-t-il affirmé.

Le chef de l’État a rappelé l’importance qu’il accorde aux questions religieuses, intégrées au cœur de son projet de transformation systémique du pays. « Ma présence parmi vous à l’occasion de cette cérémonie solennelle est la preuve de la place importante que j’attache aux affaires religieuses dans notre stratégie nationale », a-t-il insisté.

Il a ensuite souligné la pertinence du thème des travaux de cette 5e session plénière, axée sur le renforcement de l’autonomie de l’Église, sa mission de synodalité, et son implication dans les causes de justice et de paix dans la sous-région. « Cela m’amène à souligner la contribution essentielle et irremplaçable de l’Église au développement de nos pays. Par son engagement dans les secteurs clés tels que l’éducation, la santé, la formation professionnelle, elle est une alliée sûre et incontournable de l’État », a-t-il soutenu, avant de rendre hommage à « ces hommes et femmes d’Église qui, dans la discrétion, œuvrent sans relâche au service de l’humain ».

Face aux multiples défis qui secouent l’Afrique de l’Ouest — insécurité, instabilité politique, migrations irrégulières — le président Diomaye a lancé un appel à la synergie des forces sociales, politiques et spirituelles. « Ensemble, en toute synodalité, nous devons promouvoir une ère de paix et de concorde dans nos sociétés africaines en quête de stabilité et de prospérité », a-t-il martelé.

« Les prix des carburants au Sénégal sont les plus chers en Afrique », alerte Madiambal Diagne

Alors que le Sénégal célèbre des avancées majeures dans le domaine énergétique, une voix s’élève pour dénoncer un paradoxe économique. Le journaliste Madiambal Diagne alerte sur les prix excessivement élevés du carburant à la pompe, en dépit du contexte mondial favorable et des nouvelles ambitions énergétiques du pays.

Le rapport mensuel d’avril 2025 du ministère de l’Énergie, du Pétrole et des Mines, publié mardi, met en lumière des progrès notables. Parmi les faits marquants : une exportation record de pétrole brut et la toute première cargaison de gaz naturel liquéfié (GNL) expédiée à l’international, symbolisant une nouvelle ère pour le Sénégal, désormais présenté comme un acteur émergent dans le secteur énergétique.

Mais malgré ces performances, les Sénégalais ne voient toujours pas les retombées sur le plan local. Sur le réseau social X (anciennement Twitter), Madiambal Diagne s’interroge publiquement :

« Les prix des carburants au Sénégal sont les plus chers en Afrique, et peut-être même au monde. Les prix à la pompe baissent partout grâce à la chute des cours mondiaux (autour de 60 dollars le baril). Incompréhensible non ? Surtout que le Sénégal se vante d’être désormais un gros producteur de pétrole ! »

L’incohérence entre la production nationale croissante et le maintien de prix élevés suscite l’indignation. Alors que plusieurs pays africains ajustent leurs prix à la baisse en suivant la tendance du marché mondial, le Sénégal semble à contre-courant.

Cette sortie de Madiambal Diagne vient relancer le débat sur la gestion des ressources naturelles et la redistribution équitable des revenus issus de l’exploitation pétrolière et gazière. Les consommateurs, déjà confrontés à une inflation persistante, peinent à comprendre pourquoi les prix des carburants restent si élevés malgré un contexte économique censé leur être favorable.

Dans l’attente d’une clarification officielle, de plus en plus de voix réclament une plus grande transparence sur la politique de fixation des prix des produits pétroliers, ainsi qu’une traduction concrète des promesses de souveraineté énergétique.

Propos injurieux d’Azoura Fall : Me Moussa Diop et Thierno Bocoum interpellent le procureur et dénoncent une justice à deux vitesses

L’avocat Me Moussa Diop et l’homme politique Thierno Bocoum ont vivement réagi aux propos jugés insultants tenus récemment par Azoura Fall, un militant du parti Pastef. Ce dernier s’en serait violemment pris à l’ancien président Macky Sall et à certains de ses anciens collaborateurs, suscitant l’indignation dans certains cercles politiques.

Dans une déclaration ferme, Me Moussa Diop a interpellé le procureur de la République, l’accusant d’inaction face à ce qu’il qualifie de dérives verbales inacceptables. Il dénonce un traitement inégal devant la loi et remet en question l’impartialité de l’appareil judiciaire dans ce type d’affaires.

« Apparemment, le Kumba am Nday et le Kumba amoul Nday a de beaux jours devant nous. Mais où êtes-vous Monsieur le Procureur de la République pour mettre fin à cette pagaille inédite au Sénégal ? Si vous ne faites pas arrêter ces dérives des vainqueurs, libérez sans délai mon client Abdou Nguer arbitrairement soustrait de la vie courante sans jamais avoir diffusé de fausses nouvelles ou diffamé. Justice pour tous », a-t-il martelé.

Thierno Bocoum, président du mouvement AGIR, a également réagi publiquement via sa page Facebook. Indigné, il a dénoncé le silence des autorités judiciaires, qu’il considère comme un aveu d’une justice à géométrie variable. « Si le procureur reste silencieux face aux injures publiques d’une gravité extrême d’un proche du Premier ministre, il confirme son rôle actif dans l’architecture d’une injustice systémique portée par un régime irresponsable », a-t-il écrit.

Ces réactions interviennent dans un contexte où le débat sur l’indépendance de la justice et l’égalité de traitement des citoyens devant la loi revient régulièrement dans l’actualité sénégalaise, particulièrement depuis le changement de régime en 2024.

Baccalauréat 2025 : Le ministre Abdourahmane Diouf appelle les présidents de jury à l’impartialité et à la rigueur

À l’approche de la session 2025 du Baccalauréat, le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, Dr Abdourahmane Diouf, a présidé ce lundi 5 mai la cérémonie officielle d’ouverture de la session de formation des présidents de jury. La rencontre s’est tenue à l’Université Amadou Hampâté Bâ, en présence de plusieurs autorités universitaires et administratives.

Aux côtés du ministre, figuraient le Directeur de l’Office du Baccalauréat, le Professeur Bamba Gueye, le Recteur de l’université hôte, le Professeur Ben Toguebaye, ainsi que le Coordonnateur des superviseurs nationaux, le Professeur Mamadou Sidibé, Recteur de l’Université Souleymane Niang de Matam.

Dans son adresse, Dr Abdourahmane Diouf a souligné l’importance capitale du rôle des présidents de jury dans le bon déroulement de l’examen. Il a insisté sur la rigueur, l’impartialité et la neutralité qui doivent guider leurs prises de décision, notamment lors des délibérations. Le ministre a rappelé que l’évaluation des candidats doit se faire en toute équité, avec le souci permanent de justice et de transparence.

Par ailleurs, le ministre a insisté sur le respect scrupuleux des consignes officielles encadrant l’examen. Il a notamment évoqué l’interdiction formelle du port et de l’usage de téléphones portables dans les centres d’examen, aussi bien pour les candidats que pour les encadreurs. Une mesure de plus en plus renforcée dans un contexte marqué par la multiplication des tentatives de fraude via les outils numériques.

Cette rencontre marque le lancement officiel du processus de préparation pédagogique et logistique du Baccalauréat 2025, qui devrait mobiliser plusieurs milliers d’acteurs à travers le pays. Le ministre a conclu son intervention en appelant l’ensemble des responsables académiques à « un engagement total au service de l’école sénégalaise ».

Azoura Fall face à la justice : ce que dit le droit sénégalais sur les injures en ligne

L’affaire Azoura Fall secoue la toile sénégalaise depuis plusieurs jours. Connue pour ses prises de parole virulentes sur TikTok, l’activiste s’est retrouvée au cœur d’une tempête judiciaire après avoir proféré des injures à l’encontre de l’ancien président Macky Sall lors d’un live. Une sortie polémique qui a poussé le procureur de la République, Ibrahima Ndoye, à s’autosaisir du dossier. Cette décision relance un débat sensible : jusqu’où peut aller la liberté d’expression en ligne ? Et surtout, que risque-t-elle réellement devant la loi sénégalaise ?

L’intervention du parquet repose sur des éléments publics, facilement accessibles. Le live controversé d’Azoura Fall a rapidement circulé sur les réseaux sociaux, exposant des propos jugés “grossiers”, “injurieux” et potentiellement attentatoires à l’honneur d’une personnalité publique, en l’occurrence un ancien chef d’État. Dans ce contexte, l’autosaisine du procureur est juridiquement fondée, conformément à l’article 34 du Code de procédure pénale sénégalais, qui autorise l’ouverture d’une enquête pour des faits relevant de l’ordre public ou portés à la connaissance du ministère public par tout moyen.

Au regard du Code pénal sénégalais, plusieurs chefs d’accusation pourraient être retenus contre Azoura Fall :

Injures publiques : L’article 258 du Code pénal prévoit des peines pouvant aller jusqu’à un mois d’emprisonnement et 50 000 francs CFA d’amende pour toute injure non publique. Si les injures sont publiques — ce qui est le cas dans un live TikTok diffusé à grande échelle —, les peines peuvent être alourdies, notamment si la victime est une autorité ou un dépositaire de l’autorité publique. Diffamation : Si les propos tenus sont considérés comme accusatoires sans preuve, notamment en imputant à Macky Sall des faits précis sans fondement, l’article 248 du Code pénal pourrait s’appliquer, avec des peines pouvant atteindre deux ans d’emprisonnement et 1 500 000 francs CFA d’amende. Atteinte à l’ordre public via les TIC : Le Code des communications électroniques et la loi sur la cybercriminalité (2016) permettent également de poursuivre tout individu diffusant des contenus à caractère injurieux ou haineux en ligne. Cette législation plus récente élargit les possibilités de poursuites.

Cette affaire ravive les tensions entre liberté d’expression et protection de la dignité des personnalités publiques. Si la Constitution sénégalaise garantit le droit à la liberté d’opinion, celle-ci connaît des limites, notamment lorsque les propos portent atteinte à la réputation ou à la sécurité d’autrui. Plusieurs défenseurs des droits numériques dénoncent toutefois un usage sélectif de la justice, qui viserait particulièrement les voix critiques du pouvoir ou des figures politiques influentes.

Le cas d’Azoura Fall s’inscrit dans une tendance croissante de judiciarisation du discours en ligne au Sénégal. D’autres activistes ou influenceurs ont déjà été poursuivis pour des propos tenus sur Facebook, WhatsApp ou YouTube. Le traitement réservé à cette affaire pourrait ainsi établir une nouvelle jurisprudence sur la régulation des contenus numériques, à l’heure où les réseaux sociaux jouent un rôle central dans le débat public.

En résumé, que risque Azoura Fall ?

Jusqu’à 2 ans d’emprisonnement si les faits sont requalifiés en diffamation aggravée. Des amendes allant jusqu’à 1,5 million de francs CFA. Une possible interdiction temporaire d’usage des réseaux sociaux dans le cadre de mesures judiciaires spécifiques.

Le dossier est désormais entre les mains du parquet. Reste à savoir si une inculpation formelle suivra et quelle sera l’issue judiciaire. En attendant, l’affaire Azoura Fall pose une nouvelle fois la question de la régulation du numérique, dans un pays où la parole en ligne est de plus en plus surveillée.

Décès de Pape Mignane Ndong : Le Sénégal perd un fidèle serviteur de l’ombre

Le Sénégal est en deuil. Le pays vient de perdre l’un de ses fils les plus discrets mais profondément engagés dans la vie politique nationale. Pape Mignane Ndong, figure proche du Premier ministre Ousmane Sonko, est décédé subitement des suites d’un malaise, selon des informations confirmées par Seneweb.

Discret dans la forme mais essentiel dans le fond, Pape Mignane Ndong était un maillon clé dans l’entourage immédiat du chef du gouvernement. En tant qu’aide de camp d’Ousmane Sonko, il veillait au quotidien à la sécurité, à la coordination et à l’agenda du Premier ministre, jouant un rôle de confiance dans un environnement politique souvent agité.

Sa disparition brutale a provoqué une vive émotion au sein du parti PASTEF – Les Patriotes, où il était unanimement respecté pour sa loyauté, son professionnalisme et son engagement indéfectible. Mais au-delà du cercle partisan, ce sont l’ensemble des acteurs politiques, de la société civile et de nombreux citoyens qui saluent aujourd’hui la mémoire d’un homme de devoir, resté à l’ombre, mais dont l’impact était bien réel.

Les hommages se multiplient, témoignant de l’importance de son rôle dans les coulisses du pouvoir et de la confiance dont il jouissait. Son décès rappelle, une fois encore, combien les acteurs de l’ombre sont essentiels à la stabilité et au fonctionnement de nos institutions.

Le Sénégal perd un patriote silencieux, un homme de l’ombre au service de la lumière.

Macky Sall au Sommet Global Solutions : Pour un multilatéralisme réformé et plus équitable

À Berlin, l’ancien président sénégalais appelle à repenser la gouvernance mondiale pour mieux répondre aux défis du XXIe siècle.

Lors du Sommet Global Solutions, Macky Sall, ancien président de la République du Sénégal, a prononcé un discours empreint de lucidité et de conviction. Il y a dénoncé les limites actuelles du système multilatéral, incapable selon lui de répondre efficacement aux crises qui secouent le monde : conflits prolongés, dérèglement climatique, montée du terrorisme, fragilités économiques et instabilité sociale.

Dans ce contexte tendu, Macky Sall a souligné que le multilatéralisme issu de l’après-guerre est devenu inadapté aux réalités contemporaines. Il a plaidé pour une réforme en profondeur des institutions internationales, qu’il accuse de ne pas refléter la diversité et les équilibres actuels du monde.

Il a ensuite mis en lumière les défis auxquels l’Afrique est confrontée. D’abord, celui de la paix et de la sécurité, notamment dans des régions comme le Sahel, où le terrorisme prend des proportions endémiques. Il a dénoncé l’inadéquation des mandats des missions de maintien de la paix face aux réalités du terrorisme et appelé à un soutien plus concret et mieux calibré de la communauté internationale.

Sur le plan économique, Macky Sall a insisté sur le potentiel immense du continent africain, riche en ressources naturelles et humaines, mais freiné par un système économique mondial inégal. Il a dénoncé les congés fiscaux abusifs, les biais des agences de notation, et le coût du crédit injustement élevé pour les pays africains. Pour lui, il est urgent de réformer la fiscalité internationale, les critères de notation, et de rendre le crédit export plus accessible.

S’agissant de la transition énergétique, il a rappelé que l’Afrique, bien qu’étant le continent qui pollue le moins, ne peut être tenue de choisir entre développement et environnement. Il a critiqué les décisions unilatérales comme l’interdiction du financement des projets gaziers lors de la COP26, tout en appelant à davantage de soutien pour les initiatives comme le Programme d’accélération de l’adaptation en Afrique (AAAP), dont il préside le Conseil de surveillance.

Enfin, Macky Sall a évoqué la réforme de la gouvernance mondiale, affirmant que la structure actuelle des grandes institutions internationales ne reflète plus les équilibres géopolitiques d’aujourd’hui. Il a salué l’admission de l’Union africaine au G20, tout en appelant à un siège supplémentaire pour l’Afrique au FMI et une représentation accrue au Conseil de sécurité de l’ONU et à la Banque mondiale.

En conclusion, il a lancé un appel vibrant à un sursaut humaniste et solidaire. « Nous ne devons pas renoncer à l’espérance », a-t-il dit, en précisant qu’il s’agit d’une espérance lucide, nourrie par le dialogue, la coopération, et la foi dans une humanité partagée. Pour Macky Sall, seule une telle dynamique permettra de panser les fractures, apaiser les tensions et construire un monde plus juste.

Présentation du système innovant de combat rapproché Système du Triangle d’Or (STO) avec Alexander Shlychkov

Brèves informations sur le système :

Lors du développement initial du « Système Triangle d’Or », l’objectif principal était de minimiser le temps consacré à la maîtrise de la motricité appliquée, de créer des réflexes adaptés aux situations extrêmes, formant un modèle de comportement stable qui permet de supprimer les attaques de l’agresseur. dans les plus brefs délais et avec un minimum de pertes possibles pour le personnel militaire, les forces de l’ordre et divers groupes sociaux de la population.

La formation aux compétences militaires appliquées intégrées dans les tactiques de conduite de guerres hybrides locales nécessite de repousser les limites des connaissances et des compétences particulières liées aux réflexes naturels.
Le système est une plate-forme innovante qui combine divers sports militaires appliqués, arts martiaux traditionnels, connaissances militaires en ingénierie et formation chimique, formation canine, formation en parachute et premiers secours sur le terrain.

Les méthodes développées du Système permettent de passer rapidement du travail en combat rapproché sans armes à l’utilisation de moyens spéciaux, d’armes blanches et d’armes à feu. La base de la méthodologie d’enseignement est l’expérience pratique acquise lors d’opérations militaires en Afghanistan, d’opérations antiterroristes dans le Caucase et en Syrie, ainsi que des programmes originaux et innovants des employés du Centre de recherche scientifique de l’Institut militaire de culture physique du ministère de la Défense de la Fédération de Russie.

Le conseil méthodologique du « Système du Triangle d’Or » comprend des instructeurs de niveau international dans divers types d’arts martiaux qui ont une expérience de service dans les forces armées de la Fédération de Russie, des unités des forces de l’ordre russes qui ont pris part aux hostilités, qui ont été décerné des prix départementaux et d’État, ainsi que des enseignants et des médecins titulaires de diplômes scientifiques et auteurs de techniques russes brevetées de santé et de réadaptation.

L’utilisation généralisée de la méthodologie de l’auteur vise à former les employés des forces de l’ordre, des organisations de sécurité privées et des jeunes.

La méthodologie du « Système du Triangle d’Or » est utilisée dans la préparation des participants aux compétitions dans les sports d’application militaire « Tir tactique de l’armée tous azimuts » et « Athlétisme pratique général ». Le premier sport a été enregistré par le ministère des Sports de la Fédération de Russie dans la quatrième section du Registre panrusse des sports – « Sports militaires et militaires » en mars 2021 et est en cours de développement par le ministère de la Défense de la Fédération de Russie. Fédération. Le deuxième sport est actuellement en cours d’accréditation et s’adresse à la population civile.

Le système du «Triangle d’Or» a été à juste titre très apprécié non seulement en Russie – le système a déjà reçu une réponse internationale au format international, en ouvrant des bureaux de représentation au Kirghizistan, en Ouzbékistan, à Chypre, aux Philippines, au Myanmar et au Japon.

Brèves informations sur le newsmaker :

Alexander Shlychkov – Pédagogue , spécialiste aux sciences des arts martiaux de Fédération de la Russie , président de l’Association européenne de boxe traditionnelle birmane (Lethwei), président de l’Organisation publique panrusse de culture physique et sportive pour le développement des arts martiaux en philippins , membre du présidium de la Fédération de tir tactique de l’armée de Russie, auteur du système de combat rapproché « Triangle d’Or » et d’un nouveau format de la discipline fitness Close combat studio, titulaire du cinquième dan en taekwondo (WT)

Organisateurs d’événements :

Système du Triangle d’Or au Sénégal
Bureau de représentation de l’Association internationale des experts en sécurité « G3 » (Association « G3 »)

Titre:

Expérience russe : le système innovant du Triangle d’Or arrive au Sénégal.

Plomb:
Le 21 janvier, dans la capitale de la République du Sénégal, Dakar, aura lieu une présentation du système innovant de combat rapproché de dénommé « Golden Triangle System ».

Le nouveau format du Système combine harmonieusement l’utilisation d’espaces de lancer de couteaux et de pratique de tâches sportives et tactiques avec des simulateurs de tir, des espaces de fitness cyclique et fonctionnel, un tapis de lutte avec une « cage » improvisée pour les arts martiaux mixtes, des espaces d’entraînement à la frappe. techniques sur simulateurs, et bien plus encore.

Corps de libération :
Dans le monde moderne, au cours de la vie quotidienne, une personne interagit inévitablement avec l’environnement, se retrouvant parfois dans des situations extrêmes. Dans des situations dangereuses et critiques, les personnes risquent de subir des blessures de gravité variable et sont également confrontées à des dangers qui constituent une menace directe pour leur vie et leur santé.

Les formes existantes de culture physique, y compris les sports militaires et militaires, ne peuvent pas résoudre complètement le problème de la préparation d’une personne à relever les défis de la société moderne. La raison principale est avant tout la disponibilité limitée de ces disciplines pour un large éventail de personnes. Compte tenu de ce facteur, il est urgent de faire émerger un système universel, un système accessible aux différentes couches de la population et aux différentes tranches d’âge.
Les créateurs du « « Golden Triangle System », sous la direction du candidat en sciences pédagogiques, chef du Centre de formation spécial du DOSAAF de Russie Alexander Shlychkov, ont proposé la mise en œuvre d’un nouveau type universel d’activité compétitive – le concours multiple athlétique pratique. Le format original de fitness « Close Combat Studio », ouvert à Dakar, prend en compte l’intérêt des jeunes pour les nouvelles formes d’activité physique allié à la nécessité d’introduire un entraînement physique et appliqué universel, comme l’une des formes d’éducation physique pour tous. strates et groupes de population correspondant au niveau et à la variabilité des menaces directes et indirectes pour la santé et le bien-être humains.
Les représentants de la presse invités auront l’occasion de recevoir de nombreuses informations de la part de professionnels sur des questions qui les intéressent.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°457 – 06/05/2025

🔴 236 MILLIARDS F CFA ENGRANGÉS EN TROIS MOIS : LE SOUS-SOL SÉNÉGALAIS RAPPORTE GROS
🔴 DIALOGUE NATIONAL DU 28 MAI : TAS CLAQUE LA PORTE

🔴 CAN U20 / DÉFAITE FACE AU GHANA (0-1) : LE SÉNÉGAL AU BORD DU PRÉCIPICE
🔴 LIGUE 1 : LA LINGUÈRE ACCROCHÉ PAR L’US OUAKAM

Fermeture de médias : Madiambal Diagne soutient Aïssatou Diop Fall dans son recours contre l’État

La journaliste Aïssatou Diop Fall a récemment introduit un recours auprès de la Cour suprême pour contester la fermeture de ses médias Public TV, Public SN et Le Public. Une initiative saluée publiquement par Madiambal Diagne, directeur du groupe Avenir Communication, qui a exprimé son soutien à sa consœur à travers une publication sur le réseau social X (anciennement Twitter).

Dans son message, Madiambal Diagne salue le choix de la voie judiciaire : « J’encourage et soutiens ma consœur Aïssatou Diop Fall, qui a fait un recours en Justice contre la décision de l’État de fermer son média. En effet, dans un État de droit, le citoyen doit faire valoir tous les droits et mettre toutes les institutions devant leurs responsabilités », a-t-il écrit.

La décision ministérielle à l’origine de cette affaire, et qui a entraîné l’arrêt des activités des trois médias concernés, avait suscité de nombreuses réactions au sein de la presse et de la société civile, certaines dénonçant une atteinte à la liberté d’expression et au pluralisme médiatique.

Par ce recours, Aïssatou Diop Fall entend faire annuler la mesure qu’elle considère comme arbitraire. Son action relance le débat sur la régulation des médias au Sénégal, dans un contexte où les tensions entre certaines rédactions et les autorités restent vives.

L’issue de ce dossier sera suivie de près par les acteurs du secteur et les défenseurs des libertés, à un moment où les appels à une réforme du cadre légal régissant la presse se font de plus en plus entendre.

Aide Tabaski 2025 : ouverture officielle des dépôts de demandes à Dakar à partir du 6 mai

La Mairie de Dakar a annoncé l’ouverture officielle de la campagne de dépôt des demandes d’aide Tabaski pour l’édition 2025. L’opération débutera ce mardi 6 mai et s’étendra jusqu’au vendredi 9 mai. Elle concerne les ménages les plus vulnérables des différentes communes de la capitale, dans le cadre du soutien traditionnel offert à l’occasion de la fête de la Tabaski.

Les dépôts seront reçus de 09h00 à 15h00 dans plusieurs points répartis selon les communes. Les habitants des communes de Gorée, Médina, Dakar-Plateau, Hann Bel Air, Fann-Point E-Amitié et Gueule Tapée Fass-Colobane devront se rendre à l’Hôtel de Ville de Dakar, situé sur le Boulevard El Hadji Djily MBAYE.

Les populations résidant dans les communes des HLM, Biscuiterie, Ngor, Ouakam, Dieuppeul-Derklé-Castors et Parcelles Assainies sont, quant à elles, orientées vers le Building Communal situé à la rue 11 X 22, à proximité de la BCEAO.

Pour les habitants des communes de Yoff, Sicap Liberté, Mermoz Sacré-Cœur, Grand Yoff, Grand-Dakar, Patte d’Oie et Cambérène, les dépôts doivent se faire à la Direction de l’Aménagement Urbain (DAU), à côté du CESAG.

La Mairie précise également que les enquêtes sociales seront menées du lundi 12 au vendredi 16 mai, entre 9h et 17h, sur les mêmes lieux de dépôt. Cette phase vise à vérifier l’éligibilité des demandeurs avant la distribution effective des aides.

Pour être éligible, chaque postulant devra fournir une demande manuscrite adressée au Maire de Dakar, accompagnée d’une photocopie de sa carte nationale d’identité et d’un certificat de domicile.

Cette initiative s’inscrit dans la volonté de la Ville de Dakar d’accompagner les ménages défavorisés pendant la période de la Tabaski, afin d’alléger le poids des dépenses liées à cette fête religieuse.

Distribution d’eau à Touba : l’OFOR rassure après les perturbations observées

Depuis quelques jours, plusieurs quartiers de la ville sainte de Touba sont confrontés à des perturbations dans la distribution d’eau. L’information a été rapportée ce lundi 5 mai 2025 par Radio Sénégal Internationale (RSI), provoquant une vague d’inquiétude chez de nombreux habitants.

Face à la situation, l’Office des forages ruraux (OFOR) a tenu à apporter des précisions et à rassurer les populations. Selon l’agence, les perturbations constatées ne relèvent pas d’une pénurie d’eau, mais sont dues à des travaux de remise en service sur certains forages actuellement à l’arrêt. « Il faut préciser qu’il n’y a pas de pénurie d’eau. La situation est que sur 42 forages, deux sont à l’arrêt. Nous avons noté des baisses de débit au niveau de certains forages, ce qui engendre des perturbations dans certaines zones », a expliqué Bamba Sarr, représentant local de l’OFOR à Touba.

L’arrêt temporaire de deux forages, combiné à une baisse du débit sur plusieurs autres installations, est à l’origine des difficultés observées dans l’alimentation de certains secteurs de la ville. Ces perturbations sont qualifiées de temporaires par l’OFOR, qui assure que les opérations de maintenance sont en cours pour rétablir un service normal dans les meilleurs délais.

La structure promet un retour progressif à la normale au fur et à mesure que les forages concernés seront remis en service. Elle invite en attendant les populations à faire preuve de patience et de responsabilité dans leur consommation d’eau.

Cette situation remet en lumière les enjeux liés à l’accès à l’eau dans une ville en forte croissance démographique, notamment en période de forte chaleur, et souligne la nécessité d’un renforcement durable des infrastructures hydrauliques dans les grandes agglomérations religieuses comme Touba.

Sangomar : une vente record de pétrole en avril, selon Birame Souleye Diop

Le champ pétrolier de Sangomar a connu une performance exceptionnelle durant le mois d’avril 2025, avec une vente record de 3,8 millions de barils de pétrole brut. Cette annonce a été faite par le ministre de l’Énergie, du Pétrole et des Mines, Birame Souleye Diop, lors d’un atelier d’information tenu à Somone, dans le département de Mbour. Cette rencontre, organisée en collaboration avec l’Association des Journalistes pour la Transparence dans les Ressources Extractives et la Préservation de l’Environnement (AJTREPE), entre dans le cadre de la nouvelle stratégie de communication adoptée par les autorités pour renforcer la transparence autour des projets pétroliers, gaziers et miniers.

Cette vente record, réalisée à travers le chargement de quatre cargaisons durant le mois d’avril, confirme la bonne dynamique du projet Sangomar, développé en offshore profond. La production du champ est opérée par Woodside Energy en partenariat avec la société nationale PETROSEN. Selon les projections du ministère, la production annuelle attendue est estimée à 30,53 millions de barils pour l’année 2025. Le mois d’avril marque donc un tournant dans la courbe de rendement, avec un volume mensuel qui représente déjà plus de 12 % des objectifs annuels.

Parallèlement, le ministre a annoncé que le Sénégal avait franchi une étape historique sur le projet gazier Grand Tortue Ahmeyim (GTA), développé conjointement avec la Mauritanie. Le 15 avril 2025, la première cargaison de gaz naturel liquéfié (GNL) a été entièrement chargée avec un volume total de 163 259 mètres cubes, soit l’équivalent de 3,71 millions de MMBtu. Ce moment marque l’entrée officielle du Sénégal dans le cercle des pays exportateurs de GNL. Les opérations de mise en service des infrastructures se poursuivent, avec pour objectif une montée en puissance progressive de la production dans les mois à venir.

Au-delà des chiffres, cette séquence confirme le changement d’échelle que connaît actuellement le secteur énergétique sénégalais. Le ministre a souligné que ces résultats traduisent les effets concrets des réformes structurelles menées depuis plusieurs années et du choix stratégique d’investir dans l’exploitation raisonnée des ressources naturelles du pays. Il a par ailleurs réaffirmé la volonté du gouvernement d’associer les médias à chaque étape de la mise en œuvre des projets extractifs afin de favoriser un climat d’information, de transparence et de responsabilité dans la gouvernance des ressources nationales.

Réforme des daaras : l’État sénégalais lance un recensement national en juin pour protéger les talibés

Le gouvernement sénégalais s’apprête à franchir un pas décisif dans sa politique de réforme des daaras, ces écoles coraniques traditionnelles, en lançant un recensement national dès le mois de juin 2025. Objectif : mieux encadrer les enfants talibés, éradiquer la mendicité forcée, et soutenir les structures éducatives conformes aux normes.

L’annonce a été faite par Maïmouna Dièye, ministre de la Famille et des Solidarités, lors du Gamou de Ndiawagn Ndiaye (département de Kébémer). Elle a réaffirmé la volonté politique forte du gouvernement de moderniser le système des daaras, tout en assurant une meilleure protection aux milliers d’enfants talibés répartis à travers le pays.

« Sur instruction du président de la République, le Premier ministre prendra des mesures sévères concernant la mendicité et la gestion des daaras », a déclaré la ministre, visiblement déterminée.

Le recensement, qui débutera en juin, permettra d’identifier les daaras fonctionnant dans les règles et d’évaluer les besoins pour leur accompagnement. Il s’agit aussi de distinguer les véritables foyers d’enseignement religieux des structures informelles souvent impliquées dans l’exploitation des enfants à des fins lucratives.

Maïmouna Dièye n’a pas mâché ses mots à ce sujet :

« Certains encouragent la mendicité à travers des transferts d’argent. Ils ne sont pas sérieux, et nous allons y mettre un terme. »

Elle a également dénoncé l’indifférence face à la détresse des enfants talibés, affirmant que le gouvernement fera tout pour qu’ils bénéficient de conditions similaires à celles des élèves des écoles classiques.

Ce recensement s’inscrit dans un programme plus large de modernisation des daaras, qui inclut l’autonomisation des serignes daaras, la formation des enseignants, l’amélioration des conditions de vie et la réinsertion des enfants livrés à eux-mêmes.

Cette initiative gouvernementale, si elle est bien mise en œuvre, pourrait changer le quotidien de milliers de talibés, longtemps laissés en marge du système éducatif formel et souvent exposés aux abus.

En s’attaquant aux dérives tout en valorisant les daaras exemplaires, l’État sénégalais espère trouver un équilibre entre tradition et protection de l’enfance, dans le respect des valeurs religieuses et des droits fondamentaux.

Hydrocarbures : le Sénégal franchit un cap stratégique avec l’exportation de 3,8 millions de barils et sa première cargaison de GNL

Le mois d’avril 2025 restera gravé comme une étape majeure dans l’histoire énergétique du Sénégal. Dans un rapport publié ce lundi 5 mai, le ministère de l’Énergie, du Pétrole et des Mines détaille les performances impressionnantes des projets pétroliers et gaziers de Sangomar, GTA (Grand Tortue Ahmeyim) et Gadiaga. À la clé : des records de production et la première exportation de gaz naturel liquéfié (GNL), symbole d’un nouveau statut sur la scène énergétique internationale.

Le champ pétrolier de Sangomar, opéré par Woodside Energy, poursuit son ascension. Au mois d’avril, quatre cargaisons – identifiées comme SAN027, SAN028, SAN029 et SAN030 – ont été expédiées, totalisant 3,8 millions de barils de pétrole brut. Cette performance confirme la stabilité de la production, avec des prévisions annuelles qui se maintiennent à 30,53 millions de barils pour l’année 2025.

L’exploitation de Sangomar, située en offshore profond, constitue un pilier central de la stratégie pétrolière du pays. Elle offre désormais une visibilité claire sur la capacité du Sénégal à générer des revenus significatifs à partir de ses ressources pétrolières.

Autre fait marquant du mois : l’exportation historique de la première cargaison de gaz naturel liquéfié issue du projet GTA. Le 15 avril 2025, le navire transportant la cargaison GTA_2025_001 a quitté les installations avec 163 259 m³ de GNL, soit 3,71 millions de MMBtu.

Cette opération, fruit d’un partenariat avec la Mauritanie, positionne officiellement les deux pays sur le marché mondial du gaz liquéfié. Elle marque aussi le début de la phase commerciale du projet GTA, après plusieurs années de développement technique et financier. Les opérations de mise en service des infrastructures se poursuivent, avec pour objectif une montée en puissance progressive dans les mois à venir.

Moins visible mais tout aussi stratégique, le champ de Gadiaga continue de fournir du gaz naturel pour l’alimentation du marché local. Au premier trimestre 2025, 548 078 Nm³ de gaz ont été commercialisés. Pour le seul mois d’avril, la production est estimée à 219 809 Nm³, traduisant une activité soutenue malgré la montée en puissance des grands projets offshore.

Entre records de production, diversification des ressources et premières exportations gazières, le mois d’avril 2025 consacre une dynamique de transformation profonde du secteur énergétique sénégalais. À travers ces résultats, le pays consolide son ambition de devenir un acteur régional de référence, tout en posant les jalons d’un développement économique fondé sur l’exploitation durable de ses ressources naturelles.

Secteur extractif : une manne de 236 milliards FCFA pour l’État au premier semestre 2024

Le secteur extractif sénégalais confirme son rôle moteur dans l’économie nationale. Selon le dernier rapport semestriel publié par l’Initiative pour la Transparence dans les Industries Extractives (ITIE), ce lundi 5 mai 2025, les revenus générés par les activités minières et pétrolières ont atteint 236,59 milliards FCFA au premier semestre de l’année 2024. Un chiffre en forte progression qui représente déjà 64 % des recettes totales du secteur pour l’année 2023.

Sur ce montant, 225,49 milliards FCFA ont été directement affectés au budget de l’État, traduisant une efficience renforcée dans la captation des ressources issues du sous-sol. Le reste des recettes a été réparti entre divers acteurs et mécanismes, notamment la société nationale PETROSEN, les structures collectrices, les institutions régionales comme l’UEMOA et la CEDEAO, ainsi que les fonds sociaux et environnementaux.

La contribution du secteur des hydrocarbures s’est nettement améliorée : 45,79 milliards FCFA de revenus ont été collectés sur cette filière, contre 30,65 milliards FCFA sur l’ensemble de l’année 2023. Cette progression spectaculaire s’explique en grande partie par les paiements exceptionnels de la société Woodside Energy Senegal, dont :

  • 3 milliards FCFA liés à un règlement douanier suite à un audit couvrant la période 2016–2021 ;
  • 21,75 milliards FCFA au titre de droits de douane sur des opérations d’importation.

Le secteur minier, traditionnellement dominant, maintient sa dynamique avec des revenus du premier semestre représentant 56,36 % du total de l’exercice 2023. L’exploitation de l’or, du zircon, du phosphate ou encore du calcaire continue d’alimenter significativement les caisses de l’État.

Globalement, 95,31 % des revenus tirés du secteur extractif durant ce semestre ont été affectés au budget national, ce qui équivaut à 65,14 % des ressources budgétisées en 2023 à partir de ce secteur. Cela confirme non seulement l’amélioration du rendement fiscal, mais aussi l’importance croissante des ressources naturelles dans le financement des politiques publiques.

Avec l’entrée en production attendue de projets majeurs comme le champ pétrolier de Sangomar ou le terminal gazier Grand Tortue Ahmeyim (GTA), les perspectives pour la deuxième moitié de 2024 et les années à venir sont prometteuses. Le Sénégal semble bien engagé sur la voie de la transformation économique tirée par ses ressources naturelles, à condition de maintenir un cadre rigoureux, transparent et équitable.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°456 – 05/05/2025

🔴 UEMOA / ADJUDICATION CIBLÉE DE BONS ASSIMILABLES DU TRÉSOR : LE SÉNÉGAL CONTRAINT D’EMPRUNTER À PLUS DE 6%
🔴 PRIX DE L’« OPÉRATION DE L’ANNÉE » AUX BRVM AWARDS 2025 : LE SÉNÉGAL, AS DES MARCHÉS

🔴 BAL / CONFÉRENCE SAHARA : CLAP DE FIN POUR L’ASCVD
🔴 22e JOURNÉE DE LA LIGUE 1 : UN DIMANCHE À ZÉRO POINTÉ

Subvention ADEPME : Le CDEPS dénonce une tentative de récupération politique et clarifie le processus

Dans un communiqué rendu public ce week-end, le Conseil des Diffuseurs et Éditeurs de Presse du Sénégal (CDEPS) a pris la parole pour clarifier les conditions d’octroi de la subvention de l’ADEPME à douze entreprises de presse. Le CDEPS a également dénoncé une tentative de récupération politique qu’il juge « malveillante » concernant cette initiative.

Le samedi 3 mai, lors de la célébration de la Journée mondiale de la liberté de la presse, l’Agence de Développement et d’Encadrement des Petites et Moyennes Entreprises (ADEPME) a annoncé un soutien financier pour une douzaine de médias, dans le cadre du Programme d’Appui à l’Accélération Industrielle, à la Compétitivité et à l’Emploi (PAAICE), financé par la Banque africaine de développement (BAD) depuis 2021.

Selon le CDEPS, ce soutien représente un « véritable souffle de relance » pour les entreprises de presse en difficulté, qui font face à une situation financière de plus en plus précaire depuis près d’un an. Le processus, qui a débuté en octobre 2024, a permis la rencontre entre éditeurs de presse, l’équipe projet de l’ADEPME et les cabinets Ibrahima Touré (ITO) et Alioune Touré (ATO) pour élaborer un plan de restructuration. Ce plan comprend des mesures telles que la protection juridique, la relance économique, la digitalisation et la mobilisation de financements.

Le financement couvre 75 % de la subvention dans le cadre du portefeuille « Fonds à frais partagés », sous réserve que chaque entreprise mobilise une quote-part de 25 %, conformément à la convention signée. Le CDEPS précise que, à ce jour, aucun fonds n’a encore été versé, car les conditions de décaissement n’ont pas encore été remplies.

Le Conseil des Diffuseurs et Éditeurs de Presse du Sénégal s’insurge contre ce qu’il considère comme une tentative de récupération politique de cette initiative par le ministère de la Communication. Le CDEPS affirme que le ministère dirigé par M. Alioune Sall n’a joué aucun rôle dans le processus et dénonce le manque d’accompagnement institutionnel de sa part, notamment concernant la gestion du Fonds d’Appui et de Développement de la Presse (FADP). Le CDEPS accuse le ministre d’avoir délibérément retardé la distribution des fonds du FADP en 2024, entraînant un reversement des budgets non utilisés au Trésor. Toutefois, il indique que ces fonds restent récupérables via une loi de finances rectificative.

Le communiqué critique également une réforme en cours du décret régissant le FADP, jugée précipitée et unilatérale, sans concertation avec les professionnels du secteur. Le CDEPS déplore également la paralysie du CORED (organe d’autorégulation) et l’inaction de la Commission de la Carte nationale de Presse, qui n’a délivré aucun titre professionnel depuis plus d’un an.

En réponse à la situation, le CDEPS a déposé un recours en référé auprès de la Cour suprême le 2 mai 2025, demandant la suspension des assignations de « cessation immédiate de parution ou de diffusion » adressées à certaines entreprises de presse. Une procédure au fond est également en cours pour contester l’arrêté du ministre de la Communication à l’origine de ces assignations.

Énergie : West African Energy injecte 127 MW dans le réseau de Senelec

West African Energy (WAE) a franchi une étape décisive dans la mise en service de sa centrale thermique à cycle combiné de 366 mégawatts (MW) à Rufisque, en annonçant l’injection effective de 127 MW dans le réseau national de la Senelec. Cette avancée fait suite à la réussite des tests de performance de la turbine GT11.

Ce jalon technique, salué comme un succès, illustre non seulement la qualité de l’ingénierie mise en œuvre, mais aussi l’efficacité de la coordination institutionnelle et opérationnelle autour du projet. Il marque le début de l’exploitation progressive de cette infrastructure stratégique, appelée à renforcer durablement la capacité énergétique du Sénégal.

Porté par une vision ambitieuse de souveraineté énergétique, ce projet est le fruit d’un engagement fort de M. Samuel A. Sarr, président de West African Energy, qui a su fédérer les expertises et les ressources autour d’un objectif central : assurer un approvisionnement fiable, durable et compétitif en électricité pour le pays.

À terme, les 366 MW attendus permettront non seulement de stabiliser le réseau électrique national, mais aussi d’améliorer la qualité du service public d’électricité. La centrale contribuera également à soutenir les politiques industrielles et économiques du Sénégal, en offrant aux entreprises un cadre énergétique plus prévisible et performant.

West African Energy a exprimé sa reconnaissance à la direction générale de la Senelec, au gouvernement sénégalais, ainsi qu’à l’ensemble des partenaires techniques, financiers et institutionnels ayant contribué à la concrétisation du projet. Parmi eux, l’Africa Finance Corporation (mandataire principal), Coris Bank International, Afreximbank, General Electric (GE), Çalik Enerji, Sakina Génie civil, Afry Ingénierie Conseil, E.E.S Environnement, Bureau Veritas, Fasken, Global Infrastructures Advisor et Tractebel.

West African Energy est une entreprise sénégalaise de référence dans le développement, la construction et l’exploitation de centrales électriques de grande capacité. Engagée pour la transformation énergétique du Sénégal et de l’Afrique de l’Ouest, la société place la souveraineté, la performance et la durabilité au cœur de sa stratégie.

BRVM Awards 2025 : Le Sénégal sacré à Cotonou pour son opération obligataire de l’année

Le mercredi 30 avril à Cotonou, la sixième édition des BRVM Awards a une nouvelle fois célébré les acteurs majeurs du marché financier régional. L’État du Sénégal s’est illustré en remportant le prix de l’« Opération de l’année – Obligation », une distinction qui vient couronner l’émission obligataire « État du Sénégal 6,25% 2024-2029 ».

Ce succès n’est pas le fruit du hasard. Il incarne la stratégie résolument tournée vers les marchés régionaux adoptée par les autorités sénégalaises. Il traduit également le rôle central joué par Invictus Capital & Finance (ICF), la Société de Gestion et d’Intermédiation (SGI) qui a piloté la structuration et la mobilisation des ressources.

L’émission primée constitue l’une des trois tranches d’un vaste programme obligataire à travers lequel l’État sénégalais a levé plus de 265 milliards FCFA. Aux côtés de l’émission couronnée, on retrouve deux autres lignes : « État du Sénégal 6,45% 2024-2031 » et « État du Sénégal 6,65% 2024-2034 ». Ces titres, à taux d’intérêt fixes compris entre 6,25 % et 6,65 %, et à maturité allant de 5 à 10 ans, visaient à financer des investissements stratégiques prévus dans le budget 2024. L’enthousiasme qu’elles ont suscité auprès des investisseurs démontre une confiance forte et renouvelée envers la signature sénégalaise.

C’est la deuxième année consécutive que le Sénégal reçoit ce prix, avec Invictus Capital & Finance une nouvelle fois à la manœuvre. En tant qu’arrangeur et chef de file, ICF a su structurer des opérations sur mesure, dans un environnement marqué par un durcissement des conditions monétaires et une concurrence accrue pour l’accès aux capitaux.

L’année 2025 marque d’ailleurs un tournant pour ICF. Le 27 mars, la société a structuré un emprunt obligataire public de 150 milliards FCFA pour le compte de l’État du Sénégal. Résultat : une mobilisation exceptionnelle de 416 milliards FCFA, un record sur la place financière de l’UEMOA.

Cette performance s’inscrit dans une trajectoire ascendante pour ICF. Créée en 2019, la SGI s’était déjà distinguée en 2023 à travers deux émissions majeures : la première, d’un montant initial de 120 milliards FCFA, avait été clôturée sur une levée de 204,86 milliards grâce à une sursouscription. La seconde avait atteint 138,27 milliards FCFA.

En l’espace de cinq années seulement, Invictus Capital & Finance est devenue la deuxième SGI du Sénégal en volume de transactions, et la sixième au niveau régional. Cette ascension rapide repose sur une stratégie offensive, conjuguée à une expertise technique solide en matière de structuration d’instruments de dette publique.

Pour les dirigeants d’ICF, cette distinction n’est qu’un jalon. L’entreprise ambitionne d’aller plus loin, en proposant des opérations toujours plus innovantes, impactantes et socialement responsables. La reconnaissance obtenue à Cotonou vient ainsi récompenser toute une chaîne de confiance, d’expertise et de performance, et renforce le positionnement du Sénégal comme un acteur de premier plan sur les marchés financiers africains.

Sénégal : Le Trésor Public encaisse plus de 193 milliards FCFA sur le marché financier de l’UEMOA

Le Trésor Public du Sénégal a réussi une opération de mobilisation de ressources d’envergure sur le marché financier régional de l’UEMOA. Mise en adjudication pour un montant initial de 180 milliards de FCFA, l’émission a suscité un engouement notable des investisseurs, totalisant 193,002 milliards de FCFA de soumissions, soit un taux de couverture de 107,22 %.

Face à cet engouement, les autorités sénégalaises ont décidé de retenir l’intégralité des soumissions reçues, portant ainsi le taux d’absorption à 100 %. Une décision qui témoigne de la confiance des investisseurs dans la signature souveraine du Sénégal et de la solidité de ses perspectives financières à moyen et long terme.

Les souscripteurs de cette émission bénéficieront d’un rendement moyen pondéré de 7,22 % pour les bons du Trésor, de 7,49 % pour les obligations à trois ans, et de 7,14 % pour celles à cinq ans. Les intérêts liés aux bons seront précomptés à l’avance sur la valeur nominale et le remboursement interviendra le premier jour ouvré suivant la date d’échéance fixée au 3 mai 2026.

Concernant les obligations, les échéances sont prévues au 17 mars 2028 pour celles à trois ans, et au 5 mai 2030 pour celles à cinq ans. Les détenteurs de ces titres percevront des intérêts annuels, à hauteur de 6,30 % pour les obligations de trois ans et 6,45 % pour celles de cinq ans, avec un premier paiement prévu à la fin de la première année.

Cette levée de fonds vient renforcer les capacités de l’État à faire face à ses engagements budgétaires tout en maintenant le cap des investissements publics dans un contexte économique marqué par la relance post-Covid et les besoins croissants en infrastructures.

Pacte de stabilité sociale : la FGTS/B dénonce une trahison et exprime son soutien aux travailleurs licenciés

La Fédération Générale des Travailleurs du Sénégal (FGTS/B) est montée au créneau ce dimanche 4 mai 2025 pour dénoncer vigoureusement la reconduction du Pacte de stabilité économique et sociale. Dans un communiqué transmis à la presse, la centrale syndicale fustige ce qu’elle qualifie de « trahison syndicale », tout en réaffirmant son « soutien indéfectible » aux travailleuses et travailleurs récemment licenciés, notamment ceux de la RTS.

Selon la FGTS/B, la signature de ce pacte, censé consolider la paix sociale et favoriser un climat propice aux investissements, a été opérée sans consultation des syndicats de branche ni résolution des passifs liés aux conflits sociaux en cours. La Fédération s’indigne que certaines centrales aient signé un tel accord alors même que plusieurs travailleurs licenciés, dans différents secteurs, attendent toujours leur réintégration ou une compensation équitable.

« Nous assistons à une manœuvre qui sacrifie les intérêts des travailleurs sur l’autel d’un consensus de façade », peut-on lire dans le document. Pour la FGTS/B, cette signature hâtive, sans conditions claires, fragilise la lutte syndicale et ignore les revendications de base, comme la sécurité de l’emploi et la dignité au travail.

Le communiqué déplore également la gravité de la situation de l’emploi salarié au Sénégal, décrivant un marché du travail fragilisé, où les licenciements se multiplient sans véritable plan de sauvegarde sociale. La FGTS/B estime qu’il est « inacceptable » de prôner la stabilité sociale tout en « excluant de la table des négociations ceux qui représentent les réalités des secteurs en crise ».

Dans une note plus personnelle, la Fédération exprime sa solidarité envers les familles touchées, notamment celles des anciens agents de la Radiodiffusion Télévision Sénégalaise (RTS), dont elle dit partager la « douleur, l’angoisse et le sentiment d’abandon ». Elle demande une reprise urgente du dialogue autour des dossiers de licenciement en instance, et appelle à des solutions concrètes en matière de réintégration ou de soutien aux travailleurs impactés.

Enfin, la FGTS/B conclut en réaffirmant son attachement à la « troisième voie » : un syndicalisme fondé sur les principes de justice sociale, d’indépendance et de défense effective des droits des travailleurs, loin des compromis « politiciens » ou « protocolaires ».

Média : LEJECOS saisit la Cour suprême pour contester un arrêté du ministère de la Communication

Le Journal de l’Économie Sénégalaise (LEJECOS) a saisi la Cour suprême du Sénégal pour demander l’annulation et la suspension de l’arrêté ministériel n°011059/MCTN du 22 avril 2025, signé par le ministère de la Communication, des Télécommunications et du Numérique. Cet arrêté s’inscrit dans le prolongement de celui du 29 juillet 2024, qui a instauré une plateforme numérique dédiée à l’identification des entreprises de presse. LEJECOS estime que ce texte administratif porte atteinte à ses droits fondamentaux, notamment la liberté de la presse et la liberté d’entreprise.

Dans sa requête, déposée le 30 avril 2025 et enregistrée sous le numéro J/209/RG/25, le journal invoque l’article 85 de la loi organique n°2017-09 du 17 janvier 2017 relative à la Cour suprême, qui permet au juge des référés de prendre toute mesure urgente pour préserver une liberté fondamentale menacée. Le journal considère que l’arrêté ministériel impose des conditions excessives qui risquent d’exclure ou de marginaliser des organes de presse légalement constitués et régulièrement déclarés auprès des autorités compétentes.

Assisté de ses avocats, Mes El Hadji Amadou Sall, Mamadou Djiby Diallo et Cheikh Faye, LEJECOS a joint à son recours plusieurs pièces justificatives pour attester de sa régularité. Il s’agit notamment de son contrat de prestation avec la Direction générale des impôts et domaines (DGID), de son numéro d’identification nationale (NINEA), de son registre de commerce (RCCM), de sa patente, d’un bordereau de dépôt de pièces, ainsi que d’une copie du procès-verbal de notification du 25 avril 2025.

Les conseils de LEJECOS soutiennent que l’arrêté viole les principes de sécurité juridique, de transparence administrative et d’égalité devant la loi. Ils estiment que la plateforme numérique, telle qu’imposée par le ministère, pourrait conduire à une discrimination déguisée entre entreprises de presse. En déposant ce recours, LEJECOS ne rejette pas le principe de régulation, mais entend dénoncer les modalités d’application jugées arbitraires et inadaptées à la réalité du secteur.

Conformément à la procédure d’urgence prévue par la loi, les avocats du journal ont demandé au juge des référés de statuer dans un délai de 48 heures. En attendant la décision, ils n’excluent pas d’engager d’autres actions pour la défense des intérêts du journal et, au-delà, pour le respect des principes de liberté de la presse au Sénégal.

Accident tragique de Vélingara : « C’est l’irresponsabilité qui est encore une fois pointée », déplore le ministre de l’Éducation nationale

Le ministre de l’Éducation nationale, Moustapha Mamba Guirassy, a vivement réagi à l’accident tragique survenu à Vélingara, qui a coûté la vie à deux personnes et fait une trentaine de blessés. Depuis Saint-Louis, où il participait à la conférence nationale du RESACLAP (Réseau des Structures d’Appui aux Collectivités Locales pour l’Appui à la Planification), le ministre a exprimé sa consternation et pointé du doigt les responsabilités.

« C’est l’irresponsabilité qui est encore une fois pointée », a-t-il lancé, dénonçant des comportements humains qu’il juge à l’origine de la tragédie. « Et c’est malheureux que nous continuions de voir ce type de comportement », a-t-il ajouté, manifestement affecté par le drame.

Moustapha Mamba Guirassy a insisté sur la nécessité d’un sursaut collectif face à ce qu’il qualifie de « négligence extraordinaire », qui engendre des pertes humaines inacceptables. Pour lui, ces accidents auraient pu être évités si les règles de sécurité avaient été strictement respectées.

Dans un message de compassion, le ministre a adressé ses condoléances les plus attristées aux familles endeuillées et a exprimé sa solidarité aux blessés, à qui il a souhaité un prompt rétablissement. Il a également annoncé son intention de leur rendre visite au nom du gouvernement.

Ce nouveau drame ravive les interrogations sur les conditions de sécurité dans le transport scolaire et collectif, un sujet devenu récurrent dans l’actualité nationale.

Groupe Emedia : les travailleurs exigent le paiement de 11 mois de salaires impayés après un financement de l’ADEPME

La tension monte au sein du groupe Emedia. Après l’octroi par l’ADEPME d’un financement de 32 millions de FCFA destiné à accompagner la restructuration des entreprises de presse, les travailleurs du groupe, via le Syndicat des Professionnels de l’Information et de la Communication du Sénégal (Synpics), section Emedia, exigent que cette somme serve en priorité au paiement de leurs salaires impayés.

Dans un communiqué publié ce week-end, le Synpics-Emedia rappelle que la direction du groupe doit toujours 11 mois de salaires à ses employés. Le syndicat dénonce une situation devenue « intenable » pour les journalistes, techniciens et personnels administratifs du média, qui continuent d’assurer leur mission d’information dans des conditions précaires.

« Nous restons mobilisés pour la défense des droits et de la dignité des travailleurs du groupe », déclare le communiqué, illustrant le profond malaise social qui secoue le groupe Emedia depuis plusieurs mois.

Ce cri d’alarme intervient dans un contexte où l’État, à travers l’ADEPME, tente de redresser le secteur des médias via un Programme de Restructuration Financière, avec à la clé des appuis ciblés aux entreprises jugées viables. Pour les employés d’Emedia, cependant, la justice sociale doit primer sur toute tentative de relance économique.

« Pas de relance sans justice sociale », martèle le Synpics, dénonçant un manque de transparence dans la gestion des ressources allouées à l’entreprise et appelant à un audit de l’utilisation des fonds publics.

Alors que la direction d’Emedia reste silencieuse sur les modalités d’utilisation de l’enveloppe obtenue, le bras de fer avec les travailleurs pourrait s’intensifier dans les jours à venir, si aucune mesure concrète n’est prise pour régler les arriérés de salaires.

Seydi Gassama : « Le fils de Macky Sall n’a rien à craindre s’il est convoqué par la justice »

Dans le cadre du débat sur la reddition des comptes et la transparence dans la gestion des affaires publiques, Seydi Gassama, directeur exécutif d’Amnesty International Sénégal, a pris position sur le cas du fils de l’ancien président Macky Sall, cité dans plusieurs affaires touchant la gestion des ressources publiques. Lors de son passage dans l’émission Jury du Dimanche (JDD) sur RFM ce 4 mai, le défenseur des droits humains a affirmé que le fils du président Sall doit pouvoir répondre à toute convocation de la justice, sans crainte ni traitement de faveur.

Seydi Gassama a expliqué que, lorsque des membres de la famille d’un chef d’État sont directement impliqués dans des affaires de gestion publique, il est normal qu’ils soient appelés à rendre des comptes. Selon lui, la proximité du fils de l’ex-président Sall avec certaines affaires liées à la gestion des deniers publics justifie une convocation par la justice. « Il doit pouvoir répondre sans crainte ni faveur », a-t-il insisté, soulignant que, dans une démocratie saine, aucun citoyen, même ceux ayant des liens familiaux avec des dirigeants, ne doit être exempté de la loi.

Il a également rappelé le cas de Karim Wade, le fils de l’ex-président Abdoulaye Wade, qui a été inculpé après la fin du mandat de son père pour des accusations de mauvaise gestion et de corruption. « Ce type de situation n’est pas un cas isolé. Si un membre de la famille d’un président est impliqué dans des affaires publiques, la justice doit être impartiale et équitable », a ajouté Seydi Gassama.

Dans son analyse, Seydi Gassama a pris l’exemple de l’ancien président Léopold Sédar Senghor pour illustrer l’importance de maintenir une séparation nette entre la famille et l’État. Selon lui, Senghor avait pris soin de maintenir une certaine distance entre sa famille et les affaires publiques, et son fils Philippe avait même choisi de poursuivre ses études à l’université de Dakar, plutôt que de partir en France, ce qui témoignait d’une volonté de préserver l’intégrité de la gestion publique. « Senghor a montré qu’il était possible de respecter la séparation entre famille et affaires de l’État, et c’est une leçon importante à retenir », a-t-il souligné.

Seydi Gassama a également insisté sur le besoin d’une justice équitable, indépendante et transparente. Selon lui, l’objectif n’est pas d’exclure les membres d’une lignée présidentielle de la sphère publique, mais de garantir que leur position ne les exonère pas des responsabilités et des lois en vigueur. « Le fils de Macky Sall n’a rien à craindre s’il est convoqué par la justice. Ce qui importe, c’est que ses droits soient respectés et qu’il puisse répondre aux accusations sans ingérence politique », a-t-il conclu.

Cheikh Diop (CNTS/FC) : « Si on veut un pacte de stabilité sociale, il faudrait que chaque partie respecte ses engagements »

Le secrétaire général de la Confédération Nationale des Travailleurs du Sénégal – Forces du Changement (CNTS/FC), Cheikh Diop, a lancé un appel ferme à l’État et aux partenaires sociaux, les exhortant à respecter les engagements issus du pacte de stabilité sociale signé récemment. Invité de l’émission Grand Jury ce dimanche 4 mai sur la RFM, le syndicaliste a rappelé que ce pacte ne saurait être efficace sans une application rigoureuse de ses termes.

« Si on veut un pacte de stabilité sociale, il faudrait que chaque partie respecte ses engagements, faute de quoi le pacte n’a pas de sens », a-t-il martelé. Cheikh Diop a insisté sur le fait que ce pacte, présenté comme un tournant pour le climat social au Sénégal, repose sur la confiance réciproque et la volonté politique de matérialiser les accords.

Selon lui, les syndicats ont fait preuve de responsabilité en acceptant de signer un tel engagement dans un contexte économique et social tendu. En retour, il est impératif que l’État honore ses promesses, notamment sur les revendications salariales, les conditions de travail, et le dialogue social permanent.

Cheikh Diop a également évoqué les ambitions profondes du pacte : consolider la paix sociale, attirer les investisseurs étrangers, créer un climat propice à l’émergence économique et renforcer les mécanismes de protection des travailleurs. « Ce pacte est un levier de stabilité macroéconomique, mais aussi un instrument pour la justice sociale », a-t-il déclaré.

Il a rappelé que la réussite de cette initiative dépendra de la capacité de toutes les parties à respecter leurs rôles : « Les syndicats ont accepté de modérer les mouvements d’humeur pour privilégier le dialogue. Mais si les engagements de l’État sont ignorés, cette retenue ne pourra pas durer. »

Cheikh Diop a mis en garde contre toute tentative de dilution ou de report des engagements signés. Selon lui, cela compromettrait la confiance entre partenaires sociaux et risquerait d’entraîner une radicalisation des positions syndicales. « Ce serait un retour à la case départ, avec des grèves et des blocages dans des secteurs stratégiques », a-t-il averti.

Pour conclure, le leader syndical a appelé à un suivi rigoureux de la mise en œuvre du pacte par une commission paritaire de suivi et d’évaluation, afin d’éviter toute dérive. Il a également salué l’implication de certains ministres du nouveau gouvernement dans la relance du dialogue social, tout en appelant à plus de fermeté sur les délais d’exécution.

Démantèlement d’un réseau de faussaires : deux nouveaux suspects arrêtés à Guinaw Rails

L’étau se resserre autour d’un vaste réseau de faussaires spécialisés dans la falsification de documents administratifs. Deux nouveaux suspects ont été interpellés à Guinaw Rails par les éléments du commissariat d’arrondissement local, portant à onze le nombre total de personnes arrêtées dans cette affaire.

Ces arrestations interviennent dans le cadre d’une enquête en cours sur un réseau bien structuré, soupçonné d’être impliqué dans la fabrication de faux papiers d’identité, de passeports et de visas. Les deux individus appréhendés sont poursuivis pour « association de malfaiteurs, faux et usage de faux ».

Des perquisitions menées à leurs domiciles ont permis la saisie de douze passeports, dont un encore valide, et de sept visas détachés de leurs documents d’origine. Ces découvertes confirment l’existence d’un système organisé et sophistiqué, capable de produire des documents contrefaits en série.

Les profils des personnes interpellées sont actuellement examinés avec minutie par les enquêteurs. Il s’agit de déterminer les rôles de chacun dans ce réseau ainsi que les ramifications de l’organisation, notamment les circuits de distribution de ces faux documents.

Les deux suspects arrêtés ont été placés en garde à vue. L’enquête, toujours en cours, vise à identifier l’ensemble des complices et à faire la lumière sur les objectifs réels de ce trafic. Les autorités craignent que ces documents falsifiés aient été utilisés dans des activités illégales comme l’immigration clandestine, la fraude ou encore le blanchiment d’argent.

Ce nouveau coup de filet vient renforcer la vigilance des forces de l’ordre face à un phénomène en pleine recrudescence et souligne l’importance de la coopération entre les services pour contrer les réseaux criminels transnationaux.

Seydi Gassama : « La reddition des comptes actuelle est normale et nécessaire »

Le directeur exécutif d’Amnesty International Sénégal, Seydi Gassama, s’est exprimé ce dimanche 4 mai sur iRadio, dans l’émission Le Jury du Dimanche, à propos de la vague actuelle de reddition des comptes au Sénégal. Pour lui, ce processus, loin d’être anormal ou dicté par des considérations politiques, s’inscrit dans une logique institutionnelle encouragée depuis des années par les partenaires techniques et financiers du pays.

« Aujourd’hui, ce qui se passe est tout à fait normal », a-t-il affirmé. Selon lui, tous les responsables publics mêlés à la gestion de fonds ou à la prise de décisions engageant l’État doivent pouvoir rendre compte devant la justice, quel que soit leur rang ou leur passé politique.

Seydi Gassama rappelle que les instruments actuels de lutte contre la corruption – tels que l’Office national de lutte contre la fraude et la corruption (OFNAC), le Pool judiciaire financier ou encore la Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF) – sont des créations de l’ancien régime de Macky Sall, mises en place sous la pression d’institutions internationales comme l’UEMOA, la Banque mondiale ou la BAD. Ces dernières exigent des mécanismes solides de bonne gouvernance pour accorder leur soutien financier.

« Ces organes produisent régulièrement des rapports sur la base desquels des poursuites sont engagées. C’est donc un processus institutionnel déjà ancré », a-t-il expliqué.

Le militant des droits humains a aussi dénoncé l’absence de volonté politique sous l’ancien président Macky Sall pour aller au bout de la transparence. « Il n’y a eu qu’un seul responsable du régime précédent déféré à la justice malgré les nombreux rapports accablants. Des documents ont été tout simplement enterrés dans des tiroirs », déplore-t-il.

Il affirme même avoir en sa possession certains de ces rapports, jamais rendus publics ni transmis à la justice. Pour lui, cette impunité a encouragé la malgouvernance. « Macky Sall donnait l’impression de garantir à son entourage une immunité totale. C’est ce qui a ouvert la porte à des abus. »

Si Seydi Gassama soutient l’action actuelle des autorités judiciaires, il insiste toutefois sur la nécessité de préserver la sérénité et l’indépendance de la justice. Il s’est inquiété de la surmédiatisation du processus et des tentatives de récupération politique.

« Le jour où les Sénégalais sentiront que cette opération est motivée par une volonté de vengeance, elle perdra toute légitimité. Il faut donc laisser les magistrats travailler dans le calme, loin des pressions politiques ou médiatiques. »

En résumé, Seydi Gassama estime que la justice doit suivre son cours sans interférences, et que toute personne ayant géré des deniers publics doit rendre des comptes. Ce processus, à ses yeux, n’a rien d’exceptionnel. Il est le signe d’un État qui se réconcilie avec les principes de transparence et de redevabilité.

Levée de l’immunité parlementaire : Ayib Daffé plaide pour une réforme en profondeur du règlement intérieur

La levée de l’immunité parlementaire de deux anciens ministres sous Macky Sall, aujourd’hui députés, agite la scène politique sénégalaise. Ndèye Saly Diop et Moustapha Diop ont vu leur immunité levée par l’Assemblée nationale, ouvrant la voie à une éventuelle poursuite judiciaire devant la Haute Cour de Justice, dans le cadre de l’enquête sur la gestion controversée des fonds Covid-19.

Cette décision intervient dans un contexte marqué par des accusations de malversations financières visant plusieurs figures de l’ancien régime. Trois autres ex-ministres seraient également dans le viseur de la justice.

Invité ce dimanche 4 mai sur PressAfrik TV HD, Ayib Daffé, président du groupe parlementaire Pastef-Les Patriotes, a apporté un éclairage précieux sur cette procédure souvent mal comprise du grand public. Membre de la commission ad hoc chargée de statuer sur les demandes de levée d’immunité, il a tenu à rappeler que cette démarche ne constitue ni une condamnation, ni même une mise en examen automatique.

« Lever l’immunité parlementaire ne signifie pas que le député est coupable. C’est simplement un acte permettant à la justice d’enquêter librement sur des faits présumés. »

Ayib Daffé a souligné les limites du règlement intérieur actuel, notamment en ce qui concerne le formalisme entourant la demande. Selon lui, rien n’oblige aujourd’hui les autorités à joindre des pièces justificatives solides, comme les procès-verbaux d’enquête préliminaire, aux lettres adressées à l’Assemblée.

« Il faut préciser clairement dans le règlement les documents qui doivent accompagner une demande. Aujourd’hui, ce vide juridique peut ouvrir la porte à des procédures hâtives ou mal préparées. »

Il plaide donc pour une révision complète du règlement intérieur, actuellement en cours, afin de garantir un meilleur encadrement et d’éviter les dérives potentielles. Cette réforme viserait à instaurer davantage de rigueur, à assurer les droits de la défense et à prévenir toute instrumentalisation politique de la justice.

L’un des points majeurs soulevés par Ayib Daffé est le manque d’équilibre dans la procédure. À l’heure actuelle, seul le député concerné est entendu par la commission. Selon lui, les personnes ou structures à l’origine de la plainte devraient également être convoquées pour que la commission puisse se forger une opinion objective.

« Dans toute procédure équitable, il faut entendre les deux parties. Le contradictoire ne peut être à sens unique. »

Cette proposition, si elle est intégrée à la réforme, pourrait renforcer la crédibilité de la commission ad hoc et consolider l’indépendance du Parlement dans l’exercice de ses fonctions.

Pour Pastef et ses alliés, cette levée d’immunité s’inscrit dans une logique de transparence et de redevabilité promise pendant la campagne présidentielle. Toutefois, l’opposition y voit une manœuvre politique visant à affaiblir les anciens dirigeants.

La Haute Cour de Justice, juridiction rarement convoquée dans l’histoire politique sénégalaise, pourrait être amenée à jouer un rôle plus actif dans les mois à venir, à condition que les procédures soient rigoureusement encadrées.

« Nous voulons une justice sereine, juste et respectueuse des droits de tous, même de ceux qui ont exercé le pouvoir hier », a conclu Ayib Daffé.

Daaka 2025 : Ousmane Sonko à Médina Gounass pour présider la cérémonie officielle

Le Premier ministre Ousmane Sonko s’est rendu ce dimanche à Médina Gounass, dans le département de Vélingara, pour présider la cérémonie officielle du Daaka 2025. Ce rassemblement religieux, qui réunit chaque année des milliers de fidèles venus du Sénégal et de plusieurs pays de la sous-région, est consacré à la retraite spirituelle, à la prière et à la lecture du Coran.

Pour cette occasion, le chef du gouvernement est accompagné d’une forte délégation comprenant notamment les ministres de l’Intérieur et de la Sécurité publique, Jean Baptiste Tine, de l’Énergie, du Pétrole et des Mines, Birame Souleye Diop, de la Santé et de l’Action sociale, Ibrahima Sy, du Tourisme et de l’Artisanat, Mountaga Diao, ainsi que du Secrétaire d’État aux Coopératives et à l’Encadrement paysan, Alpha Ba.

Le Daaka, initié en 1942 par le vénéré Thierno Mouhamadou Saïdou Ba (1900-1980), se déroule à environ dix kilomètres de la commune de Médina Gounass. L’édition 2025 a été ouverte le samedi 26 avril sous la présidence du gouverneur de la région de Kolda, en présence du Khalife général de Médina Gounass, Thierno Amadou Tidiane Ba. Elle sera clôturée ce lundi 5 mai, après dix jours de retraite spirituelle marquée par la ferveur religieuse, la méditation et le recueillement.

Par sa présence à cet événement, Ousmane Sonko témoigne de l’attachement du gouvernement aux valeurs religieuses et au dialogue spirituel, dans une volonté de renforcer la cohésion sociale et le respect des traditions.

« Médias non conformes », la fausse route du ministère de la Communication Par Moussa NGOM

Ce texte expose un ensemble de raisons pour lesquelles la démarche adoptée par les autorités pour restructurer le secteur des médias est contraire aux engagements internationaux de l’État du Sénégal et, plus que tout, contre-productive.

Commençons par dire que la logique proclamée de strict respect de la loi n’a pas été poursuivie jusqu’au bout. Le décret d’application de 2021, sur les avantages et obligations attachés au statut d’entreprises de presse, établit expressément que les entreprises doivent « être à jour de leurs obligations administratives, sociales et fiscales ». L’application de ce critère cumulatif aurait entraîné des conséquences bien prévisibles sur le nombre et les noms des médias abusivement dits « reconnus », communiqués dernièrement.
Pour publier une liste finale de médias « conformes », l’autorité a donc fait des concessions sur un manquement précis et s’est fondée sur d’autres manquements pour dépouiller des centaines de médias de leur capacité à publier des informations, sous peine de sanctions allant jusqu’à un an de prison. Mais là n’est pas l’objet de cette contribution.
La réglementation du secteur des médias est un exercice sensible, car elle peut vite aboutir à une ingérence injustifiée sur la liberté d’informer, une activité somme toute universelle. C’est pourquoi les États démocratiques prennent soin, au besoin, d’aménager un cadre adapté, dédié aux professionnels de l’information sans considérer comme une propriété concédée, ce droit naturel de tous les citoyens.
Les conventions internationales sur le sujet, auxquelles le Sénégal déclare avoir adhéré dans sa Constitution, enjoignent donc aux pays de ne pas établir de limitations indues à cette liberté. La philosophie standard des législations sur la presse correspond généralement à la recherche d’un équilibre : assurer que la liberté renforcée des journalistes s’accompagne d’une responsabilité devant la loi.
Il s’agit de les inciter à déclarer leurs activités et propriétaires, permettre l’identification des personnes devant répondre en cas de dérive mais surtout, de leur faire bénéficier d’un régime approprié à l’activité journalistique professionnelle incluant, par exemple, la sauvegarde du secret des sources ou l’accès à toute information d’intérêt public.
Motivées par « la nécessité de restructurer le secteur », dixit le ministre Alioune Sall, appuyées et aidées par une partie de l’establishment de la corporation, les autorités s’attellent non pas (seulement) à établir une cartographie des médias, objectif louable, mais à déterminer, de facto, sur des critères inadéquats, quel média devrait avoir le droit d’exister.
Et pourtant, la Déclaration de principes sur la liberté d’expression de la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples conseille que les systèmes d’enregistrement des médias soient mis en place « à des fins exclusivement administratives » et n’imposent pas « des redevances excessives ou autres restrictions. » (Principe 12). Il en est de même pour la pratique du journalisme qui ne doit pas faire l’objet « de restrictions légales injustifiées » (Principe 19).
Il peut être tentant de penser à l’article 11 de la Constitution (« Le régime de la presse est fixé par la loi. ») mais le débat récent sur l’amnistie permet de rappeler aisément que la loi ne peut aller au-delà des clous conventionnels.
Les limitations ou efforts de régulation doivent servir strictement des buts légitimes et bien définis, comme la prévention de la concentration des médias, son corollaire, la promotion de la pluralité (notamment dans le paysage audiovisuel classique où les fréquences ne sont pas illimitées), la lutte contre l’incitation à la haine, la prévention des atteintes à la dignité humaine, ou encore à l’ordre public. Ce dernier concept a été instrumentalisé sous le régime précédent, dans un discours vague sur des volontés de déstabilisation, pour censurer la couverture des manifestations politiques.
Le code de la presse, bien que plébiscité par des acteurs souhaitant faire du domaine leur espace réservé, offre un terrain limité et des possibilités d’existence dépassées par l’évolution de la technologie et les opportunités offertes par le numérique.
En l’appliquant, l’État s’immisce dans la configuration interne de l’entreprise, aussi formelle soit-elle sur le plan administratif, et lui impose, sans offrir une variété de choix, de souscrire à des modèles figés pour son fonctionnement.
C’est ainsi qu’il est exigé une expérience professionnelle respective de 10 et 7 années au directeur de publication et au rédacteur en chef, et un effectif minimal de 3 employés. Aucun des pays voisins immédiats du Sénégal ne prévoit de dispositions similaires aussi restrictives.
Plus significatif encore, la Cour de justice de la CEDEAO a déjà ordonné au Nigéria, en 2023, de modifier sa loi qui établissait un âge minimum de 25 ans pour être rédacteur en chef d’une publication ainsi que d’autres règles d’exercice de la fonction de journaliste comme l’appartenance à un média traditionnel.
Cette décision, donnant raison à une plainte de deux journalistes locaux, a jugé impératif l’alignement de la législation nigériane sur la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples tout en s’inspirant, entre autres, du Pacte international relatif aux droits civils et politiques (tous ratifiés par le Sénégal).
Dans un formidable exposé, les juges de l’instance communautaire se sont attachés à démontrer comment la règlementation nigériane – vieille de 1992 mais plus souple que le code sénégalais de 2017 – n’était pas en phase avec « l’évolution rapide de la frontière numérique et le dynamisme des plateformes d’expression d’opinion ». « Cette évolution de l’espace médiatique justifie une reconceptualisation du journalisme, de sa pratique et de ses praticiens […]. Les paradigmes traditionnels de contrôle […] ne sont plus appropriés. », ajoute la Cour.
En effet, passées les questions légales, ces règles sénégalaises sont absolument préjudiciables à la liberté d’informer, à la corporation mais avant tout aux jeunes journalistes.
Il est étonnant qu’elles soient avalisées par un ministère qui, dans un autre département, celui du Numérique, promeut à juste titre l’entrepreneuriat, les capacités d’innovation des jeunes (souhaitant même l’ancrer dans le parcours éducatif) et « un destin porté par un écosystème jeune, dynamique et créatif » (discours sur le New Deal technologique).
Autant le président Bassirou Diomaye promet de « promouvoir l’auto-emploi » dans son programme (« initiative Goungué »), Ces questions d’entreprenariat et d’auto-emploi des jeunes ont encore été rappelées lors du dernier Conseil des ministres du 30 avril 2025.
Pour en revenir à l’engouement pour les jeunes dans la Tech du ministère, il aurait été salutaire si le ministère le mettait également à profit des organes de presse, où la transition générationnelle et un souffle neuf sont nécessaires.
Au contraire, la capacité à apporter de nouvelles dynamiques est bridée et assumée, à rebours des tendances mondiales dans le domaine. La plateforme Substack doit en partie son succès fulgurant aux newsletters proposées par des journalistes indépendants, spécialisés et qui trouvent leur public sans avoir à passer par les médias traditionnels. Des journalistes indépendants ont remporté des Prix Pulitzer ou Albert-Londres pour des ouvrages d’une qualité journalistique rare. Il en est de même avec l’attrait du public pour les podcasts professionnels, cités en exemple par la Cour de justice de la CEDEAO.
Faut-il mentionner l’exemple de la réinvention actuelle de plusieurs anciens employés du groupe Emedias, par opposition au destin de leur ex-groupe à l’échec spectaculaire ?
La démarche est ensuite un pied de nez aux écoles de journalisme qui se donnent pour mission de mettre sur le marché des produits formés, conscients de leur responsabilité et qui ont besoin de rester productifs dans un contexte de faibles opportunités d’emploi.
Sur une note plus personnelle, ma carte de presse a expiré ce 26 avril, le seul média pour lequel j’exerce ne répond pas aux critères, je suis exposé aux mêmes poursuites pour usurpation de la fonction de journaliste, un délit récemment inauguré par Serigne Saliou Gueye, Maty Sarr Niang & co, toujours selon le code de la presse. Une situation ubuesque qui ne sera certainement pas la seule s’il n’y a pas de remise en cause d’une action mal engagée.
Les solutions sont à portée de main pour renforcer le professionnalisme dans un secteur gangréné. Il faut d’abord que les autorités, comme la corporation abandonnent la vision selon laquelle le foisonnement des médias (en ligne) serait un frein à la qualité de la presse, alors même que le naufrage médiatique durant la séquence politique 2021-2024 ou les différentes alternances connues par notre pays prouvent le contraire.
Le point de départ est peut-être l’application d’un code de la presse trouvé sur place, mais il semble que la réforme des textes liberticides a été une priorité absolue pour le régime à son arrivée au pouvoir.

Moussa Ngom, Journaliste à La Maison Des Reporters

Lancement du programme de restructuration : 12 entreprises de presse soutenues par l’État

Le gouvernement du Sénégal a officiellement lancé, le samedi 3 mai 2025, la première phase du Programme de Restructuration Financière des entreprises de presse, sous l’égide du ministère de la Communication et de l’ADEPME. Douze entreprises bénéficient chacune d’une subvention de 24 millions FCFA, sur un budget total de 384 millions FCFA.

La directrice générale de l’ADEPME, Marie Rose Faye, a insisté sur la nécessité pour les médias de revoir leurs modèles économiques, en intégrant le numérique, l’indépendance éditoriale, et la confiance du public comme piliers de leur avenir. Le programme prévoit un accompagnement technique et financier, fondé sur un diagnostic financier personnalisé et un plan de restructuration adapté.

S’exprimant au nom des bénéficiaires, Mamadou Ibra Kane, président du CEDPS, a salué cette première collaboration directe avec l’ADEPME. Il a également mis en avant l’implication de deux experts-comptables dans la réussite du processus.

À noter que le financement accordé comprend 75 % de subvention publique, les 25 % restants étant à la charge des entreprises bénéficiaires.

Réseau de faussaires : deux nouveaux suspects arrêtés à Guinaw Rails

Le commissariat d’arrondissement de Guinaw Rails a franchi une nouvelle étape dans le démantèlement d’un vaste réseau de faussaires, avec l’arrestation de deux nouveaux individus, accusés d’association de malfaiteurs, de faux et usage de faux portant sur des documents administratifs.

Ces interpellations font suite à une enquête approfondie, lancée après la découverte récente d’un atelier clandestin de fabrication de faux papiers. Les investigations ont conduit les forces de l’ordre jusqu’aux domiciles des deux suspects, où des perquisitions fructueuses ont été menées.

Selon les sources policières, les fouilles ont permis la saisie de douze (12) passeports, dont un encore valide, ainsi que sept (07) visas détachés de leurs documents d’origine. Ce matériel confirme l’existence d’un circuit structuré, visant à produire et à distribuer de faux titres de voyage.

Les deux suspects sont actuellement placés en garde à vue, le temps pour les enquêteurs de déterminer l’étendue des ramifications de ce réseau et d’identifier d’éventuels complices.

Cette nouvelle arrestation vient renforcer les soupçons autour d’une organisation bien implantée, avec potentiellement des connexions au-delà de la région de Dakar. Les autorités promettent de poursuivre les investigations jusqu’à la mise hors d’état de nuire de l’ensemble des membres de ce réseau.

La lutte contre les documents falsifiés est une priorité sécuritaire, tant pour les autorités sénégalaises que pour les partenaires internationaux préoccupés par les risques liés à l’immigration irrégulière, à l’usurpation d’identité et au crime organisé.

Accident tragique à Vélingara : Deux morts dans une sortie pédagogique, le ministère de l’Éducation nationale exprime sa solidarité

Le ministère de l’Éducation nationale a réagi avec tristesse et compassion suite au drame routier survenu ce samedi matin, à une dizaine de kilomètres de Vélingara, dans l’Académie de Kolda. Deux élèves ont perdu la vie et plusieurs autres ont été gravement blessés dans une collision entre un minicar scolaire et un camion.

Selon un communiqué officiel signé par Daouda Gueye, directeur de la Formation et de la Communication, le véhicule transportait 35 élèves du CEM de Saré Coly Sallé, accompagnés de leur professeur, dans le cadre d’une visite pédagogique à la ferme agricole de Saré Thialy, organisée dans le cadre du Projet de Formation Professionnelle et d’Insertion (PFPI).

Dès l’annonce de l’accident, les services déconcentrés de l’Éducation nationale se sont activement mobilisés. L’Inspection d’Académie de Tambacounda, l’Inspection Médicale des Écoles et l’IEF de Vélingara ont été déployées pour assurer l’assistance sanitaire et logistique aux victimes.

Les blessés ont été pris en charge dans plusieurs établissements hospitaliers, notamment le Centre hospitalier régional de Kolda, l’Hôpital régional de Tambacounda et le Centre de santé de Vélingara.

Le ministère a assuré que « toutes les dispositions sont en train d’être prises pour une prise en charge rapide et adéquate » des élèves et personnels touchés.

Dans ce contexte de deuil et de choc, le ministère a exprimé sa profonde compassion aux familles des victimes, ainsi qu’à l’ensemble de la communauté éducative :

« Le Ministre de l’Éducation nationale suit personnellement la situation et appelle à l’unité et à la solidarité en ces moments difficiles », peut-on lire dans le communiqué.

Ce tragique événement relance le débat sur la sécurité du transport scolaire dans les zones rurales, ainsi que sur la vigilance routière lors des sorties pédagogiques. L’émotion est vive dans la région de Vélingara, et dans tout le pays.

Mgr André Guèye officiellement intronisé archevêque de Dakar : « Servir comme Jésus, servir et rien d’autre »

L’Église catholique du Sénégal vient de tourner une page historique. Ce samedi, Mgr André Guèye a été intronisé archevêque de Dakar, lors d’une cérémonie solennelle à la cathédrale Notre-Dame des Victoires, en présence de nombreuses autorités religieuses, fidèles et délégations venues de divers diocèses.

Nommé en février dernier par le Pape François, Mgr Guèye succède à Mgr Benjamin Ndiaye, auquel il a exprimé une « profonde reconnaissance », tout en rendant hommage aux figures marquantes de l’archidiocèse : feu Mgr Marcel Lefebvre, le cardinal Hyacinthe Thiandoum et le cardinal Théodore Adrien Sarr.

Dans son homélie, le nouvel archevêque a placé son ministère sous le sceau du « service fraternel et humble », à l’image du Christ et sous la protection spirituelle de Notre Dame des Victoires et de la Délivrande de Popenguine.

« Qui pourrait prétendre être à la hauteur d’une telle mission ? Assurément personne. Tout est grâce. C’est la grâce de Dieu qui nous surprend, nous étonne et nous donne les ressources surnaturelles dont nous avons besoin », a-t-il confié.

Conscient du poids de la responsabilité, il a qualifié sa charge d’« exaltante mais exigeante », soulignant que seule l’humilité dans le service permet de répondre à l’appel.

Mgr Guèye a également lancé un appel fort à la collaboration fraternelle entre évêques, fondée sur la coordination, la consultation et la solidarité. Il a promis aux prêtres un style de gouvernance basé sur la confiance, l’écoute et la disponibilité.

Enfin, il a rappelé le sens véritable de l’autorité dans l’Église :

« L’ambition, la prétention voire l’orgueil sont tapis au fond du cœur de l’homme. (…) L’autorité ne donne qu’un seul droit : servir comme Jésus, servir et rien d’autre. »

Vélingara – Tragédie sur la RN6 : Un mort et plusieurs blessés dans une collision entre un minicar scolaire et un camion

Un grave accident de la route s’est produit ce samedi matin, aux environs de 9h, sur la Route nationale n°6 (RN6) à hauteur de Saré Thialli, dans la commune de Saré Coly Sallé (département de Vélingara), causant la mort d’une personne et faisant plusieurs blessés.

Le drame a impliqué un minicar transportant des élèves du CEM de Saré Coly Sallé, en partance pour une visite pédagogique, et un camion immatriculé AA 504 FK en provenance de Vélingara. La violence de la collision a complètement détruit le minicar (immatriculé AA 287 KJ), selon les premières constatations.

Les blessés, dont le nombre exact reste à confirmer, ont été rapidement évacués vers le centre de santé de Vélingara, où ils reçoivent actuellement des soins. L’identité de la personne décédée n’a pas encore été officiellement rendue publique, mais une enquête a été ouverte pour faire la lumière sur les circonstances de ce tragique accident.

Cet événement bouleversant rappelle une fois de plus la fragilité du transport scolaire dans les zones rurales et pose la question récurrente de la sécurité routière sur les axes secondaires, souvent peu contrôlés.

La rédaction de LeDakarois présente ses condoléances attristées à la famille de la victime, et souhaite un prompt rétablissement aux blessés.

Campagne agricole 2025-2026 : le ministre Mabouba Diagne met en place un dispositif strict de supervision

En prélude à la campagne agricole 2025-2026, le ministre de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage, Mabouba Diagne, a publié une circulaire détaillée encadrant la supervision, le contrôle et le suivi de la distribution des intrants agricoles à travers le pays. Cette mesure vise à garantir transparence, rigueur et équité dans la mise en œuvre des opérations.

La circulaire instaure une Commission nationale (CN) de supervision, présidée par le ministre ou son représentant, avec le ministre des Forces armées comme vice-président et le directeur de l’Agriculture comme secrétaire. Elle sera chargée de la coordination globale du dispositif et du suivi national des opérations relatives aux semences et fertilisants.

Au niveau local, des commissions décentralisées seront mises en place par arrêté des autorités administratives, adaptées au contexte de chaque circonscription. Ces arrêtés doivent être transmis au ministère au plus tard le 7 mai 2025.

Le ministre Diagne impose une série de mesures strictes :

  • Chaque bénéficiaire doit se présenter personnellement, muni de sa carte d’identité nationale, accompagné de son chef de village ou de quartier.
  • Aucune délégation ne sera autorisée sans l’accord explicite de l’autorité compétente.
  • Les Forces de Défense et de Sécurité (FDS) — armée, gendarmerie, police, douanes — seront mobilisées pour sécuriser les stocks, surveiller les déchargements et garantir le bon déroulement des livraisons.
  • Les magasins de stockage seront placés sous surveillance permanente.
  • En cas d’irrégularité flagrante, les FDS pourront intervenir sur requête des commissions ou de tout témoin.

Les commissions locales devront produire un rapport hebdomadaire, sous la responsabilité du sous-préfet ou de son représentant, avec participation obligatoire des FDS. Les chefs de service départemental du développement rural assureront la remontée quotidienne des données au niveau régional.

Enfin, tout fournisseur défaillant devra être signalé sans délai aux autorités compétentes. À noter que la fonction de membre de commission est bénévole.

Avec ce nouveau dispositif, le ministère entend poser les bases d’une gouvernance agricole rigoureuse, en rupture avec les pratiques opaques souvent dénoncées par les producteurs.

Transport routier : Le Mali accorde une dérogation exceptionnelle aux camions hors normes jusqu’au 13 mai

Bonne nouvelle pour les transporteurs sénégalais. À la suite de démarches diplomatiques engagées par les autorités sénégalaises, le Mali a accordé une dérogation temporaire autorisant la circulation des camions gros porteurs hors normes et hors gabarit sur son territoire, et ce, jusqu’au 13 mai 2025.

Cette mesure survient après l’application stricte, depuis le 1er avril 2025, du règlement 14 de l’UEMOA par les autorités maliennes. Celui-ci interdit la circulation de véhicules dépassant les normes de poids et de dimensions fixées. En conséquence, plusieurs camions sénégalais ont été bloqués à la frontière ou à l’intérieur du Mali, paralysant une partie des échanges entre les deux pays.

L’annonce de cette dérogation a été faite par le ministère sénégalais des Infrastructures, des Transports terrestres et aériens, qui précise que l’accord a été obtenu grâce à une intervention diplomatique, menée sur instruction du président de la République, Bassirou Diomaye Faye. Le document d’instruction interministérielle malienne fixant la période de tolérance date du 28 avril 2025.

Pendant cette période, les camions hors gabarit seront autorisés à circuler sous escorte douanière. Le ministère sénégalais appelle tous les opérateurs à profiter de ce sursis pour régulariser leurs véhicules.

Passé le 13 mai, le Mali appliquera à nouveau sans exception les dispositions du règlement 14. Tout véhicule non conforme sera interdit de circulation sur le territoire malien. Le ministère sénégalais rappelle à l’ensemble des acteurs du transport routier l’importance de respecter les règles communautaires en vigueur dans l’espace UEMOA.

Passy : 650 élèves du lycée Moustapha Ka enrôlés pour l’obtention de leur carte d’identité nationale

Une mission de proximité administrative a permis à 650 élèves du lycée Moustapha Ka de Passy de déposer leur demande de carte d’identité nationale directement dans leur établissement. L’opération, menée par une équipe de la Direction de l’autonomisation des fichiers (DAF), a été saluée comme une réponse concrète aux défis d’accès aux services administratifs dans certaines zones rurales.

Le proviseur du lycée, Ousmane Ba, s’est félicité de cette initiative qui tombe à point nommé pour les élèves en classe de terminale. « Ils peuvent certes passer le baccalauréat avec leur carte d’identité scolaire, mais ne pourront pas retirer leur diplôme sans la carte nationale d’identité. Ce déplacement facilite donc leur parcours, tout en profitant également aux élèves des niveaux inférieurs », a-t-il expliqué.

De son côté, le sous-préfet de l’arrondissement de Djilor, Pape Amadou Ngom Ba, a salué cette mission tout en attirant l’attention sur les difficultés structurelles que connaissent les communes environnantes. « Djilor compte sept communes mais un seul centre d’enrôlement. Nous lançons un appel au ministre de l’Intérieur et au directeur de la DAF pour l’ouverture d’un centre permanent dans l’arrondissement », a-t-il plaidé.

Selon lui, cette concentration des services d’enrôlement dans un seul lieu crée des inégalités d’accès, notamment pour les populations des zones enclavées, souvent obligées de parcourir de longues distances pour se faire identifier.

La réussite de cette opération pilote soulève la question de sa généralisation à d’autres établissements scolaires du pays, notamment en milieu rural. La carte nationale d’identité étant devenue un document indispensable non seulement pour les démarches administratives mais aussi pour l’accès à certaines opportunités (examens, bourses, concours), la décentralisation de son enrôlement reste un enjeu majeur de l’inclusion citoyenne.

Pacte de stabilité sociale : Le SYTJUST dénonce son exclusion et annonce la reprise de la mobilisation

Au lendemain de la signature du Pacte national de stabilité sociale pour une croissance inclusive et durable, le Syndicat des Travailleurs de la Justice (SYTJUST) est monté au créneau pour exprimer sa colère et sa frustration. Dans un communiqué transmis à la presse ce vendredi 2 mai, le syndicat fustige « l’exclusion injustifiée » du secteur judiciaire de cet accord conclu entre le gouvernement et plusieurs organisations syndicales à l’occasion de la Fête du Travail.

« Aucune des doléances portées par les travailleurs de la Justice n’a été satisfaite. Le secteur a été tout simplement ignoré dans ce pacte », déplore le SYTJUST, visiblement amer face à ce qu’il qualifie de marginalisation délibérée.

Selon le syndicat, cette omission est d’autant plus préoccupante que le secteur judiciaire connaît depuis plusieurs années une accumulation de revendications non satisfaites, touchant notamment aux statuts des agents, aux conditions de travail, à la rémunération et aux infrastructures.

En réaction, le SYTJUST affirme ne plus se sentir lié par les engagements issus du pacte signé le 1er mai, et annonce « la reprise du combat pour la satisfaction de ses revendications ». Cette mobilisation pourrait entraîner de nouveaux mouvements d’humeur dans les juridictions et perturber sérieusement le fonctionnement du service public de la Justice dans les jours à venir.

Le syndicat n’a pas encore précisé la nature des actions envisagées, mais des grèves, des sit-in ou des ralentissements d’activités ne sont pas à exclure.

Le Pacte national de stabilité sociale, salué par le gouvernement comme une avancée majeure en faveur du dialogue social, commence ainsi à susciter des remous. Alors qu’il visait à instaurer un climat de sérénité pour favoriser les réformes économiques, l’exclusion de certaines corporations — comme celle des travailleurs de la Justice — risque de fragiliser sa portée.

Affaire Boffa Bayotte : la Cour de cassation confirme la perpétuité pour le journaliste René Capain Bassène

Le journaliste René Capain Bassène, détenu depuis plus de sept ans à la Maison d’arrêt et de correction (MAC) de Ziguinchor dans le cadre de l’affaire de la tuerie de Boffa Bayotte, a vu son dernier espoir judiciaire s’effondrer. Ce vendredi 2 mai, la Cour de cassation a confirmé sa condamnation à la réclusion criminelle à perpétuité, rendant définitive sa peine.

L’annonce a été faite par Madia Diop Sané, coordonnateur national du mouvement “Vision Sénégal”, qui a reçu l’appel personnel du journaliste depuis sa cellule. “Une triste et mauvaise nouvelle que personne ne s’attendait à entendre. René vient de nous dire que son ultime recours a été rejeté. Nous espérions sa libération”, a-t-il déclaré.

Militants, confrères et soutiens du journaliste continuent de clamer son innocence. “L’État du Sénégal ferait mieux d’identifier les véritables auteurs de la tragédie de Boffa Bayotte”, a insisté Madia Diop Sané.

Sur Facebook, le journaliste Moussa Ngom a exprimé sa vive inquiétude, évoquant la détérioration de l’état de santé de Bassène. Ce dernier devait être évacué à Dakar pour une intervention chirurgicale suite à des tortures subies lors de sa garde à vue : “Son tympan a été perforé. L’homme qui m’a appelé aujourd’hui n’avait plus de force. Je crains le pire.”

Cette décision de la Cour de cassation vient clore une procédure longue et contestée, dans un climat de préoccupations persistantes autour de la transparence du procès et du respect des droits de la défense.

Levée de son immunité parlementaire : Ndèye Saly Diop clame son innocence et dénonce une “diffamation”

Accusée dans le cadre de la gestion des fonds Covid-19, l’ancienne ministre de la Famille et députée Ndèye Saly Diop Dieng a vu son immunité parlementaire levée ce vendredi par 110 voix pour, 14 contre. Une décision qui ouvre la voie à des poursuites judiciaires pour enrichissement illicite présumé et complicité dans le dossier révélé par la Cour des comptes.

Face à ses collègues de l’Assemblée nationale, Ndèye Saly Diop a pris la parole avec gravité : « Je me présente aujourd’hui devant vous, l’âme sereine, portant la dignité d’une républicaine engagée », a-t-elle lancé, rappelant ses 40 ans de service public, dont cinq en tant que ministre.

Rejetant fermement les accusations, elle a qualifié le dossier de « politique » et a dénoncé une « diffamation ». « Je n’ai été ni complice, ni témoin passif de quelconque enrichissement illicite. Ma vie est un livre ouvert, mon patrimoine connu », a-t-elle déclaré.

Elle a aussi évoqué son action durant la pandémie, affirmant avoir suivi les directives du président Macky Sall, en mettant en œuvre une stratégie de protection des enfants en situation de rue : « 5089 enfants ont été retirés de la rue, nourris et rendus à leur famille. Il n’y a eu ni détournement, ni enrichissement. Il y a eu une action humanitaire menée avec dévouement. »

Confiant dans la suite judiciaire, elle a conclu : « Que la lumière soit faite, que les pièces justificatives soient examinées, que les bénéficiaires soient entendus. Je pense que la vérité triomphera. »

Classement RSF 2025 : la précarité économique, principale menace pour la liberté de la presse

Le nouveau Classement mondial de la liberté de la presse publié par Reporters sans frontières (RSF), ce vendredi 2 mai, met en lumière une évolution alarmante : la précarité économique est désormais la principale menace pour la liberté de la presse, devant la censure ou la violence.

« La principale menace à la liberté de la presse n’est plus uniquement la violence ou la censure : c’est désormais la précarité économique des médias », alerte Sadibou Marong, directeur du bureau Afrique subsaharienne de RSF. Selon lui, les rédactions, asphyxiées financièrement, deviennent vulnérables aux logiques de désinformation et aux pressions politiques.

Le rapport 2025 dresse un constat sévère : dans 160 des 180 pays évalués, les médias peinent à atteindre une stabilité financière. Un tiers des pays enregistrent des fermetures régulières de rédactions. Des exemples comme la Tunisie (129e, -11), l’Argentine (87e, -21) ou les États-Unis (57e, -2) illustrent cette chute liée à la course à la rentabilité au détriment de la qualité de l’information.

Pour Anne Bocandé, directrice éditoriale de RSF, « sans indépendance économique, il n’y a pas de presse libre. Une information fiable coûte cher. Il faut repenser l’économie des médias pour la rendre compatible avec l’intérêt général. »

En Afrique, les défis sont accrus : concentration des médias entre les mains de groupes proches du pouvoir, autocensure, manque de régulation efficace. Le Sénégal, lui, gagne 20 places et se classe 74e dans le monde, 15e en Afrique et 7e dans la CEDEAO. Une progression que Sadibou Marong attribue aux réformes amorcées, tout en appelant à des mesures concrètes et durables. « Sans un plan d’appui structuré, l’indépendance des médias restera une illusion », prévient-il.

Le rapport pointe aussi du doigt l’impact massif des géants du numérique (GAFAM), qui captent l’essentiel des revenus publicitaires. En 2024, les dépenses sur les plateformes sociales ont atteint 247,3 milliards de dollars, au détriment des médias traditionnels.

À l’échelle mondiale, le score moyen de liberté de la presse chute sous les 55 points, basculant dans une zone jugée « difficile ». Plus de 112 pays régressent, et 42 d’entre eux présentent une situation « très grave ».

Pour RSF, seule une mobilisation globale, conjuguée à des politiques publiques ambitieuses, pourra inverser cette tendance. « Défendre la presse aujourd’hui, c’est défendre la démocratie », conclut Sadibou Marong.

Levée de l’immunité parlementaire de Ndeye Saly Diop Dieng : l’Assemblée nationale donne son feu vert à la justice

Après Moustapha Diop, c’est au tour de Ndeye Saly Diop Dieng de perdre son immunité parlementaire. L’Assemblée nationale a voté, ce vendredi, en faveur de la levée de l’immunité de l’ancienne ministre de la Famille, du Genre et de la Protection des enfants, ouvrant ainsi la voie à d’éventuelles poursuites judiciaires.

La procédure a été initiée à la suite d’une requête du ministre de la Justice, transmise par le Procureur général près la Cour d’appel de Dakar. Au total, sur les 165 députés que compte l’hémicycle, 132 ont pris part au vote, dont 18 par délégation. Le résultat est sans équivoque : 118 voix pour, 14 contre, et aucune abstention.

L’Assemblée a ainsi adopté la résolution présentée par la Commission Ad hoc, confirmant sa volonté de coopérer avec la justice dans le traitement de ce dossier.

Affaire foncière de Pikine-Guédiawaye : Mame Boye Diao brise le silence et charge les autorités

Invité lors d’un panel organisé par le Syndicat autonome des agents des Impôts et Domaines (SAID), tenu à l’occasion de la fête du Travail ce jeudi 1er mai, l’ancien directeur général des Domaines, Mame Boye Diao, est revenu sur son passage tumultueux à la tête de la DGID et sur l’affaire foncière controversée liée au tribunal de Pikine-Guédiawaye.

Devant ses anciens collègues réunis autour du thème : « Le positionnement stratégique de la DGID dans les politiques foncières et domaniales de l’État du Sénégal : enjeux et perspectives », Mame Boye Diao a exprimé son amertume. « Mes trois années aux Domaines restent un cauchemar », a-t-il déclaré, soulignant que peu d’agents quittent ce service sans être inquiétés par la gendarmerie.

Évoquant l’affaire des 2 hectares attribués à l’ancien ministre Ismaïla Madior Fall — dossier qui avait défrayé la chronique et failli être porté devant la Haute Cour de justice — Mame Boye Diao s’est voulu clair : « C’est le ministre qui m’a demandé d’exécuter, et j’ai exécuté. » Il ajoute : « Ce sont les ministres ou parfois le Président qui donnent les instructions, et nous les exécutons. »

Pour lui, les fonctionnaires de la DGID sont souvent des boucs émissaires, pris au piège de décisions politiques opaques. Il a ainsi plaidé pour une meilleure protection des agents du fisc et une réforme en profondeur du système foncier. « Nous avons les compétences, les ressources humaines et les textes nécessaires pour réformer, mais tant que les pratiques actuelles perdurent, rien ne changera », a-t-il martelé.

Audit des finances publiques 2019–2024 : La Cour des comptes saisit la Justice, huit dossiers explosifs dans le viseur

L’État sénégalais entre dans une nouvelle ère de transparence budgétaire. La Cour des comptes, par la voix de son président Mamadou Faye, a officiellement saisi le Garde des Sceaux, ministre de la Justice, à la suite d’un audit approfondi des finances publiques sur la période 2019–2024. Cette démarche s’inscrit dans une dynamique de reddition des comptes et de lutte contre l’impunité.

Selon des informations rapportées par L’Observateur, le président de la Cour a adressé un référé judiciaire accompagné de documents déclassifiés relatifs à des comptes bancaires utilisés par plusieurs membres des anciens gouvernements, notamment les ministres et ministres délégués chargés des Finances. Ces pièces laissent entrevoir de potentielles irrégularités graves, justifiant l’ouverture de procédures pénales.

Huit dossiers, jugés « particulièrement incriminants », sont déjà dans le viseur de la Justice. D’après les sources du journal, les premières auditions viseront une dizaine de hauts fonctionnaires, principalement issus du Trésor public et du ministère des Finances. Une réunion technique de haut niveau, organisée mercredi dernier autour du procureur financier et d’un groupe restreint de magistrats et d’Officiers de police judiciaire (OPJ), a permis de définir les modalités de l’enquête, qui sera conduite par la Division des investigations criminelles (DIC).

La Cour des comptes, qui se dit disponible pour tout complément d’information, semble déterminée à aller au bout de ce processus. Pour beaucoup, ce tournant judiciaire marque une rupture forte avec les pratiques du passé et donne corps à la promesse d’un État plus intègre.

Alors que le rouleau compresseur judiciaire se met en marche, l’opinion publique retient son souffle. Des personnalités de premier plan, aujourd’hui dans le viseur, pourraient bientôt être appelées à répondre de leur gestion devant la Justice.

Assemblée nationale : L’immunité parlementaire de Moustapha Diop levée

L’Assemblée nationale du Sénégal a officiellement levé, ce vendredi, l’immunité parlementaire de Moustapha Diop, député-maire de Louga et ancien ministre du Développement industriel. La décision, largement soutenue par les députés, marque un tournant dans l’évolution judiciaire de cette figure politique.

Sur les 124 parlementaires présents lors de la séance plénière, 116 ont voté pour la levée de l’immunité, tandis que 8 s’y sont opposés. Aucun député ne s’est abstenu. Ce vote fait suite à une demande formulée par le ministre de la Justice, relayée par une correspondance du Procureur général près la Cour d’appel de Dakar. L’Assemblée a ainsi entériné la résolution soumise par la Commission Ad hoc, spécialement mise en place pour statuer sur ce dossier.

Cette levée d’immunité ouvre désormais la voie à des poursuites judiciaires contre Moustapha Diop, dont les ennuis judiciaires restent pour l’instant non détaillés publiquement. Toutefois, cette procédure souligne la volonté des autorités de renforcer la transparence et la redevabilité au sein de la classe politique.

L’ancien ministre, réputé pour son influence dans la région de Louga, pourrait donc bientôt faire face à la justice, sauf rebondissement dans les jours à venir. En attendant, cette affaire suscite de vifs commentaires au sein de l’opinion publique et sur les réseaux sociaux.

LE PARQUET, BRAS ARMÉ DE L’EXÉCUTIF POUR UNE JUSTICE DES VAINQUEURS .

L’actualité judiciaire au Sénégal, et plus particulièrement à Dakar, soulève de plus en plus de préoccupations quant à l’indépendance et à la neutralité du ministère public. La récurrence de procédures dirigées contre des chroniqueurs, journalistes ou opposants critiques à l’égard du pouvoir laisse entrevoir un glissement préoccupant : celui d’un usage stratégique de la procédure pénale à des fins politiques.

Ce phénomène devient particulièrement visible lorsque le parquet choisit délibérément de saisir un juge d’instruction, au lieu de renvoyer directement une affaire devant le tribunal des flagrants délits. Ce choix procédural, apparemment légal, peut masquer en réalité un détournement de finalité de l’action publique.

I. La saisine stratégique du juge d’instruction par le Parquet : un usage dévoyé du pouvoir de poursuite

En droit sénégalais, comme dans d’autres systèmes de tradition civiliste, le parquet dispose d’un pouvoir d’appréciation pour décider de la manière dont il entend exercer l’action publique. Il peut saisir le juge d’instruction lorsqu’il estime que les faits sont complexes, graves ou nécessitent des investigations approfondies. À l’inverse, les affaires plus simples, et notamment celles révélées en flagrance, peuvent faire l’objet d’une comparution immédiate devant le tribunal correctionnel ou des flagrants délits.

Cependant, lorsque le parquet opte pour l’ouverture d’une information judiciaire dans une affaire manifestement simple, touchant des chroniqueurs, des opposants et des activistes critiques vis-à-vis du régime, la question d’un détournement de procédure se pose. En effet, le juge d’instruction permet, entre autres, le placement en détention provisoire prolongée, ce qui peut devenir un outil de neutralisation politique.

Ce détournement repose sur une pratique juridiquement qualifiable : le détournement de pouvoir . Il consiste à utiliser une compétence légalement attribuée pour un objectif autre que celui qui la justifie. Ainsi, une procédure d’instruction, normalement dédiée à la recherche de la vérité judiciaire, devient un moyen de répression ciblée.

II. Une atteinte manifeste au principe du procès équitable et aux droits fondamentaux.

D’abord , le principe d’égalité des justiciables devant la loi et la justice est compromis. L’usage différencié de la procédure selon le profil politique ou médiatique d’un prévenu constitue une rupture d’égalité.

Ensuite , le principe d’impartialité du parquet se trouve affaibli. Le ministère public, censé représenter la société dans son ensemble, devient de facto une extension de l’exécutif. Cette perte de neutralité connue de tous comme baleine sous cailloux, viole les standards internationaux, notamment l’article 14 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, qui impose une procédure équitable devant des instances impartiales.

Enfin , ces pratiques peuvent déboucher sur une atteinte à la liberté d’expression et une privation arbitraire de liberté. En maintenant en détention provisoire un journaliste ou un chroniqueur, non pas pour des raisons judiciaires légitimes, mais pour faire pression ou dissuader toute critique, l’État viole des libertés garanties par la Constitution sénégalaise et par les traités internationaux auxquels il a souscrit.

III. Une réforme du statut du parquet est nécessaire.

Le fond du problème réside dans le lien organique et hiérarchique entre le parquet et le pouvoir exécutif. Ce lien favorise les pressions politiques, surtout dans les affaires sensibles. Plusieurs pays ont déjà opéré des réformes tendant à renforcer l’indépendance fonctionnelle du ministère public.

La garantie procédurale que le choix du mode de saisine (instruction ou flagrant délit) soit motivé, transparent, et susceptible de contrôle juridictionnel pour mieux respecter les droits de la défense.

La justice pénale ne saurait devenir une arme de dissuasion politique ni l’arbitre du debat politique. Si tel le cas, il accréditerait la thèse selon laquelle: LA JUSTICE AGIT SOUS LA DICTÉE DE L’EXÉCUTIF. Lorsque le parquet agit en dehors de la logique judiciaire pour servir des intérêts partisans, la confiance du public dans l’institution judiciaire est irrémédiablement entamée.

Préserver l’état de droit au Sénégal impose de repenser en profondeur le statut, le rôle et la responsabilité du ministère public. Car dans une démocratie saine, le parquet n’est pas un auxiliaire du pouvoir : il est le garant de l’intérêt général, sans peur ni faveur.

 » La justice doit être un outil de stabilité sociale et d’équité, mais pas un instrument pour régler des comptes personnels ou claniques « 

HONORABLE MOUSSA DIAKHATÉ PRÉSIDENT NOUVEL ÉLAN LIBÉRAL-NEL Ngir Sénégal Bi Gën

1er Mai 2025 : Le travail en souffrance, la liberté en sursis

Le 1er mai 2025 ne ressemble en rien à une fête. Ce jour censé honorer la dignité du travailleur et consacrer ses luttes devient, au Sénégal, le miroir brisé d’un espoir trahi.

Au lieu de célébrer le courage de ceux qui bâtissent ce pays dans l’ombre des discours, le climat est à l’angoisse, à la répression et à la précarité. Des milliers de travailleurs jetés à la rue sans accompagnement. Des chantiers publics à l’arrêt, laissant derrière eux des ouvriers livrés à eux-mêmes. Des soignants contractuels ignorés, après avoir porté à bout de bras un système de santé fragilisé. Des enseignants dans l’attente d’une régularisation toujours repoussée.

La rupture promise s’est transformée en une continuité brutale : celle d’une injustice sociale banalisée.

Le symbole est fort : à Dakar, le discours du ministre du Travail, Abass Fall, a été interrompu par des agents licenciés venus protester contre leur mise à l’écart brutale. Le silence du gouvernement face à cette détresse est assourdissant. Ce moment de vérité, survenu en pleine cérémonie officielle, met à nu l’écart abyssal entre les promesses politiques et la réalité des travailleurs.

Mais la gravité de la situation dépasse le champ du social. Ce 1er mai est aussi marqué par des atteintes sans précédent à la liberté d’informer. Plusieurs organes de presse ont été fermés sur décision administrative. Des journalistes convoqués à la Direction de la surveillance du territoire. Des médias indépendants réduits au silence, dans un contexte où la parole libre devient une menace à neutraliser.

Quand le pain manque et que la voix s’éteint, c’est tout un pays qui vacille.

Peut-on sérieusement parler de fête du travail quand ceux qui font tourner les hôpitaux, les écoles, les chantiers et les rédactions vivent dans la peur, le mépris ou l’oubli ? Quand l’État, censé garantir les droits, devient le premier pourvoyeur de précarité ?

Ce 1er mai 2025 ne doit pas être un rituel vide. Il doit être un cri d’alarme, un appel à la conscience collective. Car on ne construit pas un « Sénégal nouveau » sur la peur, la censure et les licenciements massifs. On le construit sur trois piliers essentiels : la justice sociale, la dignité des travailleurs, et la liberté d’informer.

À défaut, nous continuerons à célébrer un 1er mai sans travailleurs… et un avenir sans perspectives.

Par El Hadji C. KANE

1er mai : L’APR fustige la gouvernance actuelle et dénonce la précarisation des travailleurs

À l’occasion de la Fête internationale du Travail, le Secrétariat exécutif national (SEN) de l’Alliance pour la République (APR) a saisi l’opportunité pour adresser un sévère réquisitoire contre le régime du président Bassirou Diomaye Faye. Dans une déclaration publiée ce 1er mai, le parti de l’ancien chef de l’État Macky Sall accuse les nouvelles autorités de « précariser les travailleurs » et de « détruire l’héritage social » construit sous la gouvernance précédente.

Dans son communiqué, l’APR affirme que l’arrivée au pouvoir du nouveau régime a marqué un tournant négatif dans la vie des travailleurs sénégalais. Le parti déplore la suspension de plusieurs acquis sociaux, tels que la Couverture maladie universelle (CMU), les bourses de sécurité sociale et la revalorisation salariale, initiatives qu’il attribue à l’ère Macky Sall.

« Le Président Macky Sall et l’APR ont toujours inscrit leur action dans la conviction que le travail est un levier d’inclusion et de progrès social », rappelle le texte, soulignant les avancées obtenues au cours des douze dernières années, notamment à travers la tenue de conférences sociales et la consolidation du dialogue social.

Le SEN de l’APR accuse le gouvernement actuel de provoquer un « blocage économique » et de favoriser les licenciements abusifs dans plusieurs entités publiques stratégiques, dont la CDC, le Port autonome de Dakar, le FONGIP ou encore la SAPCO.

Le parti met également en garde contre un retour aux « ajustements structurels » qui, selon lui, pourraient découler d’un affaiblissement de la crédibilité économique du pays. La récente polémique autour du rapport de la Cour des comptes est citée comme un facteur aggravant de la méfiance nationale et internationale.

Au-delà des questions économiques et sociales, l’APR dénonce un « climat de terreur » marqué par des « arrestations arbitraires » visant des opposants, des journalistes et des chefs d’entreprise. Le parti avance que plus de 300 organes de presse seraient aujourd’hui « à l’arrêt », sans fournir de précisions chiffrées ou vérifiées.

Cette situation est, selon le communiqué, le reflet d’une « politique de règlement de comptes » qui porterait atteinte à la démocratie, à la liberté d’expression et à la cohésion nationale.

Face à ce qu’il qualifie de « dérives dictatoriales », l’APR appelle à une mobilisation nationale de « tous les démocrates et républicains » pour défendre les acquis sociaux et les libertés fondamentales. Le parti exige également la réintégration des travailleurs « injustement licenciés » et exprime sa solidarité envers tous ceux qui sont en lutte pour leurs droits.

Fête du Travail : Le président Diomaye Faye réaffirme l’engagement du gouvernement envers les travailleurs

À l’occasion de la célébration de la fête internationale du Travail, ce jeudi 1er mai 2025, le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, s’est adressé à la nation pour exprimer son soutien indéfectible aux travailleuses et travailleurs du Sénégal. Dans un message solennel publié sur ses réseaux officiels, le chef de l’État a réaffirmé « l’attachement profond » de son gouvernement aux valeurs de dialogue social, de dignité, de justice et d’équité dans le monde du travail.

« Le gouvernement répondra avec rigueur et responsabilité aux engagements qu’il a souscrits », a-t-il déclaré, saluant le rôle essentiel des travailleurs dans la construction d’un Sénégal souverain, juste et prospère.

Conscient des défis économiques actuels, le président Faye a souligné la nécessité d’une cohésion nationale autour d’objectifs communs. Il a annoncé la poursuite de réformes ambitieuses pour renforcer la protection des travailleurs, améliorer leurs conditions de vie et bâtir un environnement favorable à un travail décent.

« Face aux défis économiques actuels, nous continuerons à promouvoir des réformes ambitieuses pour garantir un travail décent, consolider notre pacte de stabilité sociale et bâtir ensemble le Sénégal que nous voulons », a-t-il insisté.

Depuis son investiture, le président Diomaye Faye a multiplié les signaux en faveur d’une gouvernance basée sur l’écoute et la concertation. Cette déclaration du 1er mai s’inscrit dans cette volonté de renforcer la confiance entre les partenaires sociaux et les autorités publiques. Elle intervient alors que plusieurs syndicats attendent des mesures concrètes sur l’emploi des jeunes, la sécurité sociale, le pouvoir d’achat et le respect des conventions collectives.

Alors que le président tend la main au dialogue, les principales centrales syndicales du pays ont, de leur côté, saisi l’occasion pour renouveler leurs revendications. Amélioration des salaires, revalorisation des pensions de retraite, meilleure couverture médicale, fin des contrats précaires dans la fonction publique : les attentes sont nombreuses.

1er Mai : Ousmane Sonko scelle un Pacte de stabilité sociale et tend la main au patronat

En cette journée symbolique du 1er mai, le Premier ministre Ousmane Sonko a marqué un tournant dans le dialogue social sénégalais. Lors de la cérémonie de signature du Pacte de stabilité sociale, réunissant le gouvernement, les syndicats et le patronat, le chef du gouvernement a prononcé un discours fort, placé sous le signe de la transparence, de la concertation et de la rupture avec les pratiques du passé.

Face aux acteurs du monde du travail et aux représentants du secteur privé, Sonko a promis une gouvernance claire et responsable. “Je peux vous assurer que nous serons une maison de verre. Nous serons transparents avec vous”, a-t-il lancé, annonçant que la prochaine loi de finances rectificative serait élaborée en concertation avec tous les partenaires économiques. “Tout sera discuté, mais la décision reviendra à l’État”, a-t-il précisé.

Le Premier ministre a dressé un diagnostic sans détour du modèle économique du pays, qu’il a qualifié de “mauvais modèle de développement”, incapable de créer suffisamment de richesse. Il a plaidé pour une économie souveraine, fondée sur la transformation locale, la substitution des importations et la création de valeur ajoutée au niveau national.

Conscient des tensions sociales actuelles, il a présenté le pacte comme un outil pour consolider la paix sociale et faciliter les réformes structurelles à venir. “On ne peut pas construire une économie solide tout en luttant contre un front social en ébullition”, a-t-il rappelé, tout en dédouanant syndicats et patronat des causes profondes des difficultés du pays. “Le plus grand problème de ce pays, c’était le pouvoir politique”, a-t-il affirmé.

Dans un registre plus politique, Sonko a réaffirmé la volonté de rupture du gouvernement dirigé par le président Bassirou Diomaye Faye. “Nous avons posé les jalons pour incarner les promesses faites pendant la campagne”, a-t-il déclaré, avant d’insister sur le principe de redevabilité démocratique : “Dans quatre ans, si les Sénégalais estiment que nous avons échoué, ils pourront choisir autre chose.”

Enfin, le Premier ministre a lancé un appel à l’ensemble de ses ministres : dialoguer, écouter et répondre. “La communication est la base de tout”, a-t-il martelé, exhortant son gouvernement à rester connecté aux attentes des citoyens et des partenaires sociaux.

1er Mai : Les contractuels de la santé et de l’action sociale interpellent les autorités sur le passif social

À l’occasion de la fête du travail, le Syndicat des agents contractuels de la santé et de l’action sociale du Sénégal (Sacsass), affilié à l’UNSAS, a profité de la journée du 1er mai pour réaffirmer ses revendications. Depuis 2022, ces agents réclament le paiement d’indemnités de logement ou d’indemnités spéciales complémentaires, une revendication restée sans réponse sous l’ancien régime.

Abou Ba, secrétaire général du Sacsass, a appelé les nouvelles autorités à régler ce « passif social » en alignant la situation des contractuels sur celle des agents titulaires de la fonction publique. « C’est une injustice que le régime précédent a laissée comme héritage. Nous attendons que l’État régularise cette situation », a-t-il déclaré, insistant sur l’importance de finaliser le pacte social entamé avec les nouvelles autorités.

Au-delà des indemnités, le syndicat a également remis sur la table la question du statut du personnel des Établissements publics de santé (EPS), autre point sensible des négociations sociales en cours. Le Sacsass affirme sa disponibilité à défendre les intérêts de ses membres auprès des décideurs et à poursuivre le dialogue social, dans un esprit de concertation mais aussi de fermeté.

1er Mai à Cabrousse : La fête traditionnelle “Undo Mayo” officieusement autorisée

La manifestation culturelle “Undo Mayo”, prévue pour ce 1er mai à Cabrousse, a été verbalement autorisée dans la soirée du 30 avril 2025. Selon des sources fiables, le maire d’Oussouye a confirmé cette décision lors d’un entretien téléphonique. Toutefois, aucune note officielle n’a encore été publiée par les autorités administratives compétentes pour entériner cette autorisation.

La situation a pris une tournure dramatique dans la matinée du 30 avril, lorsque plusieurs jeunes de la commune de Cabrousse ont exprimé leur mécontentement en manifestant sur le chemin menant à la plage. Ils dénonçaient l’arrêté préfectoral interdisant la tenue de la traditionnelle fête “Undo Mayo”, un événement culturel très attendu.

Les maires de Diembéring et d’Oussouye ont vivement critiqué cette interdiction, la qualifiant de mesure arbitraire et demandant à ce que la fête soit célébrée dans le respect des traditions locales. Le climat reste tendu, et la question de l’autorisation officielle demeure un point de friction important dans la commune.

Drame à l’UCAD : une étudiante retrouvée morte dans sa chambre universitaire

L’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD) est en deuil après la découverte, ce mercredi soir, du corps sans vie d’une étudiante dans sa chambre, au sein du campus universitaire. La nouvelle, d’abord relayée sur les réseaux sociaux par Malang Mballo, ancien maire de Saré Bidji, a ensuite été confirmée par un étudiant proche de la victime, tous deux originaires du village de Saré Demba Mballo, dans la région de Kolda.

La jeune femme, dont l’identité n’a pas encore été rendue publique par les autorités, a été retrouvée dans des circonstances encore floues. Son corps a été transféré au centre hospitalier Abass Ndao, où une autopsie est prévue ce vendredi pour déterminer les causes exactes du décès.

Selon certaines sources, la thèse du suicide serait envisagée, bien qu’aucune version officielle ne soit pour l’heure confirmée. Une enquête a été ouverte pour faire toute la lumière sur ce drame qui bouleverse la communauté universitaire.

Thiès – Sotracom : Les travailleurs crient leur détresse face à six mois d’arriérés de salaires

À Thiès, les ouvriers du chantier Sotracom, situé sur l’axe Zac–Thiès–EPT, sont à bout. Depuis octobre 2024, ils affirment n’avoir reçu aucun salaire. Sur les 300 travailleurs mobilisés, seuls 43 auraient été partiellement payés. Une injustice que dénonce vigoureusement leur porte-parole, Mountakha Dieng, qui rappelle que tous ont signé des contrats en bonne et due forme. « Nous n’avons rien perçu depuis six mois », a-t-il déclaré face à la presse.

Ce mouvement de colère s’inscrit dans un contexte où le gouvernement affirme avoir réglé une bonne partie des dettes dues aux entreprises du BTP. Pourtant, sur le terrain, les ouvriers disent ne rien avoir vu de ces financements. Une situation qu’ils jugent incohérente avec les discours officiels. « Nous continuons de souffrir en silence pendant que d’autres encaissent », s’indigne un travailleur.

Derrière ces retards de salaires, c’est une profonde crise sociale qui se dessine. De nombreux ouvriers ne peuvent plus envoyer leurs enfants à l’école, ni assurer les repas quotidiens. Les loyers sont impayés, la survie est devenue un combat quotidien. « Nos enfants ne vont plus à l’école. Nous n’arrivons même plus à assurer les repas », confie un ouvrier, la voix brisée par l’émotion.

Face à l’urgence, le collectif de travailleurs interpelle directement les autorités. Il demande une intervention immédiate du gouvernement, du ministère du Travail, mais aussi des responsables de l’entreprise Sotracom. Les ouvriers réclament le paiement intégral des salaires dus et une clarification sur la gestion des fonds publics débloqués pour le secteur.

Si aucune solution n’est trouvée dans les jours à venir, les travailleurs menacent de durcir leur mouvement. Grèves, sit-in ou blocage des travaux sont envisagés. « Trop, c’est trop. Nous n’avons plus rien à perdre », préviennent-ils. Cette crise pourrait bien devenir un test social pour les nouvelles autorités, appelées à agir sans tarder.

1er Mai 2025 : Le PIT-Sénégal dénonce les « dérives sociales » du régime et appelle à la mobilisation des travailleurs

En ce 1er mai 2025, journée dédiée à la célébration du travail, le Parti de l’Indépendance et du Travail du Sénégal (PIT-Sénégal) a dressé un constat alarmant sur la situation sociale du pays. Dans sa déclaration, le parti fustige la politique actuelle du régime, marquée selon lui par une « vague de licenciements arbitraires, une pression fiscale accrue sur les entreprises et une flambée du coût de la vie », affectant durement les populations. Le PIT déplore également le « gel jugé inacceptable des bourses familiales », essentiel pour de nombreux foyers. Face à ces dérives qu’il qualifie « d’antisociales et d’anti-économiques », le PIT-Sénégal lance un appel à la mobilisation générale des travailleurs pour défendre leurs droits et exiger un changement de cap.

In extenso la Déclaration du Secrétariat du Comité Central 

1er MAI 2025 

JOURNÉE INTERNATIONALE DES TRAVAILLEUSES ET TRAVAILLEURS 
Ce 1er MAI 2025 donne l’occasion de nouveau au PIT- Sénégal de rendre un vibrant hommage à toutes celles et à tous ceux dont les lourds sacrifices ont permis d’appréciables conquêtes sociales et démocratiques pour le monde du travail, que ce soit au Sénégal ou ailleurs dans le monde. 

Cette commémoration se déroule dans un contexte international complexe et incertain, avec des    contradictions et des tensions exacerbées entre les puissances impérialistes découlant, entre autres, de la féroce guerre commerciale déclenchée par le Président Trump, du retour des nationalismes étroits cultivés par les forces populistes d’extrême droite, des attaques réitérées contre le multilatéralisme, de la course au surarmement… 

Des évolutions particulièrement dangereuses venant s’ajouter aux conflits susceptibles de dégénérer en embrasement régional (guerre Russo-Ukrainienne, génocide du peuple palestinien à Gaza, menaces contre l’Iran, tragédie à l’est du Congo avec le soutien du Rwanda au M23…)  En fait, un basculement de la géopolitique mondiale gros de facteurs de crises susceptibles de déclencher une troisième guerre mondiale, dont on voit bien qu’elle correspondrait à une barbare régression de civilisation. 

Un tel contexte amène le PIT- Sénégal à proclamer, aujourd’hui plus qu’hier, que les forces de paix et de progrès doivent renforcer leur mobilisation pour stopper cette course insensée vers le chaos généralisé. 

À cet effet, partout dans le monde, les travailleurs doivent être à l’avant-garde du combat. 

Au Sénégal, le 1er MAI 2025 est célébré sur fond d’inquiétude et d’angoisse des travailleurs. En effet, au lieu d’honorer ses engagements envers le monde du travail, le nouveau régime, depuis son installation, multiplie les attaques contre les droits fondamentaux des travailleurs. Par le biais d’une surprenante et brutale politique de déflation, des dizaines de milliers d’agents publics ont été arbitrairement licenciés dans un climat de haine et de revanche politique inacceptable. Des jeunes, recrutés dans le cadre du programme « Xeyu Ndaw Yi », en ont été les premières victimes : ils ont été renvoyés sans ménagement, ni solution de rechange, comme s’ils n’avaient aucun droit. D’autres, moins jeunes, ont été enlevés de leur poste de travail sous le motif sidérant d’appartenance politique à l’ancien Parti au pouvoir. 

Le PIT- Sénégal se félicite en conséquence de la mise sur pied du Rassemblement National des Travailleurs Licenciés pour recouvrer les droits manifestement piétinés par le régime en place. D’autant que de grandes entreprises privées – dont des segments stratégiques entiers sont en crise du fait des décisions irréfléchies du gouvernement – de même que des PME/PMI fragilisées par la pression fiscale, sont implicitement encouragées à procéder aux mêmes licenciements, au mépris bien souvent de la législation du travail. Il faut ajouter que cette spirale infernale contre le monde du travail aggrave une situation sociale déjà bien difficile pour les populations, avec la flambée des prix des denrées et services de première nécessité.  

Dans le même élan d’offensive contre les droits acquis, le régime est dans l’agression des libertés fondamentales : celles d’opinion, d’expression, de presse, de formes pacifiques de protestation publique. En attestent, entre autres, les nombreux emprisonnements pour délit d’opinion et les sévères et mesquines mesures de musellement de la presse. 

Cependant, ce qui se profile à l’horizon n’est pas moins alarmant. En effet, tout porte à croire que le pays sera replongé dans une politique d’ajustement structurel avec, entre autres, de probables baisses de salaires, la suppression des subventions publiques, de possibles coupes dans les budgets sociaux, et bien d’autres mesures anti-sociales risquant d’être imposées par le FMI lors des négociations de prêts à venir… 

Les Sénégalais sont donc en train d’éprouver, à leur corps défendant, la vacuité des discours populistes, foncièrement démagogiques, qui leur ont été servis pour susciter et entretenir un espoir légitime de changement réel. 

En tout état de cause, le PIT-Sénégal affirme son rejet total de toute démarche visant à faire porter le poids de la crise aux travailleurs et aux couches populaires les plus vulnérables. Dans ce cadre, le PIT-Sénégal dénonce le gel inadmissible des bourses familiales tout en espérant que ce gel ne cache pas une volonté qui ne dit pas son nom de les supprimer. Le PIT réaffirme son engagement aux côtés des masses laborieuses pour faire échec aux offensives antisociales du Gouvernement. Le Parti salue la naissance du Front Syndical pour la Défense du Travail qui rassemble toutes les confédérations et centrales syndicales du pays, aux fins de protection des emplois, des acquis sociaux et pour le respect de la législation du travail et des   libertés fondamentales dont le droit syndical. 

Pour le PIT-Sénégal, il ne peut y avoir de PACTE SOCIAL crédible et viable sans garantie concernant les emplois et des salaires décents, le strict respect de la législation du travail, sans des perspectives claires et précises d’un dialogue social permanent, franc, sincère et productif. De même, le PIT considère qu’il ne peut y avoir de relance économique véritable sans apurement de la dette intérieure. 

Au total, en ce 1er MAI  2025, le Parti de l’Indépendance et du Travail du Sénégal en appelle à la mobilisation générale des travailleurs. D’une part, contre toutes les dérives antisociales et anti-économiques du régime, contre la vie chère, contre le chômage et notamment celui des jeunes et, d’autre part, pour des mesures fortes   d’apaisement   du délétère climat social et politique qui fragilise l’unité et la cohésion nationales. 

VIVE LE 1er MAI ! 
VIVE LES TRAVAILLEUSES ET TRAVAILLEURS DU SÉNÉGAL ET DU MONDE ! 
VIVE LA SOLIDARITÉ INTERNATIONALE AGISSANTE DES TRAVAILLEURS ET DES PEUPLES !

1er Mai 2025 : La Ligue Démocratique dénonce une “liquidation sociale” et appelle à la résistance

À l’occasion de la fête du travail, la Ligue Démocratique (LD) a publié une déclaration sans concession sur la situation sociale au Sénégal. Dans un ton alarmiste, le parti d’opposition évoque une « liquidation sociale » orchestrée par le gouvernement, marquée, selon elle, par des vagues de licenciements, des atteintes aux libertés médiatiques et une détérioration généralisée des conditions de vie.

Selon la LD, le Sénégal traverse une « blessure sociale béante ». Le secteur du BTP, autrefois moteur d’emplois, serait à l’arrêt, avec des milliers d’ouvriers remerciés et des chantiers suspendus. Le parti pointe du doigt une « gestion comptable irresponsable », qu’il assimile non pas à de simples mesures d’austérité, mais à une « démolition délibérée des acquis sociaux ».

Le parti dénonce également les 30 000 licenciements dans la fonction publique, les qualifiant d’« acte de piétinement des familles sénégalaises », réalisé sans concertation ni dispositifs d’accompagnement. Pour la LD, il ne s’agit pas d’une réforme structurelle mais d’une manœuvre à visée clientéliste, destinée à favoriser des recrutements partisans.

Autre point de tension soulevé dans le communiqué : la situation des médias au Sénégal. La Ligue Démocratique révèle que 381 organes de presse sur 639 ont été déclarés non conformes par le ministère de la Communication. Elle y voit une volonté de museler les voix critiques. « Asphyxier l’information, c’est mutiler la conscience citoyenne », déclare le parti, qui accuse le pouvoir en place de substituer le débat démocratique à une « propagande d’État ».

La LD s’indigne également du maintien de prix « scandaleusement élevés » du carburant et de l’électricité, malgré la baisse des cours mondiaux du pétrole. Elle dénonce la suspension des bourses de sécurité familiale, qui aurait privé des milliers de foyers vulnérables de leur ultime filet de protection, dans un contexte marqué par une campagne agricole jugée catastrophique.

Face à ce qu’elle qualifie de « régression inacceptable », la Ligue Démocratique lance un appel à l’unité des travailleurs, syndicats et mouvements progressistes. Le texte exhorte les anciennes figures des luttes sociales à sortir de leur silence, estimant que le pays se trouve à un « point de bascule ».

1er Mai 2025 : Le président Bassirou Diomaye Faye rend hommage aux travailleurs et insiste sur le dialogue social

À l’occasion de la fête internationale du travail, célébrée ce jeudi 1er mai 2025, le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a adressé un message fort à l’ensemble des travailleurs sénégalais. Lors du Conseil des ministres du 30 avril, il a salué « la contribution déterminante des travailleurs à la stabilité sociale et au développement économique du pays », exprimant ses « chaleureuses félicitations, ses encouragements et son soutien permanent » à leur endroit.

Dans un contexte économique marqué par des réformes et des attentes sociales élevées, le Chef de l’État a mis un accent particulier sur la nécessité de renforcer le dialogue social. Il a instruit le gouvernement d’œuvrer, en concertation avec les syndicats, à consolider les mécanismes d’écoute et de négociation, dans le respect des droits des travailleurs et des engagements internationaux du Sénégal.

Parmi les mesures prioritaires évoquées :

La promotion du travail décent, en conformité avec le Code du travail et les conventions de l’Organisation internationale du travail (OIT) ; Le repositionnement de l’administration du travail, afin d’en améliorer l’efficacité, les moyens d’action et la proximité avec les réalités du terrain ; La réactivation des comités d’hygiène et de sécurité au travail dans tous les ministères, avec une actualisation du cadre réglementaire pour prévenir les risques professionnels et améliorer les conditions de travail.

Le président Diomaye Faye a également annoncé qu’il recevra, dans l’après-midi du 1er mai, les responsables des principales centrales syndicales, à l’occasion de la traditionnelle remise des cahiers de doléances. Cette rencontre, hautement symbolique, s’inscrit dans une volonté affichée de renouer avec une gouvernance sociale fondée sur la concertation, le respect et la transparence.

Lutte contre les moustiques : Dakar lance une vaste opération de saupoudrage et de traitement anti-larvaire

Dans le cadre de la lutte contre les maladies vectorielles, les autorités sanitaires de la capitale sénégalaise passent à l’action. Ce mercredi soir, à partir de 23 heures, une vaste opération de lutte contre les moustiques sera lancée dans plusieurs communes de Dakar. L’adjudant Malèye Diop, commandant de la Brigade départementale d’hygiène, a officiellement annoncé le début de cette campagne.

Cette opération, menée par la sous-brigade départementale d’hygiène de Dakar, vise à éradiquer les moustiques, principaux vecteurs de maladies telles que le paludisme et la dengue. Ces maladies continuent de représenter une menace sanitaire, notamment dans les quartiers urbains densément peuplés de la ville.

La première phase de l’opération ciblera plusieurs zones à haut risque, notamment les communes de Fann-Point E-Amitié, Mermoz, Ouakam, Yoff, Grand-Yoff, Patte d’Oie, Parcelles Assainies et Cambérène. Ces quartiers seront traités de manière intensive, dans l’objectif de réduire la prolifération des moustiques à l’approche de la saison des pluies.

Pour assurer le succès de cette campagne, des mesures spécifiques ont été mises en place. Les autorités sanitaires demandent aux vendeurs de denrées alimentaires des zones ciblées de cesser toute activité commerciale dès 22 heures, afin de limiter tout risque de contamination durant l’opération. Par ailleurs, la population est invitée à rester chez elle pendant la nuit par précaution sanitaire et environnementale.

Outrage au Gouverneur de Ziguinchor : Ibeu Thiam, porte-parole national des chauffeurs, placé en garde à vue

L’affaire Houreye Thiam continue de faire des vagues dans le secteur du transport à Ziguinchor. Ce mercredi, une nouvelle étape a été franchie avec l’arrestation d’Ibeu Thiam, porte-parole national des chauffeurs et transporteurs du Sénégal. Il a été interpellé par la gendarmerie devant le tribunal de grande instance de Ziguinchor, alors qu’il venait soutenir des transporteurs jugés après le saccage d’un bus.

Selon les informations rapportées par Seneweb, Ibeu Thiam est accusé d’outrage à l’encontre du gouverneur de Ziguinchor. Dans une vidéo relayée sur les réseaux sociaux, il aurait accusé le chef de l’exécutif régional de partialité, en soutenant l’entreprise de transport dirigée par Houreye Thiam, au détriment des autres acteurs du secteur.

Ces propos ont été jugés suffisamment graves pour justifier son placement en garde à vue. Une enquête a été ouverte, à l’issue de laquelle il sera présenté au procureur.

Ce nouvel épisode s’inscrit dans un climat de tensions croissantes entre les chauffeurs de la gare routière et la société de transport de Houreye Thiam. Les incidents se sont multipliés ces dernières semaines, culminant avec la mise à sac d’un bus, ce qui a entraîné l’arrestation de plusieurs transporteurs.

Les nominations en conseil des ministres du Mercredi 30 Avril 2025

AU TITRE DES MESURES INDIVIDUELLES,

le Président de la République a pris les décisions suivantes :

Au titre du Ministère de la Communication, des Télécommunications et du Numérique :

 Monsieur Madiaw DIOP, Ingénieur de conception en informatique est nommé membre du Comité directeur du Fonds de Développement du Service universel des Télécoms, en remplacement de Monsieur Mamadou Lamine SENE, appelé à d’autres fonctions ;

Monsieur Silman CAMARA, Consultant en Finance est nommé Président du Conseil d’Administration de Sénégal Connect Park, en remplacement de Monsieur Al Ousseynou COULIBALY.

Au titre du Ministère de la Famille et des Solidarités :

Madame Khady SALL, Sociolinguiste, titulaire d’un Master II en Gestion de Projets est nommée, Président du Conseil d’Orientation de la Délégation générale à la Protection sociale et à la Solidarité nationale au Ministère de la Famille et des Solidarités, en remplacement de Monsieur Mouhamadou DIAW.

Au titre du Ministère de l’Education nationale : 

Monsieur Ibrahima FAYE, Juriste-conseil, matricule de solde n°518 222/J est nommé Inspecteur technique au Ministère de l’Education nationale ;

 Monsieur Modou WADE, Inspecteur de l’Enseignement élémentaire, matricule de solde n°602 130/J est nommé Inspecteur technique au Ministère de l’Education nationale ;

Monsieur Amadou Bah BODIAN, Professeur de l’Enseignement secondaire, matricule de solde n°652 224/A est nommé Inspecteur technique au Ministère de l’Education nationale ;

Monsieur Papa Ndiaga Coumba DIENG, Professeur de l’Enseignement secondaire, matricule de solde n°626 917/E est nommé Inspecteur technique au Ministère de l’Education nationale ; 

Monsieur Alioune GUEYE, Professeur de l’Enseignement secondaire, matricule de solde n°603 566/D est nommé Inspecteur technique au Ministère de l’Education nationale.

Au titre du Ministère de la Jeunesse, des Sports et de la Culture : 

Monsieur Georges Arman Yelognissédé DEGUENONVO, Inspecteur de l’Education populaire, de la Jeunesse et des Sports, matricule de solde n°633 179/ C est nommé Directeur des activités socio-éducatives et de la vie associative, au Ministère de la Jeunesse, des Sports et de la Culture ; 

Monsieur Nalla Socé FALL, Maitre de Conférences Titulaire en Psychologie sociale du Sport (option Sciences et Techniques des activités physiques et sportives) matricule de solde n°607 088/M, est nommé Directeur du Centre national d’Education populaire et sportif, en remplacement de Serigne Ali Cissé DIENE, appelé à d’autres fonctions.

Au titre du Ministère du Tourisme et de l’Artisanat : 

Madame Ndèye Awa BADJI, Planificatrice, matricule de solde n°615 809/ G est nommé Directeur de la Réglementation touristique du Ministère du Tourisme et de l’Artisanat, en remplacement de Monsieur Philippe Ndiaga BA.

Le Ministre de la Formation professionnelle et technique,
Porte-Parole du Gouvernement
Amadou Moustapha Njekk SARRE 

COMMUNIQUE DU CONSEIL DES MINISTRES DU MERCREDI 30 AVRIL 2025

Le Chef de l’Etat, Son Excellence, Monsieur Bassirou Diomaye Diakhar FAYE a présidé, ce mercredi 30 avril 2025, la réunion hebdomadaire du Conseil des Ministres, au Palais de la République. A l’entame de sa communication, le Président de la République a félicité le Gouvernement, notamment le Premier Ministre, le Ministre en charge du Travail et de l’Emploi, le Ministre de la Formation professionnelle et technique mais aussi les organisations de travailleurs et d’employeurs, les partenaires techniques et financiers pour la tenue, l’excellente organisation et le succès de la 4ème édition de la Conférence sociale placée sous le thème de « l’emploi et de l’employabilité ».

Il a demandé au Premier Ministre de veiller avec l’ensemble des Ministres à la prise en charge méthodique des recommandations de cette rencontre qui illustre l’engagement de l’Etat pour le renforcement significatif du dialogue social tripartite (Etat, travailleurs, employeurs). A cet égard, il a insisté sur l’urgence de finaliser, en collaboration avec le secteur privé national, la « Nouvelle Politique nationale de l’Emploi » assortie de plans d’action adaptés dont le déploiement pragmatique doit être conforme aux objectifs sectoriels de l’Agenda national de Transformation. Les documents opérationnels de recadrage du pilotage des stratégies de promotion de l’emploi doivent accorder une place prépondérante à l’employabilité et à l’insertion socio-économique des jeunes.

Ce changement notable de paradigme va s’amorcer à travers l’adaptation des dispositifs et le développement de la formation professionnelle et technique dans toutes les régions au regard des besoins de l’économie nationale. Afin d’assurer la cohérence et l’optimisation des interventions en matière de promotion de l’emploi, le Chef de l’Etat a demandé au Premier Ministre d’évaluer et de réorienter les mécanismes du Fonds de Financement de la Formation professionnelle et technique (3FPT) et du Programme de Formation Ecole- Entreprise (PF2E), de réviser, avec l’implication des parties prenantes, les objectifs de la Convention nationale Etat- Employeurs (CNEE) et de fédérer les systèmes d’information sur l’emploi et la formation professionnelle et technique, ainsi que le cadre étatique d’encadrement et de financement de l’entreprenariat et de l’auto emploi.

Cette transformation indispensable des interventions incitatives de l’Etat sur le marché du travail permettra de rationaliser les ressources et de mieux accompagner les porteurs de projets et la transition de l’économie informelle. Au regard des nouvelles opportunités offertes par la relance globale de l’économie nationale, il a indiqué au Premier Ministre la nécessité de veiller à l’intensification de la 1 redynamisation des secteurs productifs et filières à haute intensité de main-d’œuvre.

A cet effet, il a demandé au Gouvernement d’accélérer la mise en œuvre des réformes relatives à l’amélioration soutenue de l’environnement des affaires. Le financement adéquat de l’économie avec le reprofilage des actions, des instruments et mécanismes de financement public (CDC, BNDE, BHS, LBA, FONSIS, FONGIP, etc.) s’érige aussi en priorité. Par ailleurs, il a demandé au Ministre chargé du Travail et de l’Emploi, en relation avec le Ministre de la Famille et des Solidarités et le Ministre de la Santé et de l’Action sociale, d’asseoir le déploiement d’un processus concerté et efficient visant la mise en place, à terme, d’un système durable de protection sociale universelle.

La Fête du Travail sera célébrée le jeudi 1er mai 2025. A cet effet, le Chef de l’Etat a adressé ses chaleureuses félicitations, ses encouragements et son soutien permanent à tous les travailleurs du Sénégal pour leur contribution quotidienne au développement national et à la stabilité sociale. Il a demandé au Gouvernement d’œuvrer au renforcement permanent du dialogue social avec les organisations de travailleurs, mais également à la promotion du travail décent dans le respect des dispositions du Code du travail et des conventions internationales concernées.

Il a indiqué au Premier Ministre l’importance de repositionner l’administration du travail et de veiller à l’amélioration de ses conditions d’intervention. Le Premier Ministre est aussi invité à impulser, dans tous les ministères, le fonctionnement adéquat des comités d’hygiène et de sécurité du travail dont le dispositif réglementaire d’organisation appelle une actualisation. Pour clore ce chapitre, le Président de la République a informé qu’il recevra les responsables des centrales syndicales dans le cadre de la cérémonie traditionnelle et solennelle de remise des cahiers de doléances dans l’après-midi du jeudi 1er mai 2025.

Après la tenue, en 2024, du dialogue national sur le thème de « la réforme et la modernisation de la Justice », le Chef de l’Etat a informé qu’il présidera l’ouverture, le 28 mai 2025, du dialogue national sur la thématique du système politique. Les travaux seront coordonnés par Dr Cheikh GUEYE, un acteur réputé de la société civile.

Le dialogue national reste un moment fort d’échanges sur des questions d’intérêt vital et appelle un sursaut patriotique de toutes les forces vives du Sénégal notamment les acteurs politiques. Le Président de la République a réitéré sa détermination à ne ménager aucun effort pour asseoir, avec toutes les parties prenantes, le rayonnement permanent et la modernisation de notre système démocratique.
L’excellence dans la gestion du système éducatif reste une priorité de l’action gouvernementale.

A ce titre, le Président de la République a demandé au Ministre de l’Education nationale, en liaison avec le Ministre des Forces armées, de poursuivre la dynamique de création des lycées d’excellence « Armée- Nation » dans toutes les régions du Sénégal et de veiller à leur fonctionnement adéquat en les dotant d’équipements et de ressources humaines et financières adaptés.

Par ailleurs, il a demandé au Gouvernement, dans 2 cette dernière phase de l’année scolaire, de prendre toutes les mesures et dispositions nécessaires en vue de la bonne organisation, aux dates indiquées, des examens et concours sur l’étendue du territoire national. Il a, en outre, indiqué au Ministre en charge de l’Enseignement supérieur d’accélérer la réforme de l’Office du Baccalauréat et d’engager, dès à présent, le processus d’orientation dans les Universités et autres établissements d’enseignement supérieur publics. Il a également invité le Ministre en charge de l’Enseignement supérieur, en liaison avec le Ministre des Finances et du Budget, à accélérer l’achèvement des chantiers universitaires.

Enfin, il a demandé au Premier Ministre d’assurer une coordination optimale de la gestion des examens et concours programmés au sein des différentes sphères de notre système d’enseignement. Dans sa communication, le Premier Ministre a retracé les principales lignes directrices devant guider l’élaboration de la prochaine Loi de Finances rectificative (LFR) 2025.

À cet égard, il a souligné l’exigence d’une déclinaison budgétaire appropriée des programmes stratégiques issus de la Stratégie nationale de Développement (2025-2029) de l’Agenda national de Transformation « Sénégal 2050 », en tenant compte des contraintes financières du pays. Dans ce contexte, il a relevé la nécessité, pour les membres du Gouvernement, de s’attacher à une forte sélectivité dans les sollicitations de dotations budgétaires de la LFR pour leurs départements ministériels respectifs.

Concernant les nouveaux projets, le Premier Ministre a indiqué que l’approche devra privilégier, pour le budget d’investissement, les projets ne nécessitant pas de structuration lourde ou complexe, portant dans les domaines notamment du développement humain et de l’équité sociale, de la gouvernance, de la sécurité ainsi que dans le secteur primaire, l’énergie, l’hydraulique, le numérique et les Jeux olympiques de la Jeunesse (JOJ) Dakar 2026.

Pour les projets nécessitant une structuration lourde ou complexe, les dépenses relatives aux prestations intellectuelles y afférentes devront être impérativement inscrites dans la LFR 2025, en perspective du démarrage de leur exécution en 2026.

S’agissant des projets en cours, financés aussi bien sur ressources internes qu’externes, le Premier Ministre a rappelé la priorité à accorder aux inscriptions budgétaires destinées au règlement des arriérés sur les prestations déjà effectuées. Il a également exhorté les Ministres à procéder à un tri rigoureux des projets à faible taux d’exécution.

Il a aussi insisté sur les concertations à engager avec les partenaires techniques et financiers en vue du réaménagement du portefeuille des projets financés sur ressources extérieures non alignés à l’Agenda national de Transformation et ceux, certes alignés, à considérer désormais comme une composante de nouveaux projets.

Sur la base de ces orientations, le Premier Ministre a invité les Ministres chargés de l’Economie et du Plan, des Finances et du Budget, à prendre les dispositions appropriées, en 3 relation avec le Ministre, Secrétaire général du Gouvernement, en vue de lui soumettre les propositions d’inscriptions budgétaires des projets, dans la perspective de la tenue d’une réunion de pré-arbitrage avant la présentation du projet de LFR au Conseil des Ministres, dans les meilleurs délais, au cours du mois de mai 2025.

Par ailleurs, le Premier Ministre a engagé le Gouvernement à s’investir pleinement dans la nouvelle démarche devant régir les relations de l’Etat avec les partenaires sociaux en perspective de la conclusion d’un nouveau pacte de stabilité sociale. Dans ce cadre, il a mis en exergue l’impérieuse nécessité de réunir les conditions économiques et financières adéquates à même de changer le quotidien des travailleurs.

Cela implique donc de réussir le pari économique de l’Agenda national de Transformation « Sénégal 2050 » dans une atmosphère de confiance et de transparence. Il a, par ailleurs, exhorté les Ministres et Secrétaires d’Etat à rester constamment à l’écoute des populations et des organisations représentatives des forces vives de la Nation et à répondre promptement, autant que possible, à leurs saisines.

Enfin, le Premier Ministre a porté à la connaissance du Conseil le chronogramme arrêté pour la mise en place de la Commission de Centralisation des Achats de l’Etat. Le projet de décret y relatif sera soumis à l’approbation de Monsieur le Président de la République au cours du mois de mai 2025 avec l’objectif du démarrage effectif de la Centrale des Achats au mois de juillet 2025.

AU TITRE DES COMMUNICATIONS DES MINISTRES :

le Ministre de l’Intégration africaine et des Affaires étrangères a fait une communication sur la situation des immeubles à l’usage des postes diplomatiques et consulaires ;
 le Ministre des Infrastructures et des Transports terrestres et aériens a fait une communication sur le réseau ferroviaire ; 

le Ministre de la Communication, des Télécommunications et du Numérique a fait une communication sur l’évaluation de l’application du Code de la presse et le développement du secteur de l’Audiovisuel ;

 le Ministre de la Jeunesse, des Sports et de la Culture a fait une communication sur la participation et la mobilisation de la jeunesse autour des JOJ Dakar 2026.

AU TITRE DES TEXTES LEGISLATIFS ET REGLEMENTAIRES,

Le Conseil a examiné et adopté : – le projet de décret fixant les attributions du Ministre auprès du Président de la République chargé du Suivi, du Pilotage et de l’évaluation de l’Agenda national de Transformation « Sénégal 2050 » ;

– le projet de décret modifiant le décret n° 2024-3410 du 12 décembre 2024 fixant les règles d’organisation et de fonctionnement du Bureau opérationnel de Coordination et de Suivi des Projets et Programmes (BOCS) ;

– le projet de décret portant création et fixant les règles d’organisation et de fonctionnement du Fonds pour la Préparation et le Suivi des Projets, Programmes et Réformes de l’Agenda national de Transformation « Sénégal 2050 ». 

Remaniement à la tête du Secrétariat général du Gouvernement : Boubacar Camara remplace Al Aminou Lo

Un changement majeur est intervenu au sein de l’appareil gouvernemental sénégalais. Boubacar Camara a été nommé ce mercredi Secrétaire général du Gouvernement, selon une source officielle proche de la présidence. Il succède à Al Aminou Lo, qui occupait ce poste clé depuis l’arrivée au pouvoir du président Bassirou Diomaye Faye.

Le Secrétariat général du Gouvernement joue un rôle central dans le fonctionnement de l’exécutif, en assurant la coordination de l’action gouvernementale, la gestion des conseils des ministres, ainsi que le suivi des textes législatifs et réglementaires. La nomination de Boubacar Camara à ce poste témoigne de la volonté du président Faye de renforcer son équipe avec des profils expérimentés et engagés dans la mise en œuvre de son programme.

Al Aminou Lo, désormais ex-Secrétaire général du Gouvernement, connaît pour sa part une promotion notable. Il a été nommé ministre auprès du président de la République, en charge du suivi, du pilotage et de l’évaluation de l’Agenda national de transformation « Sénégal 2050 ». Ce programme ambitieux, pierre angulaire de la vision du nouveau régime, vise à redéfinir les priorités du pays sur les plans économique, social, environnemental et institutionnel à l’horizon 2050.

Recrutement de 2 000 enseignants : des syndicats exigent un concours et plus de transparence

L’annonce par le ministre de l’Éducation nationale, Moustapha Guirassy, du recrutement de 2 000 enseignants continue de faire réagir. Si le projet est salué pour son ambition de renforcer les effectifs du système éducatif, des voix syndicales s’élèvent pour critiquer le processus jugé opaque et peu démocratique.

Face aux défis structurels persistants du secteur — surcharge des classes, déficit de personnel enseignant, taux d’encadrement faible —, le gouvernement a lancé un appel à candidatures. Plus de 127 000 dossiers ont été déposés sur la plateforme Mirador, avant la date de clôture fixée au 1er février 2025.

Ce chiffre témoigne à la fois de l’engouement des jeunes diplômés pour l’enseignement, mais aussi de la tension sur le marché de l’emploi. Pourtant, malgré cet élan, les syndicats d’enseignants ne cachent pas leurs réserves.

Au micro de la RFM, Hamidou Diédhiou, secrétaire général du Syndicat des Enseignants Libres du Sénégal (SELS), a été clair : « Il faut organiser un concours en bonne et due forme. » Selon lui, le mode de recrutement actuellement envisagé ne garantit ni l’égalité des chances ni la transparence.

« Il n’y a pas de démocratie dans la gestion du processus, du point de vue des syndicats », a-t-il déploré, appelant à un dialogue plus ouvert avec les partenaires sociaux.

Doudou Ndiaye, secrétaire général adjoint du Syndicat Unique et Démocratique des Enseignants du Sénégal (SUDES), s’est montré tout aussi critique. Il réclame la publication des ordres de service et une clarification immédiate de la procédure par le ministre. « Ce flou n’est pas de nature à rassurer les acteurs du secteur. »

En réponse à cette montée de tension, la RFM annonce que Moustapha Guirassy prévoit de tenir un point de presse dans les prochains jours. Ce sera l’occasion, pour le ministre, d’expliquer les critères de sélection, de rassurer sur les modalités de recrutement et de lever les zones d’ombre dénoncées par les syndicats.

Ce débat révèle la fragilité de la gouvernance du recrutement dans l’Éducation nationale. Alors que le Sénégal s’est engagé dans une réforme en profondeur de son système éducatif, la question du recrutement transparent, équitable et planifié devient un test crucial pour la crédibilité du gouvernement dans ce domaine sensible.

Louga : L’Inspecteur d’académie interdit le « Sabar » dans les établissements scolaires pour préserver l’éthique éducative

L’Inspecteur d’Académie de Louga, Siaka Goudiaby, a pris une décision ferme visant à restaurer la discipline et les valeurs éducatives dans les établissements scolaires de sa circonscription. Dans une note de service datée du 30 avril 2025, il a annoncé l’interdiction du « Sabar » (séance de tam-tam) dans les lycées et collèges, ainsi que d’autres activités jugées inappropriées.

Cette décision fait suite à de nombreux dérapages constatés lors des festivités organisées par les gouvernements scolaires. Ces événements, censés être des moments d’expression citoyenne, se sont transformés dans certains cas en scènes où des chorégraphies suggestives et des comportements jugés inadaptés ont été observés.

« Des scènes de chorégraphie ont particulièrement heurté la morale et sapé les fondements d’une école qui est avant tout un cadre d’éducation et d’instruction », a dénoncé Siaka Goudiaby dans sa note adressée aux chefs d’établissement.

Il déplore que le volet récréatif ait pris le dessus sur la vocation éducative de ces initiatives, détournant ainsi l’esprit initial du gouvernement scolaire, qui vise à inculquer les notions de citoyenneté, de responsabilité et de respect des droits humains.

Pour y remédier, l’Inspecteur d’Académie exige des responsables d’établissements scolaires qu’ils prennent des mesures concrètes. Trois directives principales sont mises en avant :

  • Interdiction formelle des sabars et activités similaires dans l’enceinte des établissements ;
  • Encadrement strict des chorégraphies et défilés de mode, qui devront impérativement rester « appropriés et respectueux des valeurs éducatives » ;
  • Mise en avant des activités à portée pédagogique, pour recentrer les gouvernements scolaires sur leur mission première.

Si plusieurs enseignants et parents d’élèves saluent cette décision comme nécessaire pour redonner du sens à l’école, d’autres estiment qu’il faudrait plutôt encadrer les activités culturelles au lieu de les interdire, rappelant que le sabar fait partie intégrante du patrimoine culturel sénégalais.

Condamnation de Mbodia Mbaye : six mois de prison, dont un mois ferme, pour « propos contraires aux bonnes mœurs »

Le verdict est tombé ce mercredi 30 avril 2025 au tribunal de Dakar. Fatou Mbaye, plus connue du grand public sous le nom de Mbodia Mbaye, a été condamnée à six mois de prison dont un mois ferme, pour avoir tenu des propos jugés contraires aux bonnes mœurs dans une vidéo largement relayée sur les réseaux sociaux.

Tout est parti d’une vidéo diffusée le 14 avril dernier, dans laquelle Mbodia Mbaye abordait, de manière crue et très explicite, des sujets à caractère sexuel. Ces propos ont choqué de nombreux internautes, suscitant un tollé immédiat sur les réseaux sociaux, entre indignation, dénonciations et débats sur la liberté d’expression.

Alerté par cette publication virale, le parquet de Dakar s’était auto-saisi et avait confié l’enquête à la Division spéciale de la cybersécurité (DSC), spécialisée dans les délits liés à l’usage du numérique. Mbodia Mbaye avait alors été interpellée dans la foulée, avant d’être relâchée en attendant son procès.

Dans une tentative d’apaisement, l’influenceuse avait rapidement présenté ses excuses publiques et déclaré qu’elle se retirait temporairement des réseaux sociaux, tout en assurant qu’elle n’avait pas eu l’intention de heurter la sensibilité du public. Ces excuses, largement reprises dans la presse, n’ont cependant pas suffi à lui éviter une condamnation judiciaire.

Le tribunal correctionnel de Dakar, après examen du dossier, a finalement reconnu Mbodia Mbaye coupable de « propos contraires aux bonnes mœurs », une infraction prévue par le Code pénal sénégalais, et l’a condamnée à six mois de prison, dont un mois ferme. Elle devra donc purger ce mois derrière les barreaux, sauf aménagement ou remise de peine.

Rumeurs sur un retrait militaire français : La DIRPA dément et annonce l’exercice multinational « AFRICAN LION 2025 »

Alors que certaines images de convois militaires circulant dans les rues de Dakar ont suscité une vague de spéculations sur un prétendu retrait de troupes françaises du Sénégal, la Direction de l’information et des relations publiques des armées (DIRPA) a formellement démenti ces allégations ce mercredi.

Contrairement à ce qu’a affirmé le média français Brut, repris par plusieurs plateformes locales, les véhicules aperçus ces derniers jours ne sont pas ceux de l’armée française, mais appartiennent à la délégation néerlandaise participant à un exercice militaire multinational de grande envergure, baptisé « AFRICAN LION 2025 », prévu du 3 au 15 mai.

L’exercice AFRICAN LION, coorganisé par les Forces armées sénégalaises et celles des États-Unis, vise à renforcer la coopération militaire régionale et l’interopérabilité des forces partenaires face aux menaces multiformes, notamment celles liées aux conflits hybrides et au terrorisme transfrontalier.

Y prendront part des contingents venus de la Côte d’Ivoire, de la Mauritanie, des Pays-Bas, des États-Unis, en plus du Sénégal. Il s’agira d’un scénario simulé de gestion de crise militaire face à une menace transfrontalière mêlant actions conventionnelles et asymétriques.

Les manœuvres auront lieu principalement dans les centres d’entraînement tactique Colonel Thierno Ndiaye de Dodji (Linguère) et Capitaine Mbaye Diagne de Thiès, réputés pour accueillir des opérations de simulation militaire de haut niveau.

Une journée VIP, prévue pour le 15 mai à Dodji, sera présidée par le général de brigade Simon Ndour, chef d’état-major de l’Armée de terre. Elle permettra de présenter aux autorités civiles et militaires les résultats de cet exercice, symbole d’une coopération transatlantique renforcée.

L’édition 2025 de AFRICAN LION se distingue aussi par son approche humanitaire. Des consultations médicales gratuites, des dons de médicaments et des actions civilo-militaires sont prévues dans les localités concernées, traduisant la volonté des forces armées de s’inscrire dans une dynamique de sécurité inclusive et de proximité avec les populations.

La DIRPA a insisté sur la nécessité de vérifier les informations avant toute publication, rappelant que les rumeurs autour du retrait de l’armée française relèvent d’une interprétation erronée et infondée. Aucun départ militaire français n’est actuellement enregistré dans ce cadre. L’Armée reste engagée dans ses opérations de formation, de coopération et de sécurisation du territoire national et régional.

Bambey en Ébullition : affrontements violents entre étudiants de l’UADB et forces de l’ordre, plusieurs blessés enregistrés

Bambey, 1er mai 2025 – L’Université Alioune Diop de Bambey (UADB) a été le théâtre ce mercredi d’une journée de grande tension, marquée par des affrontements violents entre les étudiants et les forces de l’ordre. Le calme habituel du campus a volé en éclats, laissant place à des scènes de chaos et de panique. Plusieurs blessés ont été recensés parmi les manifestants.

Tout est parti d’une mobilisation estudiantine dénonçant les conditions de vie et d’étude jugées indignes : repas de mauvaise qualité, files interminables devant les restaurants, pénuries d’eau fréquentes dans les pavillons, absence de Wi-Fi, amphithéâtres surchargés, manque de matériel pédagogique, et promesses non tenues de la direction du CROUS.

Aux slogans scandés dès le matin par les étudiants s’est vite substituée une situation plus tendue. Les tentatives de blocage des voies d’accès au campus ont déclenché une intervention musclée des forces de sécurité, venues en nombre. S’en sont suivis des jets de pierres contre grenades lacrymogènes, plongeant l’université dans un nuage de gaz irritant.

Selon des témoins sur place, plusieurs étudiants ont été évacués en urgence, victimes d’étouffements ou de blessures suite aux affrontements. Les manifestants, déterminés à se faire entendre, ont promis de poursuivre leur mobilisation tant qu’aucune réponse concrète ne sera apportée à leurs revendications.

La Coordination des étudiants a, de son côté, maintenu son mot d’ordre de suspension des activités pédagogiques pour 48 heures renouvelables, tout en appelant à un boycott du paiement des chambres universitaires et à une « Journée Sans Ticket » dans les restaurants universitaires.

En guise de représailles, les autorités de restauration du CROUS ont fermé les restaurants du campus, privant les étudiants de petit déjeuner, déjeuner et dîner, ce qui a exacerbé la colère et le sentiment d’injustice au sein de la communauté estudiantine.

À 18h, la situation restait tendue aux abords de l’UADB, avec un important dispositif sécuritaire toujours en place, mais aucun retour au calme complet n’était encore observé. Les autorités locales n’ont pas encore réagi officiellement à cette escalade, tandis que les syndicats étudiants appellent au dialogue.

Ce nouvel épisode de confrontation pose avec acuité la question de la précarité dans les universités sénégalaises et du manque de réactivité des autorités face à des revendications pourtant récurrentes. À Bambey comme ailleurs, l’exaspération monte, et la situation pourrait rapidement dégénérer si aucune solution structurelle n’est apportée.

Affaire à suivre.

Cabrousse : affrontements et indignation après l’interdiction de la fête traditionnelle « Undo Mayo »

Cabrousse, village emblématique du département d’Oussouye, a été secoué ce mercredi 30 avril par une vive tension sociale. À l’origine de la colère : un arrêté préfectoral interdisant la tenue de « Undo Mayo », une fête rituelle ancestrale chère aux populations locales. Cette mesure jugée arbitraire a déclenché une mobilisation spontanée de jeunes et de femmes du bois sacré, profondément attachés à la préservation de leur patrimoine culturel.

Dès les premières heures de la journée, des jeunes manifestants ont investi le chemin menant à la plage pour contester l’interdiction, criant leur ras-le-bol face à ce qu’ils considèrent comme une « négation des racines diola ». En réaction, les forces de l’ordre ont rapidement été déployées avec un important dispositif sécuritaire. Des grenades lacrymogènes ont été tirées pour disperser les manifestants, entraînant une montée de tension dans ce village habituellement paisible.

Mais ce n’est pas tout. Les femmes issues du bois sacré, gardiennes des traditions et figures respectées dans l’univers initiatique diola, sont sorties de leur réserve, rejoignant la mobilisation. Leur message est clair : « Undo Mayo n’est pas qu’une fête, c’est un pilier identitaire ». Cette réaction inédite des femmes a accentué la portée symbolique de la protestation.

Parallèlement aux affrontements, une délégation des organisateurs de la cérémonie a été reçue par le gouverneur de la région de Ziguinchor, dans une tentative d’apaisement. À 17 heures, une accalmie a été constatée, même si la tension restait palpable et les forces de sécurité continuaient de verrouiller l’accès à la plage. Le trafic sur l’axe Ziguinchor-Cap Skirring a été renforcé, preuve de la prudence des autorités devant un contexte aussi sensible.

Les raisons officielles de l’interdiction n’ont pas encore été communiquées. Ce flou alimente les critiques. Les maires de Diembering et d’Oussouye ont pris position contre l’arrêté préfectoral, dénonçant une décision prise sans consultation locale, contraire aux dynamiques communautaires et au respect des cultures locales.

Sur les réseaux sociaux, des vidéos de jeunes célébrant « Undo Mayo » en cachette circulent, défiant l’interdiction et revendiquant une victoire morale face à l’autorité. Pour ces jeunes, maintenir la cérémonie malgré tout revient à « protéger l’âme du territoire ».

Suspension de Challenge New Media : une décision qualifiée d’« arbitraire » qui inquiète les défenseurs de la liberté de la presse

Le Groupe Challenge New Media (CNM), un média en ligne reconnu par les autorités sénégalaises, a annoncé ce mercredi avoir reçu l’ordre de suspendre immédiatement ses activités. Une décision émanant de la Direction de la Surveillance du Territoire (DST), assortie de menaces de poursuites pénales en cas de non-respect, et appuyée sur les articles 194, 195 et 200 du Code de la presse.

Dans un communiqué rendu public, la direction du groupe dénonce une décision « arbitraire », injustifiée et disproportionnée, qu’elle perçoit comme une attaque grave contre la liberté d’expression au Sénégal.

« Nous respectons rigoureusement le Code de la presse. Aucune notification officielle n’a été transmise pour justifier cette mesure brutale, ce qui nourrit des soupçons de censure politique », a réagi la direction du média.

Le CNM dit n’avoir été ni informé, ni convoqué dans un cadre légal permettant un droit de réponse ou un débat contradictoire. Cette suspension, qui intervient dans un contexte de tension autour du pluralisme médiatique, soulève des inquiétudes dans le paysage de la presse sénégalaise, notamment chez les organisations de journalistes, les ONG de défense des droits humains, mais aussi au sein de la communauté diplomatique.

« Cette crise pourrait mettre en péril des dizaines d’emplois et entraver gravement le droit des citoyens à une information pluraliste, libre et indépendante », avertit CNM.

Le groupe Challenge New Media interpelle directement le Président Bassirou Diomaye Faye, le Premier ministre Ousmane Sonko et le ministre de la Communication Alioune Sall, leur demandant de clarifier la position du gouvernement sur cette décision jugée liberticide.

« La rupture tant attendue ne peut se faire sans garantir un environnement médiatique libre et sécurisé », soutient le média, qui appelle également à la mobilisation des défenseurs de la liberté de la presse ainsi que des partenaires internationaux du Sénégal.

Cette affaire relance le débat sur les limites à la liberté de la presse dans un pays souvent cité comme un exemple de démocratie en Afrique de l’Ouest. Elle met aussi à l’épreuve les engagements du nouveau pouvoir, arrivé aux affaires en mars 2024 avec la promesse d’un renouveau démocratique, d’un État de droit renforcé et d’une gouvernance exemplaire.

Alors que la société civile reste vigilante, de nombreuses voix commencent à s’élever contre une tendance possible à l’autoritarisme masqué, sous couvert de légalité.

Régulation des médias : Le nouveau collège du CNRA officiellement installé

Après une longue période d’attente, le Conseil national de régulation de l’audiovisuel (CNRA) dispose enfin d’un nouveau collège. Ce mercredi 1er mai 2025, l’instance chargée de veiller au respect de la déontologie et de la régulation dans le paysage audiovisuel sénégalais a vu la nomination de ses nouveaux membres, mettant fin à six mois de vacance institutionnelle.

Composé de personnalités issues de divers horizons, ce collège reflète une volonté d’ouverture, de pluralité et de représentativité des sensibilités sociales, culturelles et professionnelles du pays.

Voici la nouvelle composition du collège du CNRA :

  • M. Mahamadou Diarra, acteur culturel, désigné comme personnalité qualifiée du milieu des arts.
  • M. Papa Mamadou Tandian, économiste retraité, représentant les associations du troisième âge.
  • Mme Aoua Bocar Ly Tall, sociologue, personnalité qualifiée dans le domaine des lettres.
  • M. Salif Sané, enseignant-chercheur en droit public, représentant la communauté universitaire.
  • Mme Maïmouna Makoar Diouf, experte en genre et communication, représentant les associations féminines.
  • M. Malick Ciré Sy, journaliste et président de la RADDHO, représentant les mouvements des droits humains.
  • M. Papa Madiakhaté Sarr, journaliste, représentant le Conseil national de la jeunesse.
  • M. Oumar Diouf Fall, journaliste, représentant les professionnels de l’audiovisuel.

Cette installation vient à un moment où la régulation des contenus audiovisuels est plus que jamais un enjeu de société, notamment dans un contexte de montée en puissance des réseaux sociaux, des chaînes en ligne et de la désinformation.

Le CNRA a pour mission de garantir la liberté d’expression, tout en veillant à protéger le public contre les dérives médiatiques, les discours de haine, les violations de la vie privée, et les manipulations de l’information. Ce nouveau collège est ainsi appelé à jouer un rôle crucial dans la consolidation de la démocratie, en assurant un équilibre entre liberté et responsabilité.

Les membres nouvellement désignés devraient, dans les prochaines semaines, procéder à l’élection de leur président et se pencher sur les textes d’orientation stratégiques à adopter pour répondre aux défis contemporains du secteur audiovisuel.

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